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jml
Envoyé vendredi 12 novembre 2004 - 05h02:   

Y a-t-il quelqu'un qui connaitrait une autre traduction d'Émily Dickinson que celle de Claire Malroux chez Poésie/Gallimard ? Heureusement que cette édition est bilingue, la traduction est une véritable honte.

J'avais lu certains poèmes traduits par son biographe français dont j'ai oublié le nom. Il était beaucoup plus près d'Émily. Son écriture est beaucoup plus simple que ce qu'en fait Claire Malroux.
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jml
Envoyé lundi 15 novembre 2004 - 01h29:   

Essais très sommaires de traduction.

Le rythme très particulier d’Émily Dickinson est presque impossible à reproduire en français. J’ai préféré rester plus près du sens et de l’émotion que de la forme. Il peut même m’arriver de changer la conjugaison d’origine quand je ne peux faire autrement.


They might not need me, yet they might –
I’ll let my Heart be just in sight –
A smile so small as mine might be
Precisely their necessity –

Ils n’ont pas besoin de moi –
Mais je laisse mon cœur en vue –
Un sourire petit comme le mien
Pourrait leur être utile –

0

Of their peculiar light
I keep one ray
To clarify the Sight
To seek them by –

De leur lumière unique
Je conserve un éclat
Pour pouvoir les trouver
Et éclairer ma route –

0

His Heart was darker than the starless night
For that there is a morn
But in this black Receptacle
Can be no Bode of Dawn

Son Coeur est plus obscur
Que la nuit sans étoiles
Elle possède un matin
Mais nul Présage d’Aube
Dans son noir Réceptacle

0

à suivre
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Christiane
Envoyé lundi 15 novembre 2004 - 02h02:   

Merci Émily me chavire chaque fois.

Alain Bosquet, dans la coll. Poètes d'aujourd'hui. Introuvable.

Et Patrick Reumaux, pour les correspondances "Autoportrait au roitelet"

Même René Char, en coll avec Jolas s'est essayé de la traduire.

Malroux, c'est vraiment raté
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jml
Envoyé lundi 15 novembre 2004 - 04h05:   

A Dimple in the Tomb
Makes that ferocious Room
A Home –

Une fossette dans la Tombe
Fait de ce lieu féroce
Une Maison familière –

0

How slow the Wind – how slow the Sea –
How late their Feathers be -

Si lent est le Vent – si lente la Mer
Si tardives leurs plumes –

0

Winter under cultivation
Is as arable as Spring.

L’Hiver qu’on cultive
Est comme le Printemps.

0

A letter is a joy of Earth –
It is denied the Gods –

Une lettre est une joie sur Terre –
Les Dieux n’en reçoivent pas –

0

Morning, that comes but once
Considers coming twice –
Two Dawns upon a Single Morn
Make life a sudden price –

Le matin qui ne vient qu’une fois
Songe à revenir deux fois –
Deux Aubes pour un Matin
Enrichissent la Vie –

0
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jml
Envoyé vendredi 19 novembre 2004 - 05h07:   

They might not need me, yet they might –
I’ll let my Heart be just in sight –
A smile so small as mine might be
Precisely their necessity –

Ils n’ont pas besoin de moi , peut-être –
Mais je laisse mon cœur en vue –
Mon sourire si petit sera peut-être
Exactement ce qu’il leur faut – l. cherrat

Ils n’ont pas besoin de moi –
Mais je laisse mon cœur en vue –
Un sourire petit comme le mien
Pourrait leur être utile – jml


Of their peculiar light
I keep one ray
To clarify the Sight
To seek them by –

De leur lumière unique
Je conserve un éclat
Pour éclairer mon œil
Qui les cherche – (l. cherrat)
je préfère cette version

De leur lumière unique
Je conserve un éclat
Pour pouvoir les trouver
Et éclairer ma route – (m)


How slow the Wind – how slow the Sea –
How late their Feathers be -

Si lent le Vent – si lente la Mer
Si tardives leurs plumes – (l. cherrat)
(j’ai enlevé le verbe au premier vers) tu as raison


Si lent est le Vent – si lente la Mer
Si tardives leurs plumes – (m)


Winter under cultivation
Is as arable as Spring.

