UNE VIE, UN POÈTE

rencontre avec un poète du monde




ACCUEIL

Vie-Poète -  ARCHIVES
Abdelkébir Khatibi, Christina Castello - Jorge Luis Borges - Hélène Dorion... et plus

Une Vie, un Poète 

Malcolm de Chazal, Mage mutant

présenté

par Jeanne GERVAL AROUFF

Note. Ce texte inédit représente une communication donnée au colloque international pluridisciplinaire Malcolm de Chazal :
 hier et demain, Port-Louis, 10 au 13 septembre 2012, en l’honneur du grand écrivain, philosophe, et peintre mauricien
[1902 – 1981].




COLLOQUE INTERNATIONAL
PLURIDISCIPLINAIRE

MALCOLM DE CHAZAL:
HIER ET DEMAIN
10 au 13 septembre 2012

L’homme qui n’accolerait            
À une image            
Aucune idée            
Connaîtrait           
L’esprit pur.          
(in Poèmes, 1968, n° 182)          


Mon mode d’écrire EST sensation pure.
(in Ma Révolution : lettre à Alexandrian, 1983)

J’ai trouvé LE FIL UNIQUE d’universalité, LE PRINCIPE-homme
(in Ma Révolution : lettre à Alexandrian 1983



Aller chercher de l’eau au puits requiert une cruche vide. Par la pratique Vide, le Zen met le disciple sur la voie de l’Esprit vrai. What appears from emptiness is true existence, professe Shunryu Suzuki. Tout jugement a disparu. Chez Krishnamurti, le choiceless awareness – rejet du concept – ouvre à la dimension in which there is no conflict and no time. Résolution des antinomies dans le non-temps et le non-espace. L’intérieur et l’extérieur se trouvent UN. La Bible prend pour exemple les lys des champs qui ne sèment ni ne moissonnent. Sitting alone doing nothing. Spring comes and the grass grows by itself. KOAN Zen. Être. Dans l’instant. Au sein de l’expérience de la réalité, dans la vie, jusqu’au spasme ultime où les double âmes se résolvent, écrit Malcom de Chazal (in Lettre ouverte à André Gide). C’est la pratique de la vision nue, la vue en retour, quand aucune distinction ne subsiste entre sujet et objet de connaissance. Communion entre l’homme et la vie (in Sens Unique). L’image vécue, engendrant l’homme-enfant. Cosmicité retrouvé. Je me fais frère de tout pour sentir battre le cœur des choses (in Lettre à Jean Paulhan). Co-naître. La connaissance n’est obtenue que par identification à la vie, devenir la chose que l’on veut connaître, par intégration. (…) Ma première grande expérience se produisit grâce à une chrysalide vue dans la lumière opaline du matin. Face à cette merveille, mon esprit se détacha de moi. Je me sentis dans tout, et j’étais tout. (in Sens Unique). L’homme-azalée suivra. Chazal se renouvelle dans l’instant. Je me donne à tout moment (in Entretien avec RFI). Concordance des messages.

Que préconise Bachelard, spécialiste de la philosophie des sciences et théoricien de l’imaginaire, pour percevoir l’intimité des choses, la vérité de phénomènes ? Le retour à l’état androgyne : épousailles du conscient, et de l’inconscient, mariage de l’intellect et de l’imagination, de la raison et de l’intuition, enfantant la paix des genres (in Bachelard, La poétique de la Rêverie). De l’importance de ce ménage, que nous révèle Chazal ? … l’intelligence véritable est avant tout effet d’union absolue entre les deux aspects de notre nature : esprit et sensibilité, conscient et inconscient, raison et intuition, sur intellect et perception pure – ces deux aspects éternels de notre nature, et qui représentent respectivement les cotés ’homme’ et ‘femme’ de notre être, les deux valves du cœur de l’esprit intégral. (in Manifeste Credo à J Paulhan). Retourner à l’état androgyne pour renaître HOMME TOTAL. Prendre la route où esprit et sensibilité fusionnent et forment corps, où l’intelligence est UNE. Cette voie est celle de la perception, de la divinisation, de l’intuition. (in Qu’est-ce que Sens Plastique) Vivre unitairement dans le deux parfait (in Manifeste Credo à J Paulhan), ramenant l’inconscient et le conscient dans un même lit. Fusion des deux forces chez l’homme, exprimée par Tennyson: The two-celled heart beating, with one full stroke, life. Dualité dépassée chez Raymond Chasle. … nos corps fondus aux paysages … nos gestes dissous dans la transparence (in R. Chasle, Le Rite et l’Extase). Mélusine devenue eau du lac, avec Audiberti. L’eau du lac se lève. Elle marche. (in Le Carnage). Concordance des grands.

