Une traversée de mots

au goût de Noël...







 



Quelques douceurs des membres

du Comité
   

       
      en ce temps spécial     !  

           
Gertrude Millaire

         
2009


  Gert


Blanc tout est blanc, trop blanc
même la nuit n’arrive pas à s’endormir, elle tient la main des petits, tout fébriles dans l’attente des douze coups de minuit.
Il neige des flocons si lumineux dans les yeux des enfants qu’ils font ombrage à l’arbre qui trône dans son coin recouvert de son accoutrement de fêtes : beaux glaçons, boules colorées et parures scintillantes.

Rien à faire, tous les regards surveillent la porte. Oui la porte. Ah !  Vous ne saviez pas. Mais non le truc de la cheminée c’est aux oubliettes. La porte, je vous dis. Il  va entrer par la porte tout de rouge vêtu avec son sac à surprises. Que dis-je ? Pas de surprise, tous les enfants ont écrit au Père Noël ! Ils ont tous passé leur commande. Ils attendent la livraison.

Moi, pour Noël, je veux une wi i et des jeux et aussi un téléphone cellulaire pour parler à mes amis et aussi l’auto téléguidée et aussi... mais son frère intervient : il faut que tu en laisses pour les autres. Il y a beaucoup d’enfants sur notre planète.

Ah! oui, s’exclame le plus jeune, tu crois que le Père Noël ne pourra pas m’apporter un papa ? Il faudra que je le laisse pour les autres ?  Non, je ne te crois pas, c’est la seule chose que j’ai demandé dans ma lettre et les autres, ils en ont un papa.

Le cousin, venu de loin pour la fête s’avance : moi je voulais un fusil mais ma mère m’a dit que les lutins ne faisaient pas ce genre de truc, alors j’ai dit au Père Noël, si tes lutins ne veulent pas construire des armes, tu as juste à arrêter la guerre.

Sa soeur intervient : tu as bien fait, moi j’ai demandé au Père Noël de remplir son traîneau de nourriture pour tous les enfants de la terre. Et de m’apporter juste quelques bonbons parce que de la nourriture, j’en ai plein mais des bonbons, pas du tout, ma mère dit que ce n’est pas bon, les bonbons pour mes dents.

Le temps...
le temps glisse au ralenti comme si ses aiguilles étaient coincées dans l’engrenage.
 
Temps de rencontre et de festivités.
Temps des retrouvailles où les enfants nourrissent les grands de leur innocence.

Aux douze coups de minuit, il arrive avec sa poche... des cris fusent de partout, des éclats de rires font chanceler l’étoile au faîte du sapin mais personne n’y porte attention, petits et grands déballent leurs étrennes pendant que la tourtière brûle au four.

Ils ne sont pas dupes les petits, ils jouent le jeu, ils ont bien reconnu l’oncle Jacques déguisé en Père Noël mais qu’importe l’an prochain, ils seront tous là, à attendre encore cet instant magique.

***





MAGIE BLANCHE


devant l’insistance du gel
la rivière a tiré sa couverture
s’est endormie l’âme transparente
le visage en repos
des souvenirs d’eau plein son ventre

elle ouvrit ses bras
il y avait dans ses manches
des odeurs de sapins clignotants
et dans les yeux pétillants des enfants
une magie blanche où tous les possibles
tintent aux branches enneigées

Gertrude Millaire 



 

         
                                   

Créé le 1 mars 2002

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