TERRA INCOGNITA

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Archives : Terra incognita

Été 2026

 

Gilles Compagnon :

« averse du silence … en la feuille vide du poème ».

 

Poèmes inédits.

 

(*)

 

 

 

Le menhir (photo de Dana Shishmanian)

 

 

S'étendait devant moi

un parterre de nues, 

 

une passerelle 

sur l'atmosphère 

tout de voiles vêtue

un chemin suspendu 

dans le vide lunaire 

et plein jour pourtant  

 

comme les rêves 

les plus fous 

de notre impudique 

réalité...

 

Vaporeuse traversée 

de ce soir sabbatique 

en cette douceur ouatée. 

 

Saisissons vite et ferme

pendant qu'il passe 

l'anse du crépuscule 

 

ajusté, compressé, serré 

entre deux mains frivoles... 

 

9 février 2012

 

***

 

Noctambule esthète

Qui déambule urbaine

À l'heure du crime...

 

Qui surprends

l'improbable bipède

Traînant à bout de l'âme 

ses mélancolies

 

Sous la voûte impassible

De la lune dardant le ciel. 

 

Je t'imagine 

le pas décidé

sous des étoffes 

étouffant le froid, 

à la lumière fileuse

mais pas frileuse 

du tout

des réverbères...

 

Inversée 

courageuse journée,

amie chère 

arpenteuse vaillante,

 

promeneuse 

au champ d'étoiles...

je vous salue

Bonsoir

Madame la Nuit !

 

4 février 2018

 

***

 

Diffraction 

 

Des branches

écloses éclatées 

jaillissent du miroir

comme des racines 

du riz, l'eau... 

 

Halo du soleil

ridé bridé flétri

d'un visage

que ce paysage

matriciel du profond

 

envisage

de hisser haut, 

épars en ciel.

 

La vie s'écoule 

à l'envers, 

en ses méandres, 

des facéties

finalement 

gracieuses 

du réveil... 

 

On se surprend 

alors à vouloir

s'échoir s'escompter

goutte à goutte 

ou cul sec…

 

Surtout ne pas 

couper la lumière !

 

Ne pas fuir

ce que nos vies

ont raboté. 

 

Qu'on se voie

Qu'on se trinque 

Qu'on se boive

s'entre-serre. 

 

Qu'on se surprenne 

forts et à deux

s'offrir s'accepter. 

 

Faisons fi du pire. 

Incendions

nos cargaisons

de faillite. 

 

Simplement 

ô combien

juste encore 

oser le plein 

des possibles, 

 

s'il en est 

encore temps

s'entre-prendre 

 

oser s'aimer 

s'entre-vivre... 

 

19 février 2019

 

***

 

Des glycines comme s'il en pleuvait

À la gouttière du ciel adossées au muret

Des lilas des mimosas des bleuets

Le printemps s'invite au bistrot amusé

 

Tout se mire à l'eau en l'étang des couleurs

La saison virevolte ses petits bonheurs. 

 

12 avril 2019

 

***

 

Blond blé bu à la paille

vos mies de pain croûtées

très chères céréales diaphanes

apport léger au grain du vent

poutre d'ocres en brins

dans l'œil

à gerber, par lots de cinq

debout, bien alignés 

 

Des âmes errantes 

libres posées éparses 

avant la pousse drue ardente en travers et en large des amarantes

 

17 septembre 2022

 

***

 

La neige a laissé, 

enclavées

des perles 

de gazes singulières 

aux pointes de nez 

des futaies 

que le soleil plombant 

fait choir 

plus ou moins lourdement

sans prévenir... 

 

La confusion effrénée

du vent glacial

brumisant 

les hauts cous du bosquet

en pliées poches 

d'étoffée laine

fait geindre 

les plus frêles branches 

de la rousse canopée. 

 

Les agglutinées 

baies rouges du houx 

semblent cligner de l'œil  

à l'hésitant rossignol 

y hasardant 

quelques trilles 

de sa composition... 