Pourtant, s’il n’est plus de bon ton de taxer Chazal de fou, il n’est pas rare à l’île Maurice de s’entendre dire – plus de trente ans après qu’il soit retourné au TOUT : apprécier l’œuvre de Chazal c’est faire preuve de snobisme. Ces détracteurs, qui n’ont souvent parcouru des quelque soixante livres publiés qui constituent son Grand Œuvre que quelques lignes de Sens Plastique, de Petrusmok, ou de L’île Maurice proto-historique, folklorique et légendaire, pratiquent-ils la vision nue ? Le poète philosophe répond : Et ces nouveaux tailleurs de montagnes c’est le monde actuel. L’homme taille avec ses yeux et ne regarde pas. Il regarde avec le poinçon dans l’œil, avec l’œil de l’analyse.

Si Malcom n’avait pas été forcé de vivre en marge du monde à cause même de l’OBSTACLE, eut-il été Chazal ? L’obstacle : fou chez les hommes car fou de Dieu. Excentrique chez les hommes car centré sur Dieu. Je n’aurais jamais pu y arriver sans de très grandes souffrances, sans que la société m’ait pilé, écrasé, sans que j’aie senti toutes les affres du rejet… (in Entretien avec RFI). Le fossé ne peut que se creuser entre Malcom de Chazal et la société, le monde. Le monde doit se retirer de nous pour que tonnent les voix célestes et que se coagulent les divines harmonies (in La Vie Filtrée). Le poète-mage et la société pointent vers des finalités opposées, le premier visant à l’Être authentique et le monde à l’homme marqué du moule. Il est aussi plus commode et rassurant de retenir d’un grand homme ses tics plus que l’être vaste. A force de vivre au dehors, l’homme sociable masque toute la vérité de sa propre gangue. Il est aveugle à son propre état auquel le renvoie le poète-philosophe. Sujet et objet de lui-même (in Sens Unique) il est accroché à la personnalité frontale, coupé de la vie où l’homme et les phénomènes font UN. Éparpillé, il a du mal à regarder en lui-même, à être le cosmographe de son âme, comme conseillé par Robert Edward-Hart, précurseur du mutant-mage. Connaître tout le cycle de la vie en faisant le parcours de moi-même, atteste Chazal : … par observation en soi, j’atteins à l’observation en dehors de soi, sans qu’il me faille pour cela ouvrir les yeux physiques à la lumière extérieure, pour parcourir le panorama des choses. Car je découvre le monde extérieur sans bouger, par le monde intérieur que j’introspecte. (in Qu’est-ce que Sens-Plastique.) Gange, planètes, nébuleuses, … sont en soi. Les Yogi le savent. Ils le vivent. Voyager en soi-même et se déplacer le moins possible, conseille Chazal dans Comment Devenir un Génie. Il se prépare à la perception subite et à son élargissement intérieur par un jeûne quasi-journalier et par de longs exercices spirituels (in Lettre Ouverte à André Gide). Je dois dire que nul n’arrive à se stade de longues années de persévérante méditation, de concentration intérieure, et sans une dose minimum de dépouillement charnel, spirituel, intellectuel, social et affectif. (in Préface à Sens-Plastique II).

