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Peinture de ©Hélène
Courtellemont (voir sa
page FB)
***
Immensité
Une
illustration de ciel jaune
Comme
une immensité
Posée
sur la mer aux vagues
D'apparats,
Dorures
dans le tableau uniforme où l'on s'abîme
Sans
revenir,
Ivres
de nos secrets révélés
À
la rime dernière,
Et
pourtant on revient quand même sur la grève,
Rejoindre
les tourments de faïence,
Les
obédiences de suffocation,
Nos
raisons intimes à contre cœur
Dont
on ne se défait jamais,
Accrochés
à la vie par les lacets
De
nos regrets indicibles,
Avec
nos regards curieux et implorant une gratitude pour
Ton
amour,
Toute
une immensité jaune à
Captiver
ton regard
Et
t'emmener ailleurs là où
Tu
vis ta paix coupable au fil
Des
jours de déshérité,
Dans
ta solitude incarnée
Au
fond des vagues de ton
Caractère,
Ta
mer de soubresauts où tu renies ou tu implores,
Et
ton imaginaire abandonné à
La
dérive tranquille de ton hiver,
À
tes errances glacées sans
Recours,
À
tes vaines prières telles des
Esquisses
de papier.
Tu
rêves de retrouver ta nature
Profonde,
Ton
immensité jaune à contempler sans remords,
Une
coupure de glaive à fleur de peau pour ton amour
À
renouer sur le rivage des dernières fois.
Te
voilà immobile, face à l'immensité de tes évasions,
Et
ton regard est froid...
Errances
Dehors
des torts se promènent
En
toute innocence
Et
je reste dans ma bulle coffre-fort
Où
je dépense les mots comme
On
jette des pièces de monnaie,
Je
jette des couleurs d'hypothèses fragiles sur le
Blanc
du papier froid
Comme
des corps oubliés,
Et
ma mémoire s'en mêle
Afin
que je rende justice
Aux
souvenirs de porcelaine.
J'ai
le teint pâle et les yeux cernés,
Il
me faudrait croire en mes repentances
Mais
ça me paraît l'idée d'un autre,
Alors
je me tiens droit face aux
Soucis
de faïence,
Je
garde la main sur mon As de pique
Pour
les derniers jetons du
Dernier
poème à fabriquer quand je n'aurais plus le temps
D'éprouver
ma solitude,
Laissée
sur le carreau avec le
Dernier
remords.
Il
nous faudrait une aventure
Sur
le carrelage,
Il
nous faudrait un autre courant
D'air
sur les revanches des rêveurs,
Et
des couloirs intimes pour y
Trouver
une conquête
À
fleur de peau,
La
conscience lavée et pure
Pour
se consacrer entier à
Un
Amour sorti de l'épure,
Pour
les belles vagues à l'âme
Des
îles convaincues,
Où
les couples vont s'éteindre
La
nuit tombée dans le silence et la paix
Des
errances dernières...
Il
me faudrait toucher le corps
Lascif
de la paix rendue,
Alors
je déborde sur la page
Blanche
de colombes à la
Marge
des amours vaincues...