 

La douceur de l'aurore 

descend 

et déploie ses étreintes 

sous mes bottes 

pétrissant 

à chaque pas, 

le tapis moite chantant 

des entassées pêle-mêle 

bogues de châtaignes... 

 

10 décembre 2023

 

***

 

Grisaille pavoise

derrière le volet. 

Me retiens d'ouvrir

fenêtre et porte. 

Au phono,

une ritournelle jolie

m'emporte

Et toi, tu fais soleil

en mon bol de café ! 

 

Donne,

tends lui main,

à mon vieux cœur flétri. 

Il fera beau demain

puisque tes yeux me rient. 

On partira sans trop

fléchir au petit matin,

Même si le ciel boude

sous son air aigri ! 

 

Frissons, fraîcheurs intimes, 

sensations entrecoupées 

porteront nos badins pas, 

sans but, ni fin plus loin... 

 

Nos chemins franchiront

des rivières d'infini. 

Toutes les frontières feront ponts à l'oubli

de nos chagrins,

de nos deuils amassés. 

 

Viens jeter tes galets

aux cases de ma marelle, 

Balancer des pavés

au fonds noir de mon étang ;

J'en ferai osselets

à lancer aux méandres

des artères et veines

ruisselant nos sangs... 

 

Frissons partagés 

épanouis 

sur nos routes folles

sans contrainte... 

et ivres chants

entonnés en duo 

d'une même voix

improvisée à l'unisson ! 

 

D'utopie ou rêve d'hier, 

foisonne et s'usine

un escompté léger 

meilleur demain !... 

 

12 janvier 2025

 

***

 

Un grand et haut portail d'usé vieux fer rouillé. 

Dans mon regard, une ligne plus que fort droite ;

Au rond-point d'horizon, une vraie croix dressée... 

 

Un bout de rue bordé de bien hauts verts cyprès ;

une belle promesse

de nature jolie,

de phosphore 

et de métamorphose

en cet espace au parfum 

soutenu et insistant 

de la mort, tous azimuts ! 

 

Cet alignement de tombes formant 

une bordure uniforme de gris camaïeux.... 

 

Ô cru cafard et rue blafarde

que cette allée du cimetière 

de mon village ramassé 

dans un drôle de sac morose

s'accumulent 

et percutent 

à des pierres debout

des noms et des prénoms 

et des dates d'années 

accolées

soigneusement jouxtées

de naissance et de décès...

 

Ce jardin 

des souvenirs 

qui crie au monde 

des vivants,

 

l'éteinte 

renseignée victoire 

de leurs désormais 

atteints 

réels silences... 

 

18 septembre 2025

 

***

 

Toi, dont j'ignore tout, 

mais qui invite d'émoi, 

ma sensibilité,

 

qui titille de désir, 

l'envie de te savoir... 

 

Que j'aime à te prendre 

par la taille périphérique 

de ma page blanche...

 

Tel un fouet plein l'âme, 

un courant d'air 

de mots absents, 

qui tournoie 

comme un blizzard, 

sur les blancs

petits carreaux 

de ton attendu rictus, 

émail galactique, 

supplique invoquée

d'assourdies paroles... 

 

Que j'apprécie à te prêter 

attisées moultes attentions

à te serrer d'équivoques, 

à te pallier d'ambiguïtés, 

à te couvrir d'événements, 

 

passant de ma tête 

au sang bouillonnant

de ton corps me fixant 

dans les yeux, assise... 

 

Immobile, visé regard, 

fais jaillir des signes, 

des dessins alignés... 

 

tends la peau de ta joue 

la rondeur de ta moue, 

en la calligraphie écrite

de nos attraits... 

 

Que je te bois, 

que je t'absorbe... 

