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De
cette ancienne sépulture
à
demi engloutie
surgit
la
grande cavalcade
des
généalogies
nuage
de sable
dont
chaque grain
porte
le nom
d’un
humain à venir
*
Les
orages ont sonné
le
terme de l’été
dans
l’air adouci
émerge
une délicate mélancolie
la
lumière native
irise
l’embellie
*
Des
Cévennes cuivrées
nous
marchions vers la mer
les
mélèzes quittés
l’Aigoual
se dissipait
plus
bas les châtaigniers
leur
promesse d’hiver
l’aigu
aux chênes verts
les
basses au Boucanet
*
Parlez
parlez
grands feux de bois
des
cheminées sans âge
du
cœur de vos braises ardentes
dites-nous
les
secrets de nos enfances
ceux
qui résistent
à
la cendre du temps
mais
se laissent un jour deviner
aux
familiers de la cheminée
*
Derrière
les bruyères
aux
pieds des châtaigniers
la
source s’écoulait
l’enfant
suivit son cours
passé
le premier pont
la
durée dissipée
il
choisit un galet
et
grava sans retour
le
nom de son amour
*
Toute malédiction
éloignée
sables
et ciel accordés
ici
soleil
absolu
lente
liturgie
de
sa lumière
malheurs
à distance
tenus
à
voix de feu
soleil
offre
son office
*
La
nuit a renoué
le
rivage à son origine
et
ces lueurs de première aube
avivent
les
lys des sables
au
loin
éclats
et jaillissements
les
chevaux en troupeau
renouvellent
au monde
leur
fidélité
*
Prière
du poulpe
au
pêcheur impitoyable
sans
moi
la
mer sera privée d’espérance
*
Entends
ami entends
les
strophes cadencées
du
chœur antique
dans
le port d’Empúries
avec
foi pleine voix
elles
chantent
les
noces naufragées
des
hommes et de la mer
le
vaste pardon du vent
sur
la communauté
*
Là-bas
la vie vacille
ici
ta voix idylle
les
lilas languissaient
la
garrigue éthérait
*
Des
hymnes s’entendaient
dans
les vents espérés
des
rimes soulevaient
le
port qui s’enlisait
des
mères reprenaient
les
paroles sacrées
et
la mer annonçait
la
fin des jours errés
*
Cette
aube d’été
cette
présence de la mer
élargissent
les regards
des
pèlerins du rivage
confiants
ils
poursuivent leur marche
vers
ces hautes dunes
où
leurs regards intérieurs
approchent
l’invisible
©Jacques Guigou
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