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Peinture de ©Hélène
Courtellemont (voir sa
page FB)
***
Fleurs tardives de pissenlits et d’ail
des ours
Comme autant de cristaux végétaux
Égayent mes songes d’autres et d’ailleurs.
Je veux manger le paysage, me mouvoir dans mes
Mues en friche et exister plus fort que le temps.
Le soleil sur ma peau aiguise mon
mental et la
Zénithale lumière est l’encre à part
entière qui m’
Ancre dans les ici et
les là de fortune…
Les vaches alanguies paissent dans les
boutons d’or… tandis que les
Plis colorés de nos récits se parent
de mystères.
Lignes de faille, redoutables et
éternelles adventices de mes pensées en-
Cagées, je me libère et suffoque dans
le même instant.
Faut-il changer de cap de focale je ne
sais car
Le jour est trop lourd pour moi si tu
n’y es plus.
Quand les souvenirs passent de branche
en
Branche et que ploient les corolles de
pivoine sous
Les dernières gouttelettes, alors les
pas perdus de
Jadis réparent l’absence et comblent
-un
Peu- la sente infâme le bourbier sans
Fin ni faim. Liserons, chardons et
Pissenlits insignes, mélancolie
indigne, je res-
Pire et les nuances de jaune apaisent
mes
Orages invisibles. Que la friche est
Belle !
***
Malade lumière du jour
Désastre furieux de l’esprit
Mépris avéré pour le tendre
Mélancolie faite monde
Harcèlement pour porte d’entrée
Rêves étouffés envies noyées
À l’abandon les corps, à l’étroit les cœurs,
Désertion des chemins noirs, vite,
À l’affût du moindre éclat de jaune
Hystérie des complexes
Affolement de l’instant
Transe des souvenirs réinvoqués
Désir de mélanger le blanc avec le rouge
Éloignement des horizons palpables…, les
Silos de mon cœur regorgent de grain mal semé
Mais la récolte adviendra.
***
Opulence aguicheuse des
Floraisons tardives, il soupire et s’
Étire dans l’aube
Mordorée. Zébras de cirrus dans le
Ciel, croulent les bas-côtés de nos
Routes printanières sous les
Pissenlits et s’évade son esprit,
Tremble un peu puis sourit. Camaïeu de
Tendres verts, un horizon de champs
Peignés, il voudrait fendiller la
Mer gelée à l’intérieur. Mais ne
Fait pas un geste. Sa vague d’
Étrave le submerge autant qu’elle le
Rassure ; l’attire. Il décide de poursuivre et
Reprend son chemin lentement.
Que reste-t-il de nous quand la
Floraison décroît, s’étiolent les
Pousses et s’assèchent les
Racines ? Est-il nécessaire, vrai-
Ment, de se poser la
Question ?
***
Emmêlée dans sa nasse de
Regrets et d’évanescentes vérités, elle
Respire par à-coups.
De douloureux silences en logorrhées mal-
Habiles elle ne sait plus à qui ou quoi
Adresser ses prières.
Oscillations bancales, vitales,
En mode mineur ou en fanfare, elle essaye
Encore de vivre.
***
Des éoliennes à l’
Infini, où que porte le regard attristé…
Des champs trempés, des haies à terre, pour
Étendre puis céder des parcelles
Uniformes. Grands arbres esseulés,
Nichoirs essentiels, abattus sans répit.
Campagne soumise et terne se passe
À son humus défendant des
Rampants, rongeurs et même
Volatiles. S’appauvrissent les sols et s’ennuie l’
Œil attiré par la richesse des reliefs et des
Coloris. Presque effacement des
Sons. Uniformité. Lassitude. Du pareil au
Même sol, harcelé par la manne des uns et la
Lâcheté faite paysage. Les silos de mon
Cœur observant regorgent de grains
Flétris et inutiles. Je rêve de mélanger le
Vert et le rouge, mettre du jaune dans le
Bleu. Et sourire aux jours
Levants.
***
Aujourd’hui j’ai
Comparé longuement le
jaune des
Boutons d’or avec celui des champs de colza,
Planté un pied de pivoine blanche et des
Graines de cosmos en pagaille,
Écrit quelques vers libres, sans
Angoisses ni noirceur d’aucune sorte,
Dégusté sans hésiter plusieurs types de
Chocolats vieillissants et mal cachés,
Secoué discrètement nos miettes de repas sur la
Terrasse du bas, en l’absence des voisins,
Écouté « pour de vrai » les paroles
Décapantes des airs « streamés » par mes filles,
Ri doucement en entendant chanter haut et faux
Mon compagnon aux rides assumées,
Et…
Cherché à comprendre, encore, le
Sens de tout ce cirque.
***
De notre fenêtre en
hauteur je vois
Les fleurs du magnolia qui
Tombent peu à peu,
Les taches de couleur des
Primevères sauvagines et
Deux pies qui picorent le
Gazon tout juste levé.
De l’étage inférieur, où vaquent les enfants,
Je distingue les vieux rosiers qui,
Fièrement et paisiblement,
Déploient leurs toutes jeunes feuilles.
Quelques pissenlits épars égayent le
Jardin printanier.
Il y a aussi les camélias qui donnent à
Voir leurs écarlates boutons, et je
Constate sans plaisir que le
Muret de pierres sèches s’
Effrite par endroits.
De la fenêtre de la cuisine, en bas, je suis
Happée par la fluorescence du
Forsythia et les globes entrouverts des tulipes en pâmoison.
J’entrevois si je me
mets sur la
Pointe des pieds, le faîte de l’arbustif
Chèvrefeuille et l’ancestrale courbure
Des saules de la rivière.
Si je ferme les yeux, près de la vieille fenêtre,
Je peux sentir souvent un tiède et
Tendre soleil et sous mes paupières fatiguées,
Qu’il vente ou bruine,
Tous les jours je savoure la
Mélancolie de nos
Friches intimes.
***
Tu es mon hiéroglyphe,
en toute
Saison ma vigne
grimpante, en toute
Liberté ma came
indolore. Je veux
Hacker ton corps,
poétiser ton
Algorithme, rester dans
la même gamme.
Avec mes longs doigts
épouser tes
Contours, de mes yeux
sans ciller
Percer à jour tes
brèches. Tu es mon
Ombre portée ma liane
Intime, je suis à chaque
instant l’
Héroïne de ton jour
naissant ton ultime
Dulcinée, je te veux
Tendre musculeux
sensible et
Tactile pour moi seule.
Je t’atteins et tu
Sombres. D’audace et de
Douceur.
***
Un balcon suspendu
au-dessus des bois facétieux,
Un havre de mots, de
silences et de rêves,
Repaire de joies
partagées et de doutes solitaires.
Sur ce promontoire à nul
autre identique,
On se meut dans
d’inédites trouvailles,
Fulgurances lettrées et
sensations subtiles,
Essentielles, oh
combien… L’astre majeur au
Coucher, plaie du ciel
rougeoyante entre fauves et
Canins, chiens et loups
de verdure et insidieuses
Effluves. Verts
insensés, brises mentales et doux instants.
Or et paillettes
nocturnes en devenir ; lentes volutes de nos
Indécisions… à l’image
des brumes d’un
Théâtre d’ombres
ancestral.
Un esquif protecteur,
refuge pour le vespéral
Rassemblement des
corbeaux ; pour nos
Songes aussi, effleurant
l’intime chaos.
On reste relié à la
trame vitale, le
Masque devient visage et
ce
Balcon suspendu n’en
finit pas d’
Attirer.
Ailleurs, tout près, des
Forets de code-barres
pour seul
Horizon.
©Émilie
Dautremer
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