 

Que j'inscrive, 

alliée à ta bouche, 

la première strophe 

de nos avisées éclaircies, 

 

la première averse du silence 

donnant battement de cil, 

cœur d'annonce éclatée

de la naissance 

d'une esquisse

 

initiant la vibrante à peine 

branche pointant du sol, 

 

le début d'arbre

en la feuille vide du poème... 

 

24 septembre 2025

 

***

 

Les imprévus de l'âge...

 

Les yeux plein soleil, 

j'épouse ce doux silence 

sous le saule reposé 

reprenant des couleurs 

sur le parc arboré 

devant ma fenêtre, 

non encor couvert

de jonquilles et crocus... 

 

Un merle pas moqueur 

pour un sou, 

se hisse vers le sommet 

du prunus, 

picorant dans sa course, 

quelques insectes

précoces

et autres hâtives larves

fourmillant à son tronc.. 

 

À moins

que ce ne fusse 

une plus ronde grive, 

un peu plus sombre

et foncée

que d'ordinaire... 

 

J'ai hélas la vision 

qui, à droite, a baissé

son rideau... 

 

Et puis, à ce titre, dû 

très sûrement à l'âge, 

le soleil de plein fouet

en mes verts quinquets,

ne me fait point

de cadeau ! 

 

Lui, 

le bel astre ébloui

sans l'avoir voulu, 

je suppose,

 

me rend, 

au cas précis, 

la plus suscitée cécité 

qu'il m'ait été, 

à ce jour

par condescendance, 

concédée... 

 

15 janvier 2026

 

***

Accalmie tout en élégance quand tu te tapis sous la caresse d'un rais oscillant sur l'orée fluide et ronde de ta joue... 

Le soleil voyage derrière le duvet greneté de ton oreille, gorge ouatée floutant ton fleuve velours...

Seul séisme en ta chevelure à l'abandon ondulé quand j'amidonne ton poignet d'une main glissée, par surprise, dans la tienne... 

Le jour faufile les reflets du vent à la surface de la pluie de nuit laissée pour compte en plan sur la flaque au sol... 

Viens près de moi souffler l'allumette et retenir en tes yeux de jais, l'étincelle fuyante qui, grâce à toi, me tient aujourd'hui encor en vie !

 

30 janvier 2026

 

***

 

Au clair de nos lunes, j'ai perdu le nord ! 

Me suis retrouvé cloué à tes bords... 

 

Tu as su me blottir en ta clairière, 

prunelle verte acquise

en tes buissons... 

 

J'étais le sable, tu étais le sel. 

Me suis sucré du miel de tes ivresses... 

 

Nos corps emportés en nos folles vagues

Ont coulé verticaux en leurs sabliers... 

 

Des remous en cascade, 

d'éreintés flots

de fatigue et de dérision, 

uniques... 

 

La mécanique des soleils en crue, 

ports de dérive et de fascination !

 

Épris des grains d'orge et des roux épis 

sur ta peau d'orange nacrée, j'écris... 

 

J'écris ce don du ciel, ces chaleurs pures

cette heure intime

avec toi, vécue...

 

31 janvier 2026

 

***

 

En ce voyage immobile que le soleil plombe au rond puits du regard 

« Me restent quelques branches descendant au sol son trop plein d'invisibles larmes... »

fait remarquer le saule derrière le chamarré banc de pierre attendant quelques fesses, au mitan de l'arboré jardin... 

Le rosé prunus perle ses gouttes d'émotions quand merlette et pigeon se font gracieusement la course, 

à picorer au bord de feuilles naissantes de besogneuses fourmis en quête de fardeaux de frêles nourriture ou cicadelles et cochenilles sortant hasardeusement leurs audacieuses têtes

d'une à demie soulevée écorce...

Par-ci, par-là, deux ou trois 

bruissements d'ailes rayent insidieusement l'épaisseur spongieuse de l'à peine audible ondulé silence. 

