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ARCHIVES FRANCO-SEMAILLES

 

Printemps 2026

 

Alain CLastres :

Être dans le temps du sans-temps

Suivi de

Liberté étranglée, poésie déracinée, humanité terminée.

 

 

Poèmes inédits

(*)

 

Une image contenant plein air, ciel, Relief éolien, sable

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

Photo de Chantal Clastres

 

 

 

Sommet de la colline

Immense, l’océan

Souffle du vent

D’au-delà l’horizon

Vagues blanches moutonnant

qui arrivent inexorablement

Ondoiements incessants

 

Contempler

 

Peu à peu, se fondre

dans l’infinité

 

Retrouver sa demeure

d’éternité

 

***

 

Océan

Souffle, souffle le vent

Courent, courent les vagues

Écume blanche moutonnant

un bref instant

retournant à l’océan

 

Ton propre mouvement

 

***

 

Vent léger

Clapot lent, clapot doux

sur les rochers

 

Dans le rythme des choses

de soi-même s’accorder

s’apaiser

 

***

 

Vallon

au profond de la forêt

Frais, le bruit d’un ruisseau

dit le monde

 

Ce lieu-ci

lieu d’infini

 

Ici, déjà l’infini !

 

***

 

Sur la table du jardin

Fourmi qui court

si petite

Et pourtant, là

tout l’univers

qui trottine !

 

***

 

Désert de Namibie

Sable brûlant

Et pourtant, trottinant allègrement

un Tok-tokkie            

                 

Mais pourquoi des Tok-tokkies ?     (1)

 

(1) Scarabée de Namibie

 

***

 

Montagnes du désert

millions, millions d’années

par le soleil brûlées

Silence profond, nul mouvement

 

Être dans le temps

du sans-temps

 

***

 

Soleil du matin

Plaine de sable rosé

Vagues sur vagues levées

de montagnes bleutées

qui s’évanouissent au loin

en fins dégradés

 

***

 

Montagne du désert

Profonde ravine

De la paroi lisse, émergé, solitaire

un arbre plusieurs fois centenaire

tronc noueux, feuillage encore vert

 

***

 

Souffle, souffle

siffle, siffle le vent

dans l’acacia du désert

 

***

 

Ciel immense

Paysage vaste

S’emplir d’espace

 

***

 

Montagne

Haut dans le ciel

couple de choucas du désert

Dans les ascendances, longs vols tournoyés

planés, serrés, presque fusionnés

 

Accord parfait exprimé

 

***

 

Arrivé au sommet du col

Ouvert, paysage immense

Vagues sur vagues de montagnes

dénudées, desséchées, désolées

qui se perdent dans le lointain

Paysage inquiétant

Avancer, avancer, pourtant

 

***

 

Vieil olivier

Centaines d’années

Branches, dans l’espace, élancées

Port, de lui-même, équilibré, harmonisé

 

À quand l’humanité

d’elle-même, harmonisée ?

 

***

 

Cet olivier

Tronc noueux, branches épanouies

L’ici et l’infini réunis

 

***

 

Ce palmier

Tronc fin, élancé

De son cœur, émergée

longue tige gracieusement courbée

Fruits ronds rouge-orangé

tout le long, en guirlande, accrochés

Du cœur de la réalité

mystérieusement émergé

ce besoin de se multiplier, se perpétuer

 

Étrangeté de la réalité

pourtant déjà, au-delà de l’éternité !

 

***

 

Pays ensoleillé

Cloître

Silence profond

Dans son jardin, plantés

répartis équilibrés en carré

un olivier, un figuier

un grenadier, un palmier

 

Vie magnifiée

 

***

 

Vieux mur de pierre

Émergées, accrochées

fines tiges, fines feuilles

Dans le vent, tremblements légers

Répons du monde

 

 

***

 

 

Liberté étranglée, poésie déracinée, humanité terminée

 

« Infini, indéfini

illimité, indéterminé

unité, éternité

cœur profond de la réalité » 

« Apeiron » mystérieux d’Anaximandre  (1)

 

Infini, indéfini

cœur de la poésie

 

Illimité, indéterminé

cœur de la liberté

 

Au cœur de la poésie

l’irréductible, l’irrépressible de la vie

la liberté de la vie

 

Maintenant, mondes totalitaires présents

Monde orwellien inquiétant

clairement émergeant de l’Orient

« Intelligence » Artificielle s’étendant

Volonté d’États, de plus en plus puissants, l’utilisant

pour contrôler complètement

Tendances étatistes, totalitaires, s’amplifiant

Monde possible dément

d’esclaves numérisés, surveillés

dans une camisole informatique, définitivement enfermés

par les algorithmes, cadenassés

robotisés, à tout jamais décérébrés !

 

Esprit ouvert, pour toujours, refermé !

 

Liberté étranglée !

 

Poésie déracinée !

 

Humanité terminée !!

 

Poésie

rempart de l’irréductible

du spontané

mystérieux de la vie

rempart de la liberté de l’humanité !!

 

(1) Philosophe grec, VI ° avant J.C.

 

 

 

©Alain Clastres

 

 

(*)

 

Découvert chez Francopolis à la rubrique Terra incognita du numéro d’automne 2025, Alain Clastres a publié de nombreux recueils aux éditions Unicité (voir sur la page des auteurs).

 

 

Alain Clastres

Francosemailles, Printemps 2026

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