|
Sommet
de la colline
Immense,
l’océan
Souffle
du vent
D’au-delà
l’horizon
Vagues
blanches moutonnant
qui arrivent
inexorablement
Ondoiements
incessants
Contempler
Peu
à peu, se fondre
dans l’infinité
Retrouver
sa demeure
d’éternité
***
Océan
Souffle, souffle le
vent
Courent, courent les
vagues
Écume blanche
moutonnant
un
bref instant
retournant
à l’océan
Ton propre mouvement
***
Vent léger
Clapot lent, clapot
doux
sur
les rochers
Dans le rythme des
choses
de
soi-même s’accorder
s’apaiser
***
Vallon
au
profond de la forêt
Frais, le bruit d’un
ruisseau
dit
le monde
Ce lieu-ci
lieu
d’infini
Ici, déjà l’infini !
***
Sur la table du jardin
Fourmi qui court
si
petite
Et pourtant, là
tout
l’univers
qui
trottine !
***
Désert de Namibie
Sable brûlant
Et pourtant,
trottinant allègrement
un
Tok-tokkie
Mais pourquoi des Tok-tokkies ? (1)
(1) Scarabée de
Namibie
***
Montagnes du désert
millions,
millions d’années
par
le soleil brûlées
Silence profond, nul
mouvement
Être dans le temps
du
sans-temps
***
Soleil du matin
Plaine de sable rosé
Vagues sur vagues
levées
de
montagnes bleutées
qui
s’évanouissent au loin
en
fins dégradés
***
Montagne du désert
Profonde ravine
De la paroi lisse,
émergé, solitaire
un
arbre plusieurs fois centenaire
tronc
noueux, feuillage encore vert
***
Souffle, souffle
siffle,
siffle le vent
dans
l’acacia du désert
***
Ciel immense
Paysage vaste
S’emplir d’espace
***
Montagne
Haut dans le ciel
couple
de choucas du désert
Dans les ascendances,
longs vols tournoyés
planés,
serrés, presque fusionnés
Accord parfait exprimé
***
Arrivé au sommet du
col
Ouvert, paysage
immense
Vagues sur vagues de
montagnes
dénudées,
desséchées, désolées
qui
se perdent dans le lointain
Paysage inquiétant
Avancer, avancer,
pourtant
***
Vieil olivier
Centaines d’années
Branches, dans
l’espace, élancées
Port, de lui-même,
équilibré, harmonisé
À quand l’humanité
d’elle-même,
harmonisée ?
***
Cet olivier
Tronc noueux, branches
épanouies
L’ici et l’infini
réunis
***
Ce palmier
Tronc fin, élancé
De son cœur, émergée
longue
tige gracieusement courbée
Fruits ronds
rouge-orangé
tout
le long, en guirlande, accrochés
Du cœur de la réalité
mystérieusement
émergé
ce
besoin de se multiplier, se perpétuer
Étrangeté de la
réalité
pourtant
déjà, au-delà de l’éternité !
***
Pays ensoleillé
Cloître
Silence profond
Dans son jardin,
plantés
répartis
équilibrés en carré
un
olivier, un figuier
un
grenadier, un palmier
Vie magnifiée
***
Vieux mur de pierre
Émergées, accrochées
fines
tiges, fines feuilles
Dans le vent,
tremblements légers
Répons du monde
***
Liberté
étranglée, poésie déracinée, humanité terminée
« Infini,
indéfini
illimité, indéterminé
unité, éternité
cœur profond de la
réalité »
« Apeiron » mystérieux
d’Anaximandre (1)
Infini,
indéfini
cœur de la poésie
Illimité,
indéterminé
cœur de la liberté
Au
cœur de la poésie
l’irréductible,
l’irrépressible de la vie
la liberté de la
vie
Maintenant,
mondes totalitaires présents
Monde
orwellien inquiétant
clairement émergeant de
l’Orient
« Intelligence » Artificielle
s’étendant
Volonté
d’États, de plus en plus puissants, l’utilisant
pour contrôler
complètement
Tendances
étatistes, totalitaires, s’amplifiant
Monde
possible dément
d’esclaves numérisés,
surveillés
dans une camisole
informatique, définitivement enfermés
par les
algorithmes, cadenassés
robotisés, à tout
jamais décérébrés !
Esprit
ouvert, pour toujours, refermé !
Liberté
étranglée !
Poésie
déracinée !
Humanité
terminée !!
Poésie
rempart de
l’irréductible
du spontané
mystérieux de la vie
rempart de la liberté
de l’humanité !!
(1) Philosophe grec,
VI ° avant J.C.
©Alain
Clastres
|