Écritures
Plus
d'un millier de poèmes en vers libres depuis trois ans,
Et
je n'ai pas trouvé le nœud Gordien,
Le
point cardinal, les lignes de
La
main que j'ai cherchée obstinément
Sous
la pluie de l'écriture,
Où
j'ai dessiné des portraits de visages aimés,
Où
j'ai marché tout au long de
La
belle Avenue
Pour
revoir la maison d'enfance,
Plus
d'un millier de poèmes
Comme
un usage de la liberté
D'une
âme convaincue,
Mais
je n'ai pas trouvé de frères,
Je
suis resté fils unique ayant perdu sa mère,
J'écris
toujours pour les lignes
Bleues
des pactes secrets,
Pour
le sable d'or de la plage
Infinie
où se retirer enfin,
J'écris
toujours pour le rappel
De
la chanson qui émeut aux
Larmes,
Mais
je ne trouve pas les lignes
Pures
de ma tristesse
À
vendre,
Pour
la dépossession entière
La
perte du dernier costume
Dans
une brume bleue
Où
l'on distingue encore un
Visage
de camarade
À
la lumière du réverbère,
J'écris
encore pour oublier tous
Les
torts considérés,
Pour
se tenir droit face au remords qui a voulu te faire la
Peau,
J'écris
pour les lignes Bleues où
Nous
sommes intouchables
À
nous créer des saisons posthumes
Dans
la poussière des déraisons
Et
de la patience,
Et
des éclats de faïence qui se
Fissure
à mesure que tu
Avances,
J'écris
des lignes de chance,
Ma
démarche éperdue sur le fil
D'une
liberté inaliénable,
J'écris
pour approcher la caresse du bout des doigts de
Givre,
Pour
regagner l'amitié comme
On
touche au large,
Pour
la fêlure en marge et l'espoir aux poignets,
Pour
les beaux regards de retrouvailles sur le quai
De
papier glacé.
Il
est temps de fermer le ban,
Le
poing fermé,
Mes
mains de ville ouverte,
Mon
teint pâle pour vous signifier la fin...
Jusqu'à
demain.
La plage
Cavalcades
de minutes
Sur
mon insécurité,
Je
plane ailleurs pour trouver
La
plage où te revoir,
Et
te retenir pour des heures
Où
joindre nos regards.
Il
est tôt, si tôt pour se sentir
Invincible
et
L'indicible
est un mensonge
En
noir et blanc.
Le
temps me passe dessus
Comme
un train fantôme,
Et
je lui tends les clés
De
mes évasions et mes
Insolences.
La
plage a ses colombes au bord des vagues.
Je
reste dehors, debout sous les trombes d'eau...
Mercredi
Milieu
de semaine.
Immense
plaine imaginaire
Où
s'égarer
Jusqu'à
cette forêt de mythes,
Où
la magie opère
Si
vite malgré vous et vous change
En
quelqu’un de meilleur.
J'ai
les deux pieds dans la poussière
Et
L'esprit en escapade à contre cœur
Une
barque livrée aux vagues de
L'amertume
Qui
ne chavire jamais
Malgré
les horizons de brume,
Effacée
dans la patience
Et
les rythmes défaits de
L'écriture
qui me dompte,
Quand
je suis ses couloirs infinis pour la rencontre.
Je
vis dans le calme plat qui m'intime d'inventer
Pour
habiller les heures,
Je
descend dans le
cratère
Pour
me laver de tous les manques,
Me
dilapider au soupçon de la guerre
Quand
je grimpe aux étages
Pour
une chute libre.
Fissurer
la carapace glacée
Pour
les essors fragiles,
Supporter
la pensée de l'absence
La
pauvreté du décor
Habité
au bord du monde.
Milieu
de semaine au centre des mots qui défilent.
Rien
ne bouge au cœur de mes cloisons,
Dans
la paix fragile de ma raison.
Hasards
Il
me fallait trouver un ciel
Aux
teintes orangées
Comme
une peinture sur les
Mots
derniers,
Un
regard sur le jour
où je me traîne
Encore
Pour
vous atteindre
Derrière
les prétextes,
Ce
calme plat qui me tend la
Main
Pour
me rendre futile et dérisoire
J'écris
des lignes d'histoires
Par
centaines
Pour
chasser l'inutile regret,
La
main froide que
Je
ne tends à personne,
Avez-vous
aussi des vies
d'avant
La
catastrophe
Qui
vous a fait différents,
Dans
une paix coupable
Où
l'on s'étiole doucement
À
chercher les hasards
Heureux
Jusqu'à
pas d'heure,
Mais
ils ne viennent jamais
Ils
ne viendront pas
Pour
vous rendre meilleurs.