L’Hiver qu’on cultive
Arable comme le Printemps. (l. cherrat)

L’Hiver qu’on cultive
Est comme le Printemps. (m)
Ou est aussi meuble qu’un printemps je préfère ma version

A letter is a joy of Earth –
It is denied the Gods –

Une lettre est une joie terrestre –
Les Dieux n’en reçoivent pas –
définitivement meilleur

Une lettre est une joie sur Terre –
Les Dieux n’en reçoivent pas – (m)


Morning, that comes but once
Considers coming twice –
Two Dawns upon a Single Morn
Make life a sudden price –

Le matin qui ne vient qu’une fois
Songe à revenir deux fois –
Deux Aubes pour un Matin
Donnent à la vie un prix soudain – (l. cherrat) ta version est plus juste mais j’hésite

Le matin qui ne vient qu’une fois
Songe à revenir deux fois –
Deux Aubes pour un Matin
Enrichissent la Vie – (m)


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Christiane
Envoyé vendredi 19 novembre 2004 - 16h10:   

Le matin qui vient
Songe à revenir deux fois
Deux aurores pour un jour
Rendent soudain la vie inestimable
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Christiane
Envoyé vendredi 19 novembre 2004 - 16h32:   

They might not need me, yet they might –
I’ll let my Heart be just in sight –
A smile so small as mine might be
Precisely their necessity –

Peut-être qu'Ils n’ont pas besoin de moi, pas encore peut-être –
Je laisserai mon coeur bien en vue–
Un sourire aussi petit que le mien est peut-être
Ce qui leur manque–

Christiane
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Christiane
Envoyé vendredi 19 novembre 2004 - 16h45:   

J'essaie encore :

Une fois le matin qui vient
Songe à revenir deux fois –
Deux aurores pour un seul jour
Soudain la vie n'a pas de prix –
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Cécile
Envoyé vendredi 19 novembre 2004 - 18h45:   

Christiane, le dernier essai me semble contenir plus d'émotion que le premier. Bon, je suis nulle en anglais, mais j'aime bien voir les différentes traduc !

Pour :

Peut-être qu'Ils n’ont pas besoin de moi, pas encore peut-être –

Peut être est-il possible d'écrire :

Ils n’ont peut être pas besoin de moi, ou pas encore
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Christiane
Envoyé vendredi 19 novembre 2004 - 19h40:   

Oui Cécile. Plus important de bien connaître sa langue, je crois. Et j'avais oublié de respecter les Majuscules. Elle en mettait partout. Et revoilà:


Ils n’ont peut-être pas besoin de moi, pas encore peut-être –
Je laisserai mon Coeur bien en vue–
Un sourire aussi petit que le mien
Ce qui leur manque– Peut-être

L'autre avec les majuscules:

Morning, that comes but once
Considers coming twice –
Two Dawns upon a Single Morn
Make life a sudden price –

Une fois le matin qui vient
Songe à revenir deux fois –
Deux Aurores pour un Seul Jour
Soudain la vie n'a pas de prix –

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.
Envoyé samedi 20 novembre 2004 - 05h03:   

Traduire :

They might not need me, yet they might

par :

Ils n’ont peut-être pas besoin de moi, pas encore peut-être

est un faux sens. Ce vers veut dire :

Ils n'ont peut-être pas besoin de moi, mais peut-être bien que oui.

Pas facile la traduction.

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Cécile
Envoyé samedi 20 novembre 2004 - 06h54:   

Ah oui ! C'est pas évident la traduction !
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Christiane
Envoyé samedi 20 novembre 2004 - 15h55:   

"Ils n'ont peut-être pas besoin de moi, mais peut-être bien que oui. "

Vous avez raison mais, il manque la poésie à cette phrase, même si elle colle au sens.

Peut-être qu'il faudrait utiliser le "mais":

Ils n’ont peut-être pas besoin de moi, mais peut-être –
Je laisserai mon Coeur bien en vue–
Un sourire aussi petit que le mien
Ce qui leur manque– Peut-être

Mais, effectivement je ne suis pas traductrice de métier.



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Flo
Envoyé mardi 12 avril 2005 - 13h17:   

Je me pose la question à vous lire, la traduction de poésie implique-t-elle qu'on doit d'abord respecter le sens premier, ou bien le rythme premier, ou bien la beauté de la tournure?