 

7 mars 2026

 

***

 

Poème à la vie

 

Je rampe à ton chevet

comme 

l'hirondelle avant l'orage

toi drôle d'imprévisible 

vie sans âge

qui ne cesse de fissurer 

de buriner 

changer le visage 

 

j'entends se lever les mots 

si ailés d'un papillon 

passant dolent éphémère 

amasser envoler mes satanées pages 

jusqu'à des nuages souhaités alors pleins d'oiseaux

 

Devrais-je ciseler les mots pour emballer mes phrases

comme 

rayée tirée d'une allumette

on déplie et libère l'étincelle

comme  

on craque le papier 

fripé de mille étoiles d'un cadeau ? 

 

Je rampe à ton chevet

comme 

une limace après la pluie 

en l'andain sous l'herbe folle...

 

Je t'ai à l'œil assis 

signé dans la marge 

comme 

un presque sourd 

à demi-malentendant... 

 

23 mars 2026

 

***

 

Se perdre le cœur en les ambrées moirées méandres

de fuselées vibrantes jambes sustentatrices. 

Savoir retrouver l'élan du chemin grâce aux cailloux blancs, à de syncrétiques cheveux d'anges éperdus 

cocassserie sybarite sous frêle dessinée dentelle 

épousant à merveille,

la subtile évanescence

des collines ajourées

à l'orée de nacre d'un clair agité ventre...

Rester un instant suspendu

à la ligne invisible de ta respiration lente ...

S'y mouvoir sans heurt, pensif et coi, et comme un chat au bord de son toit, 

babines se pourléchant, 

muscs souples, puis, glissant

retomber sur ses pattes en ton large ciel du soir, toi, profilée muse, âme d'amante, sublimant des éthers longs de feuilles de menthes, prolongés et tenaces... ô jour ouvert où se trace un doux fil du temps aux mille nuances enlaçantes au nez de parfums soutenus, sels chatoyants d'été sans heure cessant, ni fin en vue. 

 

Dites-moi, est-ce possible, Madame, qu'il arrive, 

éveillé

qu'on se nourrisse d'un simple rêve, en toute humilité ? ... 

 

6 janvier 2020, repris 24 mars 2026 

 

***

 

Bout de rue,

petite impasse

ou grand boulevard,

 

j'aimerais,

si c'était possible

que ce triptyque de mots

ne rime plus

avec cabossée couche

au clair de lune en hiver

et même en été ... 

 

Lit en carton, lit dans le journal, lit de papier... 

vieilles guenilles et nippes crasses récupérées 

ou matelas maculé pourri

sur planches brisées de maçon...

sur débris de ferraille

du grutier d'à côté... 

palettes à clous

pour seuls pilotis,

volées la nuit 

sur les chantiers

ou à la déchetterie ...

 

Dormir à la belle étoile

c'est doux et agréable

pour l'estivant

sur le sable de plage

en plein mois d'août 

 

Mais l'étoile à minuit 

n'est jamais très belle 

quand on la reluque

du fond d'un squat 

en ville sous la neige qui tombe

ou sous la pluie à verse

en chien de fusil sur une éventrée valise

à côté des poubelles

ou des décrépies pissotières

ou sur le banc rapiécé sous l'horloge arrêtée 

d'un quai de gare abandonnée

même le train

et depuis belle lurette

n'a plus du tout

l'idée ni l'envie 

 

d'y venir

faire un tour ... 

 

25 mars 2026

 

***

 

Un souffle

Un courant d'air

 

Une feuille 

pulsée poussée 

hors de la branche

hors du front de l'arbre

hors du chant du vent

m'a fait tourner la tête 

vers l'oiseau qui passait 

son chemin par mon œil ouvert 

 

à ce moment précis 

ce zéphir frais fit basculer vers le bas

mes deux paupières... 

 

Rideau de théâtre 

sur ce tire-d’ailes événementiel 

 

tout à peine souvenu... 