Le mage découvre au lecteur une patrie spirituelle prodigieuse, accessible à tout si seulement l’homme avait l’orgueil de celui qui offre son cou en sacrifice et non pas le faux orgueil de celui qui le dresse pour lui-même. (in Petrusmok). Tous ces dons sont des dons développés, mais que tout être humain possède en essence, à l’état latent … (in Lettre ouverte à André Gide). Aucune nécessité de drogue chez cet explorateur de l’Être. Pas besoin d’opium. Tout est drogue pour qui choisit d’y vivre l’autre côté. C’est bien Henri Michaux qui, paradoxalement, le professe. La conscience androgyne couplée à l’ascèse enfante chez le poète un psychisme prodigieux où l’Être est parole créatrice, fluidité spontanée fabuleusement puissante. L’être devient parole (Bachelard). Le verbe est vie. Il exprime sa vérité intime et éternelle. Cet arbre que je crée est immortel. C’est mon verbe, écrit Chazal. Verbe aux images inédites. La vague est la plus féminine des danseuses, et l’air est le valseur le plus mâle. La vague qui danse est totalement et suprêmement ‘hanches’ et le vent est ‘totals enlacements. (in Sens-Plastique.) L’espace est l’universelle épaule des choses et le coude de Dieu. Par le côté irréfini de l’espace, nous coudoyons et côtoyons l’infini. Bien que l’allusion à Dieu dans l’œuvre chazalienne gêne André Breton, il avouera que le poète se déplace à toute volée dans le sans précédent (in La Vie derrière les choses).

Réceptacle du surnaturel, la parole chazalienne est conduit du surnaturel. Elle livre le surréel mis à nu, la doublure des choses révélée par le renversement de l’intelligence. (in Ma révolution : Lettre à Alexandrian). Voilà qui ramène à la Table d’Émeraude ou la Table Verte : ce qui est en haut est ce qui est en bas, ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ceci afin de faire le miracle de la Chose Unique. (Hermès Trismégiste).

Explorateur de l’Être, Chazal révèle l’Homme. J’ai trouvé le fil d’Ariane essentiel, le passe-partout à l’unité des choses. (…) le fil unique- le fil d’universalité tissé de la substance-Dieu, (…) le Principe-Homme, dont Dieu est la Totale Incarnation, et nous, de simples reflets, … (in Ma révolution : Lettre à Alexandrian). Il humanise l’univers et l’homme se retrouve dans la vie :

L’œil
De la lumière
Sommeillant
Entre les cils
De cette fougère

Le vert
Passa la main
Sur l’épaule du jaune
Qui eut un frisson mauve

                                 (in L’Homme et la Connaissance)


L’Homme est la mesure de toutes choses (Dicton de l’Antiquité). Osmose Homme-Univers qui élargit le champ spirituel du mage-poète-philosophe.

Naît la métaphore en fusion, révélation du vrai, du NU des choses. Façon d’être chez le mutant Chazal.

REVOLUTION. (…) ma forme d’écrire, (qui) n’a rien à voir avec toute les formes de littérature usuelle, et (qui) rétrovase l’idée en prenant la sensation comme point de départ, et l’idée comme point d’arriver-mon mode d’écrire est sensation pure, ma prose est corps-fleuve de sensations, … (in Ma révolution : Lettre à Alexandrian). Aux premiers temps du genre humain, (…) l’homme, en cette genèse, sentait tout. (…) Il possédait le don de pré-vision (in Histoire de la Pensée Universelle). La métaphore en fusion puise son pouvoir de l’omniprésence analogique dans la création. Si une seule analogie ne jouait pas et faisait exception, l’univers s’abolirait, la vie cesserait. André Breton, dans la Clef des Champs écrit : Les contacts primordiaux sont coupés. Ces contacts, je dis que seul le ressort analogique parvient fugitivement à les rétablir d’où l’importance que prennent à longs intervalles ces brefs éclats du miroir perdu. Tout est correspondance entre ciel et terre. La nature tout entière est une seule bouche qui veut boire la vie. (in Sens-Plastique). Par la métaphore sont maintenant liés l’art et l’absolu pour donner la vie d’Eden (in L’Homme et la Connaissance). L’art c’est la Nature accélérée et Dieu au ralenti.

Art ou poésie, unité fondamentale de base, langage unique qui jette à terre la Tour de Babel. Et le fil d’Ariane demeure l’Archétype Homme. Au sujet de la métaphore en fusion, parlant du visage de la vie, nous ne sommes nullement dans une métaphore lâche, dans une figure de rhétorique, mais en plein dans la vie … Et parlant du visage des étoiles, nous résumons l’étoile, donnant une parenté entre l’homme et l’astre … (in L’Homme et la Connaissance.)

Trois métaphores de Sens Magique :

La mer
Avait ouvert ses cuisses
Et on sentait
L’odeur des algues

L’eau n’est prude
Que lorsqu’on la met
Dans la vase
Il faut baptiser
Avec l’eau des torrents
Où l’eau ouvre les cuisses
Et circoncit.

