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C’est comme
Entrer dans la forêt
C’est comme écrire
Mille bras se meuvent
Les bribes tourbillonnent
Se dressent comme
Des mots précipités
Que la main devenue
Inconnue mène à l’encre

*
Le temps dont je voudrais parler
N’est que celui que la feuille planante
Offre au vent printanier pour la porter
De ma main hésitante à ton cœur acceptant
Court et long à la fois…toujours avec sentiment

*
J’ai pensé
J’ai pensé que l’arbre était peint
Qu’il ouvrait le mystère graphique
Mon chevalet muré sur l’onde
D’un pouvoir technique
Inutile et dérisoire face à
L’inconnue de la création
La pointe sans contrainte
A marqué le trait que le destin
Avait gravé dans la fibre du temps
Je n’ai pas modifié son parcours
La vie m’offre ce dessin

*
Aiguelongue,
21h17
Ce n’est plus le sinueux racinaire qui nourrit le pin
Il prend résolument au ciel la flamboyance lumineuse
Du couchant lambin
S’octroie l’or
Flavescente lumière
Du mystère émanant de l’ordre du couchant astral
Le virtuel chevalet
Posé au creux d’un silence du maniériste coloriste
L’éteint
Par la brosse
Chargée en couleurs du repos diurnal
Seul
Le sommet encore un temps compose sa perpétuité
Essaie
Échoue
Du trigone terminal
Ne reste juste que le haut
Le chrysocale chapeaute alors un buste ensommeillé
Qui grisaille et s’endort malgré lui
Doucettement paisible

*
Le ciel volait dans ma
mémoire
Ma mémoire volait dans le
ciel
Inquiète, solitaire à l’assise de la cotonneuse jonchée
Ma mémoire se fait défaut, brise menu son cœur et
A la fuite aride des mots elle répond par un manque
Une triste recherche éthérée au vertigineux firmament
Sur des chemins azurés de creux enivrant de vertige
Faits de grains de mille et mille liards de gouttes claires
Qui fuiront au moindre coup d’Autan ou Libeccio forains
Mistral recolorant de ciel au nez des nuées mélancoliques
Le creuset transparent qui donne sur l’acquit de notre
Mémoire émotive abondée en pensées à jamais inscrites
Dans l’inspirante et sensitive sémantique du poète
A nouveau je trouvais mes mots
Le
ciel volait dans ma mémoire

*
C’est notre espoir qui
importe
(L’amour n’a pas d’âge)
L’avancée de l’âge signifie que l’espoir s’estompe
Qu’il cherche l’ombre surannée des ramées
Comme le chemin des rives le long du lé
Il se fond entre les troncs alignés des jours
Et l’on cherche dans le passé où le trouver
Alors que l’espoir c’est demain aux guides
Du cœur de l’étranger qui ne sait que dire
De l’attente qui nous est propre et que seul
Seul
Le cœur aimant brisant la solitude fera renaître
Le présent reprend sa place face à l’avenir
Alors à n’importe quel âge
Seul
C’est notre espoir qui importe

*
Mon quotidien
Le poète est le guetteur involontaire de
notre quotidien
Emmanuel HOCQUARD
Mon quotidien est dédié à l’absence
Au manque qui fait grand besoin
A l’image du prénom qui mirage
Me laisse au sol quand j’approche
Le manque qui fait urgent besoin
A l’image du prénom qui guide
Le rêve éveillé du guetteur involontaire
Qui lit dans l’horizon vide de sens
Du vagabond des terres brûlantes
Qui n’ose approche de peur du refus
Sa main tendue du désir d’être compris
Lui qui veille jusqu’au matin
La larme ronde à la main

*
Imagine
Ma voix vient du négatif
Celui qui manque
C’est moi
Ce qui manque
C’est à moi
De le ressaisir
Aciérer mon cœur
Le porter au rouge du feu
De l’alizarine au vermillon
Du minéral au métal martelé
Imagine un muscle trempé
Devenu
Sous le coup du ferronnier triste
Sentiment poétique insolent
D’ailleurs
Résisterait-il à la rouille du temps
S’il reste oxydable poème

*
Tendre vent du Lez
Le vent est tendre à la traversée du lit
Assoupi du fleuve aux vertes rives péridot
Berges doucement caressées l’été
Bousculées au finir de l’hivernal agenda
Les biefs endormis ou fougueux succèdent
Aux dénivelés coulant argentés liés sans écluses
Où le silure géant monstre silencieux à l’affut
Se glisse de l’un à l’autre avec l’audace du prédateur
Mais
Le vent est tendre aux aulnes doucement bercés
Aux amoureux des bancs de Méric et du
promeneur
Éternel solitaire tristement libre ou attaché à son chien
Qui lentement remonte l’allée à la houle délicatement arborée
C’est le tendre vent du Lez qui joint mélancolie et bonheur
Simple

*
Psithurisme
Il ne faut rien ignorer
Du sentiment que porte l’arbre
Au bruissement qui l’anime
Il écoute et il sait
Que l’orthographe aérienne
Musicale et déroutante
Qui s’infiltre en son boisé
Est du monde l’envol séculier
Du planétaire le langage propre
Qui porte en lui en ondoiement
Étourdi d’altitudes mouvantes
Le recommencement des océans
La volée neigeuse des crêtes acérées
Le chant des labours nouveaux
Lié au pollen des forêts profondes
L’éternelle désespérance des hommes
Elle se fait parfois roulement imbibé
D’eau qui donnera pétrichor fragrant
Combiné de plantes et de musc terreux
L’arborescence, le baliveau, le bois se
Joindront alors jouissant de leurs feuillus
A l’éthéré serpentin musical caressant

*
Départ
Usnées germandrées ramées
Aux troncs plissés ridés
Les feuillus m’auront coûté
Tout ce qui fait bon côté
L’être branchu me fait découvrir
Combien il est difficile d’ouvrir
Son attention aux autres
Mettre du vers ou de la rime
Sur la branche habillée de nature
Ne façonne pas le poète vraiment
L’amitié et plus ne se font pas
Par les nervures d’une feuille
Quelle soit verte, rouille ou morte
L’arbre lui aussi est vivant
Prend sa part dans le monde et compte

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