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"Le silence de l'étoile" de Corinne Pasqua,
aux éditions alternatives !!
par
Juliette Schweizguth
Ne lisez surtout pas "Le silence de l'étoile" de Corinne
Pasqua, aux éditions alternatives !!
J'ai découvert ce livre à la FNAC et son début
terriblement prometteur racontait histoire d'une enfant qui croit
que l'étoile est une lettre oubliée de l'alphabet,
qui croit qu'elle-même se nomme secrètement ainsi,
en se créant un alphabet silencieux...
L'écriture -belle, sans effet de style- a quelque chose de
très intéressant... Par contre, à la fin,
on se demande pourquoi l'auteur a écrit ce livre, puisque
l'enfant du livre, en grandissant, s'oublie, se renie au
lieu d'avancer, comme si c'était une quête à
l'envers... Son père a coupé son envolée
(elle prenait des leçons de piano pour devenir pianiste
après être tombée amoureuse d'un air de bach)
et elle s'est repliée sur
elle-même... Le livre qui nous promettait une belle avancée
se retire, s'emmure, comme si l'enfant en grandissant faisait
du surplace et même du repli... C'est un livre qu'on ouvre
et qui très rapidement se ferme tout ouvert... On a envie
d'engueuler l'auteur, de la remuer et de lui demander pourquoi
elle décrit cette descente dans le non et l'oubli de soi...
Comme si elle avait des comptes à régler avec son
père...
Le titre finalement "le silence de l'étoile" ne trompe
pas le lecteur,
l'étoile se tait bel et bien... Même quand elle
pourrait, ensuite, ne plus s'oublier car elle rencontre un regard
de femme qui joue terriblement bien (cette femme qui deviendra
celle de l'ami d'enfance de anne-étoile, cet ami qui lui
seul avait découvert son alphabet secret), le personnage,
cette étoile que personne ne nomme ainsi, l'écoute,
et les deux femmes se comprennent. Mais non, anne-étoile
continue son repli, son oubli, sa dérive vers le quotidien,
vers ce qui n'est pas elle... Elle montre son silence, vit dans
son silence, et oublie même de vivre dedans le silence, vit
avec quelqu'un qui ressemble au père apparemment puisqu'il
ne la laisse pas évoluer, puisqu'elle ne se sent pas à
sa place dans leur lit conjugal, puisqu'elle ne se sent pas à
sa place dans le monde extérieur, puisqu'elle ne se sent
plus à sa place dans silence, dans son alphabet secret ...
Voici la fin :
"Elle avait oublié la gamme, toujours
ascendente, où elle avait reconnu son alphabet,
le système merveilleux de son langage.
Elle avait oublié jusqu'à son écoute et
sa propre voix dans l'absence de la musique.
Jamais elle ne s'était retournée, pressée
de s'éloigner, comme s'il s'était agi d'une autre
vie.
En fait, elle marchait droit au-devant d'elle-même."
****
Pourtant, le livre se compose comme une gamme, une mélodie,
avec allegretto, andante etc, mais le rythme ne prend pas, le
rythme tombe, meurt, tout comme anne-étoile meurt intérieurement...
Quoique le début du préambule commençait
ainsi :
"Elle avait évité avec
un soin douloureux, puis bientôt oublié tout simplement
de penser
à ce temps où elle avait vécu, brève
mais vivante.
Jamais elle ne s'était retournée, comme s'il s'était
agi d'une autre vie.
En fait, elle marchait droit devant elle."
****
Donc, il était presque le miroir de la fin, à
part que dans ce début, on ressent que la vie a été
vécue à vif, qu'il y a eu comme une étoile
filante, et puit, elle a disparu, sa lumière s'est éteinte.
L'étoile trop vive s'est tue.`
Je ne sais pas, en lisant, j'aime qu'on me donne un tout petit
grain d'espoir, quand je vois une porte ouverte se refermer alors
qu'elle promettait tant de trésors, je me sens terriblement
frustrée et je ne comprends pas le message que l'auteur
veut faire passer au lecteur...
Veut-elle nous dire de ne pas s'oublier, de dire oui et ne pas se
laisser écraser ?
Je me sentais attachée à ce personnage, et sa
descente m'a fait mal parce que je croyais en elle, j'espérais
qu'elle montrerait son étoile secrète au grand
jour, mais elle s'oublie de plus en plus, et ça me donne
envie de rentrer dans livre pour gommer les mots et faire changer
leurs cours, faire changer d'orbite cette étoile, la remettre
à sa vraie place...
J'ai envie d'écrire à l'auteur et lui demander
pourquoi elle nous fait ça,
pourquoi elle ne secouerait pas son personnage dans le sens
de la vie,
dans le sens du oui au lieu de la noyer dans l'oubli et de nous
faire plonger avec...
L'auteur souhaite-elle cette rebellion du lecteur, souhaite-t-elle
en montrant ce silence que le lecteur parle et sauve le personnage
en le prenant en lui ?? Je n'en sais rien, à part que
je suis en colère, frustrée et en même temps,
en même temps peut-être pas... La vie vivante, la
vie très vive ne peut-elle être que brève
?
Pourquoi se rendormir après ?
Pourquoi ne pas chercher à se réveiller tout à
fait si l'on a ça en soi comme le personnage l'avait ?
Un père peut-il détruire tout le oui d'un être,
toute sa vie ?
L'être ne peut-il pas se rebeller s'il a cette vie à
vif ?
Même si sa rebellion est interne, juste ne pas faire le
silence en soi, juste s'ouvrir des portes au-dedans, même
en les laissant secrètes... Mais pourquoi s'oublier, pourquoi
oublier que l¹on a vécu ??
août 2002
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