 

28 mars 2026

 

***

 

Le frais zéphir chantonne sous les branches basses de l'ormeau 

La ville encor dort à cette heure de montante aurore

Le vent apporte chuchotement 

à mes tympans

 

M'attends-tu encor 

sur ton lit d'hôpital 

ou es-tu déjà sortie

de ce gros souci ? 

 

Ma porte reste ouverte à ta visite

un bien chaud thé te sera servi.

 

28 mars 2026

 

***

 

Un rouge-gorge trille sa chanson triste tout au gracieux cœur du saule. 

Il pleure son impuissance à gober cette longue verte sauterelle dormant comme emboîtée dans une large feuille. 

Ces deux éléments naturels tellement imbriqués que l'utile ouverture de son bec s'avère insuffisante.

 

Dépité, l'oiseau s'enfuit, décolle, 

il se dit qu'il reviendra demain.

espérant que la feuille se sera lentement dépliée 

sans, par chance, n'avoir toutefois, 

réveillé l'insecte !

 

28 mars 2026

 

*** 

 

L'île qui flotte n'est pas un home de paix bien net

Les blancs les jaunes s'y agitent s'y battent s'entremêlent 

Ils n'hésitent pas à même faire monter la mer

Ça remue dans ce fjord étroit du grand nord 

ça combat à perdre haleine

La bise siffle son sucré parfum 

Vahinées vanillées et liguriennes génoises en viennent aux mains... 

 

mais in fine, 

elles ont du bol !... 

 

Ainsi se fond 

s'érige s'étale s'invente un pays dessert

de ce grand brassage de populations

 

j'ai nommé... 

l'Omelette Norvégienne ! 

 

29 mars 2026

 

©Gilles Compagnon

 

 

 

(*)

 

Né en avril 1951 en Bourgogne du Sud, j'ai eu une enfance assez solitaire mais chichement heureuse à la ferme chez mes grands-parents maternels ouvriers agricoles, dans la campagne profonde des bords de Grosne et du vallonné et pittoresque Clunisois.

Suis arrivé à Lyon à 14 ans, scolarité « en dents de scie » jusqu'au bac et à la fac de droit ; à 23 ans, service militaire en Allemagne, puis carrière de 41 années au sein de la Poste qui m'a beaucoup « promené », Bordeaux, Paris, Rhône, Savoie, Haute Savoie, Saône et Loire puis retour dans l'ouest et le sud lyonnais en 1990.

Homme ouvert, un peu saltimbanque, à la communication facile, dans le social, le culturel, l'associatif et pour les besoins de mon métier de commercial, gestionnaire de bureau et de personnel, j'ai eu la chance de faire de la radio à Lyon pendant trois ans dans les années 80, et de m'ouvrir par passion au monde de la chanson « à textes » et au jazz tous styles confondus ; j’ai fait de nombreuses rencontres provoquées d'artistes que j'appréciais en ces deux domaines pas si distincts d'ailleurs. 

Je suis aussi amateur de jardinage depuis mon plus jeune âge, je lis beaucoup et je pratique par plaisir, la marche intensive. 

Les vendanges en automne en Côte d'Or et dans le Beaujolais sont aussi pour moi, depuis des décennies, un art dans l'effort et un défi personnel, permettant de renouer avec la terre, le sol, la nature, ses parfums, ses couleurs et paysages, la vigne, le vin, et de faire de nouvelles rencontres de tous âges, de toutes professions et de tous pays... Des manières de survivre, de s'entretenir le corps et l'esprit sainement, dans la joie et la bonne humeur... 

Je m'impose d'écrire pas plus de dix ou vingt minutes tous les jours, quelques « petits bouts » de vécu en direct ou de pensées « passantes » à l'instant T. Je vis dans une famille unie, recomposée, agréable et j'essaie d'être un mari, un père et un grand-père à la hauteur de ce qu'on en attend... 

 

 

Gilles Compagnon

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