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Message |
   
Cécile
| | Envoyé dimanche 05 septembre 2004 - 22h33: | |
Ecoutez le poème sur : http://neveu01.chez.tiscali.fr/birasouf.htm SOUFFLES Ecoute plus souvent Les Choses que les Etres La Voix du Feu s’entend, Entends la Voix de l’Eau. Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots : C’est le Souffle des ancêtres. Ceux qui sont morts ne sont jamais partis : Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire Et dans l’ombre qui s’épaissit. Les Morts ne sont pas sous la Terre : Ils sont dans l’Arbre qui frémit, Ils sont dans le Bois qui gémit, Ils sont dans l’Eau qui coule, Ils sont dans l’Eau qui dort, Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule : Les Morts ne sont pas morts. Ecoute plus souvent Les Choses que les Etres La Voix du Feu s’entend, Entends la Voix de l’Eau. Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots : C’est le Souffle des Ancêtres morts, Qui ne sont pas partis Qui ne sont pas sous la Terre Qui ne sont pas morts. Ceux qui sont morts ne sont jamais partis : Ils sont dans le Sein de la Femme, Ils sont dans l’Enfant qui vagit Et dans le Tison qui s’enflamme. Les Morts ne sont pas sous la Terre : Ils sont dans le Feu qui s’éteint, Ils sont dans les Herbes qui pleurent, Ils sont dans le Rocher qui geint, Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure, Les Morts ne sont pas morts. Ecoute plus souvent Les Choses que les Etres La Voix du Feu s’entend, Entends la Voix de l’Eau. Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots, C’est le Souffle des Ancêtres. Il redit chaque jour le Pacte, Le grand Pacte qui lie, Qui lie à la Loi notre Sort, Aux Actes des Souffles plus forts Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts, Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie. La lourde Loi qui nous lie aux Actes Des Souffles qui se meurent Dans le lit et sur les rives du Fleuve, Des Souffles qui se meuvent Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure. Des Souffles qui demeurent Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit, Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort, Des Souffles plus forts qui ont pris Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts, Des Morts qui ne sont pas partis, Des Morts qui ne sont plus sous la Terre. Ecoute plus souvent Les Choses que les Etres La Voix du Feu s’entend, Entends la Voix de l’Eau. Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots, C’est le Souffle des Ancêtres. Ecoutez le poème sur : http://neveu01.chez.tiscali.fr/birasouf.htm http://neveu01.chez.tiscali.fr/ Diop, Birago (1906-1989), écrivain sénégalais d'expression française, qui rendit hommage à la tradition orale de son pays en publiant des contes, notamment ses Contes d'Amadou Koumba. Né près de Dakar, il reçut une formation coranique et suivit simultanément les cours de l'école française. Pendant ses études de médecine vétérinaire à Toulouse, il resta à l'écoute des travaux des africanistes, et s'associa à la fin des années 1930 au mouvement de la Négritude qui comptait alors Senghor, Césaire. C'est à Paris qu'il composa en 1942 les Contes d'Amadou Koumba (publiés en 1947), marquant dès ce premier livre sa prédilection pour la tradition orale des griots, ces conteurs populaires dont il ne cessa jamais d'écouter la voix. Respectueux de l'oralité, il affina un talent original d'écrivain dans les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba (1958) et Contes et Lavanes (1963); son recueil de poèmes Leurres et Lueurs (1960) est profondément imprégné de culture française alliée aux sources d'une inspiration purement africaine. Sa carrière diplomatique, après l'indépendance de son pays, et son retour à son premier métier de vétérinaire à Dakar n'entravèrent pas son exploration de la littérature traditionnelle africaine, mais il déclara avoir « cassé sa plume ». Il publia néanmoins la Plume raboutée et quatre autres volumes de mémoires de 1978 à 1989.
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gt
| | Envoyé mardi 14 septembre 2004 - 19h01: | |
merci Cécile....j'aime bien découvrir de nouvelles voix et quelle délicatesse de nous donner à mieux connaître cet auteur chilien. Tout est vivant sur cette planète et les arbres savent raconter ce que la rivière chante et ce que le vent transporte, les étoiles savent en rire. Qui s'arrête pour les écouter ? |
   
Cécile
| | Envoyé mardi 14 septembre 2004 - 23h53: | |
s'arrête pour les écouter les amoureux fervents de la nature... petite précision, notre Birago est du Sénégal... dans la famille Diop, un autre poète très intéressant : David Diop. VAGUES Les vagues furieuses de la liberté Claquent sur la Bête affolée De l’esclave d’hier un combattant est né Et le docker de Suez et le coolie d’Hanoï Tous ceux qu’on intoxique de fatalité Lancent leur chant immense au milieu des vagues Les vagues furieuses de la liberté Qui claquent sur la Bête affolée. David DIOP dans Coups de Pilon, Editions de Présence Africaine, Anthologie Négro-Africaine présentée par Lilyan Kesteloot, éditions Nouvelle édition, page 150.
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JG
| | Envoyé samedi 23 octobre 2004 - 19h41: | |
C'est tellement beau et tellement bien écrit et parlé... C'est sublime... Et le mot est faible... Faut pas leur donner une plume pour écrire à ces africains, ils nous donnent tellement de leçons à chaque fois qu'ils s'en servent... Putain ce que c'est beau! merde |
   
Cécile
| | Envoyé vendredi 05 novembre 2004 - 19h29: | |
On s'en fait un autre JG ? TAM-TAM Quand ta peau se tend en se donnant Aux mains noires noueuses nouées à la vie Tu enfantes le désir-Tam-tam. Quand soudain roulent comme une chevauchée fantastique de buffles mes mains d’abondance Sur ton nombril sonore, en moi s’éveillent mille ans de désirs Refoulés libérés : Bondom ! Kang-Kong-Kong-Tam-tam ! Tam-tam nocturne de pilons brisés En éclats de chair fraîche, ma jeunesse Rapatriée des confins de l’impuissance, Arc-boutée à califourchon sur la pirogue en dérive Tam-tam de mes nuits Tam-tam à la lèvre de nègre Bakongo Ouvre-moi le rythme d’une vie nouvelle Comme un germe épousant la terre Produit l’arbuste qui pousse A coups de sueur de sang et de larmes. Elolongue Epanya dans Anthologie Négro-Africaine, éditions Edicef, page 168. Elolongue Epanya est camerounais. Il est né en 1930. Il a vécu longtemps en France dans la famille d’Alioune DIOP, il est donc fortement influencé par David DIOP. C’est le premier africain qui a eu l’idée d’écrire et de publier ses poèmes dans sa langue maternelle, le douala.
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