Prends-moi
Nue
Dit la fleur

Au soleil
Avant
Que la nuit
Ne me ferme
Les cuisses.


Choix délibéré. Pareil langage choque et provoque hilarité chez un certain public ‘’lettré’’ qui parle d’obsession sexuelle. ‘’Il n’y a nulle pornographie dans mon œuvre’’. Chazal le précise lui-même (In Entretien avec RFI). Le poète découvre l’humain en tout. Il CO-NAÎT (naît avec) la mer. C’est la communion des archétypes. L’Homme cosmos accède à une connaissance autre. Contrairement à l’homme sociable qui se projette avec ses pensées, ses jugements sa routine. Habitué au sexe régionalisé, il passe à coté du Sexe Sacralisé.

Alors que l’Homme Spirituel arrive à l’Essence. Et plus on se rapproche du NU plus l’on touche à la Femme Essence et à l’Homme Essence puisque tout geste qui déshabille les sens des formes nous rapproche de cet idéal ultime perfection (in La Vie Filtrée). La conscience désentravée par l’ascèse mystique livre l’homme dans l’infini du moi. (in Petrusmok). Dans son corps se meut tout l’univers. Il vit la poétique de l’eau. Va au bord de la mer, conseille t-il, plonge-toi dans le simple et le nu et laisse toi simplifier par les flots de la mer (…) et fait de la plage le chemin même qui conduit à l’infini. (in Sens Magique) L’élément eau est le plus grand de tous les déshabilleurs de geste. (in Sens Plastique) Source de toute connaissance d’indivisibilité. Et, dans l’Evangile de l’Eau : L’unité de l’eau est bien connue, sa transparence, son corps d’épuration, sa fluidité, son NU, enfin. (Ces métaphores chazaliennes sont un tel puits de connaissance que les exégètes devraient s’y attarder, pour l’ouverture de tous). Les grands gestes de son âme géante jettent en nous l’éveil de tels rythmes profonds. L’eau, par son pouvoir de révélation, nous met de tels coups de sonde dans l’âme que nous croyons effleurer par instants dans un seul de ses gestes l’immensité des symboles qu’elle représente. (in La Vie Filtrée).


Le langage chazalien a souvent été associé à celui des Surréalistes. Pierre Reverdy, de cette école, écrit : On crée une forte image, neuve pour l’esprit, en rapprochant sans comparaison deux réalités distantes dont l’esprit seul a saisi les rapports. (in Images in Creative Intuition in Art & Poetry - Jacques Maritain) : Les jours glissent comme des lettres dans une boîte. Les nuits sont au fond des cercueils. (in Danse de Terre - P. Reverdy) Ces vers surgissent, illuminés d’esprit, d’un état de réceptivité nommé hasard objectif, dans lequel bascule le poète surréaliste. Il explore l’inconscience pour faire de l’écriture automatique. Tandis que Chazal écrit à partir de la conscience androgyne, dans la communion objet-sujet. Il a recours au sixième sens – Perception Angélique Immédiate – par lequel l’homme voit Dieu en tout. Et tout se lie par l’Homme Universel, l’archétype. Contrairement aux liens flous des images surréalistes. Saisir l’humain et la nature entre les deux bras d’une pince dont l’une des branches est le cinq sens, et l’autre branche le sixième sens ; et scruter les sens eux-mêmes en les contemplant deux à deux à travers les lunettes du sixième sens (in Préface de Sens Plastique II). Le subconscient suractivé, faculté qui nous permet de nous servir de nos cinq sens en bloc, comme d’un faisceau lumineux pour forer les ténèbres de l’inconnu (S. Alexandrian in Ma Révolution). Proche sont les choses pour l’homme-Enfant :

Quand l’eau
Cessa de pleurer
Je vis la rosée
Le soleil se moquait d’eux.

Qui n’a jamais dessiné un soleil, une maison, la lune, une étoile, une fleur, sans leur prêter visage humain ? L’enfant Chrisophise de Petrusmok vit l’unité de la vie :

Chrisophise : Ma mère m’a toujours dit que toutes ces choses sont des humains, et que je ne devais faire aucune distinction entre ce poteau de chair qu’est le cocotier et les êtres humains parmi nous.
Crebecca : Merveilleux enfant, tu vois donc la vie dissoluble ?
Chrisophise : Je crois aux fées, Crebecca, et les fées sont nous-mêmes enchâssés dans les choses vivantes.