Pour ma part, j'ai grand peine à accepter des traductions qui ne respectent pas le sens premier, même si elles donnent des choses plus jolies. Il s'agit alors plus d'inspiration à partir d'un texte original que d'une vraie traduction nous transmettant l'esprit de l'auteur.

par exemple :

Morning, that comes but once
Considers coming twice –
Two Dawns upon a Single Morn
Make life a sudden price –

Une fois le matin qui vient
Songe à revenir deux fois –
Deux Aurores pour un Seul Jour
Soudain la vie n'a pas de prix – (C-l)


Pour ma part, je m'y essaye en respectant mon principe de sens :


Le matin qui ne vient qu'une fois
Songe à venir par deux fois
Deux Aubes en un Jour Unique
Donne à la vie un prix fortuit

(la négation dans la première phrase traduit pour mois la présence du "but" en anglais insistant sur la restriction du phénomène-
j'explique l'utilisation de "venir par deux fois" car dans le texte original on utilise le même verbe dans le même sens, le "par" en français insistant sur la singularité du phénomène-
Upon ne me semble pas vouloir dire "pour" mais plutôt "par", je l'ai traduit en "en" mais c'est peut-être inexact-
J'ai mis "jour Unique" et non pas "un seul jour" qui est une formulation plus harmonieuse mais plus banale en français qui n'insiste pas comme dans le texte anglais sur le "Single" avec un S majuscule.-
La dernière phrase me semble littéralement traduite, "sudden" évoquant dans ce contexte davantage l'idée d'"imprévu" que de "subit"- Et j'ai gardé "donner du prix à la vie" qui est une expression qui existe aussi en français.)

Mais j'avoue que le résultat me semble moyennement satisfaisant à l'audition. Et évidemment le rythme de l'auteur ne s'y retrouve aps du tout. Mais soit, je crois qu'il faut lire les deux en paralèlle pour goûter le sens et la musique en même temps.


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flo
Envoyé lundi 06 février 2006 - 15h32:   

Voici quelques autres traductions de textes d'Emily Dickinson, pioché sur le site suivants qui reprend les poésies complètes d'Emily Dickinson en anglais (http://www.bartleby.com/113/)






PAIN has an element of blank;

It cannot recollect

when it began, or if there were

A day when it was not.



It has no future but itself,

Its infinite realms contain

Its past, enlightened to perceive

New periods of pain


La DOULEUR a une part de vide
On ne peut se souvenir
Quand elle a commencé, ou s'il y avait
un jour où elle n'était pas.

Elle n'a aucun avenir sinon elle-même
ses royaumes infinis contiennent son passé,
éclairé pour percevoir
de nouvelles périodes de douleur



-



THE HEART asks pleasure first,

And then, excuse from pain;

And then, those little anodynes

That deaden suffering;



And then, to go to sleep;

And then, if it should be

The will of its Inquisitor,

The liberty to die.



Le COEUR demande le plaisir d’abord

Puis une excuse pour la douleur

Puis ces petits riens

Qui amortissent la souffrance



Puis, demande d’aller dormir,

Puis, si son Inquisiteur

Y consent

La liberté de mourir



*



THE SOUL unto itself

Is an imperial friend,—

Or the most agonizing spy

An enemy could send.



Secure against its own,

No treason it can fear;

Itself its sovereign, of itself

The soul should stand in awe.


L'ÂME à elle-même
est une amie impériale, -
ou l'espion le plus atroce
qu’un ennemi pourrait envoyer.

A l’abri d’elle-même,
aucune trahison à craindre,
Etant son propre souverain, d’elle seule
l'âme devrait se tenir dans la crainte.

*

Mon préféré:

A DOOR just opened on a street—

I, lost, was passing by—

An instant’s width of warmth disclosed,

And wealth, and company.



The door as sudden shut, and I,

I, lost, was passing by,—

Lost doubly, but by contrast most,

Enlightening misery.





Une porte s’est ouverte sur la rue –

Et moi qui passait par là, perdue -

Découvrit l’épaisseur d’un instant

Chaleur, et richesse et compagnie



La porte soudain refermée et moi -

Moi, qui passait par là, perdue,

Doublement perdue, tant ce contraste

Mis en lumière ma détresse

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Christiane
Envoyé mardi 07 février 2006 - 02h39:   

Merci Flo!

Lire Emily, c'est me réconcilier avec la poésie

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