Chazal est naturellement poète. Il cueille la vie. La vie, dans sa plénitude cosmique, coule à travers lui, simple et ouvert. Dans une fleur il contemple tout l’univers. William Blake, ce ‘’parent d’âme’’, veille.

to see a world in a grain of sand
And heaven in a wild flower
To hold infinity in the palms of your hand
And Eternity in an hour.

Même si Chazal le cite parmi ceux qui, à son avis, ont échoué dans leur recherche à se porter au-delà des antinomies, à effacer la contradiction afin d’atteindre au Verbe Unique (in L’Homme et la Connaissance.)

La poésie chazalienne, poésie vivante prenant naissance dans la vérité poétique de l’humain, a l’autorité de l’artiste qui possède la vérité. Elle a le ton sentencieux, le ton d’orgueil souverain de l’authenticité. Le poète porte en lui ‘une gloire immense en puissance comme dans un obus formidable qui n’a pas encore éclaté’. ‘L’âme poésie, je la mets derrière les mots, entre les mots, … ma poésie est donc dans le coté spirituel des mots, et non pas dans leur côté physique ou dans leur sonorité, explique le poète (in La Vie Filtrée).

Point de temps
Point d’espace
Point d’objet
La vie qui se vit
Se modèle
Par reflets
Les nombres se mirent
Et c’est le UN.

                                 (In L’Absolu, Tome I Cantique de L’Ether)


Comment pénétrer l’œuvre de ce géant ? La lire à la manière de Blanchard, in anima, la laisser plonger dans l’inconscient pour qu’elle ressorte lumineuse. Le poète en indique lui-même la méthode. Ma prose doit-elle être sentie, et comprise ensuite. Ceux qui essaieront de la saisir uniquement par leur intelligence feront fausse route et se heurteront comme à un mur noir. Seuls les gens doués de perception, les gens plus sensible qu’intellectuels saisiront ce que j’ai voulu dire … (In Préface à Sens-Plastique II). Si tu reste dans les mots, lecteur, précise Chazal, autant fermer ce livre. Laisse-toi catapulter et tu montreras dans l’Absolu. (In Les Dieux ou Les Consciences Univers).

L’Ile Maurice ne peut être la même après Chazal. Le corps de ce pays et le corps de mon esprit font un (In La Vie derrière les Choses). L’Ile Maurice est née il y a dix ans par un livre que j’ai écrit et qui s’appelle PETRUSMOK. Ce livre donne l’essence poétique du pays. Avec Petrusmok, le mage transcrit l’Ile Maurice Poétique dans L’Ile Maurice Physique. Celle –ci serait liée à L’Ile Surnaturelle par le Piton du Milieu, réceptacle des émanations spirituelles qui entretiennent la vie de l’Ile.

L’espace de cette étude laisse inexplorées de multiples facettes – étonnamment diverses – de l’œuvre chazalienne. Sa dimension picturale, à elle seule, en appelle une autre. L’appréciation de Sens-Plastique par Sarane Alexandrian s’applique tout aussi bien au Grand Œuvre de ce voyant de génie : A chaque période de l’histoire intellectuelle, auprès de l’œuvre annoncée à coups de cymbales et sur laquelle se concentrent les regards des badauds, en existe une autre destinée à l’éclipser dans le futur, dont seul quelques lettrés pressentent la grandeur, et qui constitue le véritable prodige qu’on aurait du discerner en priorité.’

Jeanne Gerval-ARouff



L’exposition permanente à la Fondation Malcolm de Chazal, Port-Louis (photo par Robert Furlong, président de la fondation). À droite : Malcolmsmok, installation-assemblage par Jeanne Gerval ARouff, 2007 (voir la rubrique Créaphonie11 dans ce même numéro).


Vie-Poète
Malcolm de Chazal
par Jeanne Gerval ARouff
recherche Dana Shishmanian
Francopolis septembre 2014
 
 


Créé le 1er mars 2002

visiteurs
depuis le 15 mars 2005

A visionner avec Internet Explorer