Alors
on partage un ciel
Orange
Des
faux poèmes de n'oser
La
prose,
Un
faux procès sans procureur
Où
je délibère tout seul
Face
à l'ornière,
Encerclé
de solitude
De
poussière
Pour
les gravats des mots qui
S'accumulent
Dans
le tunnel qui mène au coffre,
Je
dépose le sens du voyage
Ici,
Une
offre sentimentale
Au
centre du cratère,
Pour
un éclat d'ampoule
Juste
un sursaut de flamme
Au
milieu des fleurs Inventées
Sans
pétales
Où
je piétine pour un partage
De
regards.
Mardi
n'a rien à rétorquer. Pas
De
hasards heureux aux entournures,
Mais
un ciel aux teintes orangées pour illustrer mes
Défaillances
de murmures...
Amis
Je
me souviens de notre rencontre
Il
y a quinze ans.
On
arpentait la rue d'Espagne
L'amitié
nous rendait vivants
Et
drôles et légers.
Mais
les années passent,
Impitoyables
pour le bonheur
D'un
certain âge.
Lui
s'est remarié,
Tandis
que je vis seul à faire des croix
Dans
des cases
Toute
la sainte journée.
Le
deuil m'a frappé un matin,
Et
j'ai vieilli pour deux.
Je
regarde des photos de colombe,
Trace
des cercles sur le papier
Pour
y poser les mains.
La
focale sur les instants habités de multitudes
De
hasards.
J'écris
des poèmes de vers libres,
Et
regagne l'amitié comme on
Touche
au large.
Des
bribes de mer agitée de ci de là,
Quand
je décris des horizons saturés
Pour
le partage.
Pour
l'illusion des ressemblances,
Et
des visages à contre-jour.
Des
ombres portées à fleur de
Mots.
Il
est l'heure de vous laisser
Suivre
le courant.
J'attends
un rivage comme un cadeau...
Voyages
Un rai de lumière perce à travers les nuages,
Métaphore
de l'espoir possible
Dans
les temps sombres,
Le
mental ce n'est que ça.
Le
trait de lumière qui rôde
Au
milieu des ombres,
Un
visage rajeuni par le regard qui s'allume soudain,
La
petite flamme qui persiste
En
nous
Contre
vents et marées,
L'adversité
en contre-jour que
L'on
regarde dans les yeux.
Il
y a des belles insolences aux
Confins
du Sérieux
Usurpateur
de nos identités
À
marche forcée.
"
Comme insensé ce matin le long sanglot sur la fenêtre ".
Je
rêve de lignes abrasives
Sur
la coursive sans capitaine
Où
je fabule sans oraisons,
Une
bulle dans un dessin
Un
graffiti de mur porteur à
Déposer
les matins blêmes
Comme
des syllabes
De
retrouvailles.
Je
vais de Charybde en Scylla
Pour
sortir de l'épure,
Graduer
mes batailles et
Mes
désamours
Au
sein des pages à convaincre
Comme
on se tient droit.
C'est
un voyage immobile à vous rendre justice,
Un
contre-feu dans les offenses,
Une
déviation de rond-point
Ma
chance appliquée comme
Une
mathématique bleue.
Le
besoin d'une clairière
Derrière
mes rideaux opaques.
Samedi
à reconnaître pour le rai de lumière perçant les
nuages.
Je
vous souhaite une plage
À
portée.
Et
un visage à aimer...
Dimanche
J'ai
parcouru les lignes des autres
Pour
voir les reflets des mondes qu'ils portent
À
vos yeux,
J'ai
choisi une image subliminale
Pour
me joindre à vous
Le
temps d'un soupir sur la
Page
Un
temps de décimales
Mon
abri de retrouvailles
Où
plus rien n'existe autour.
Je
me demande où la mémoire
Vous
emmène
Les
jours de givre et les soirs
Sans
tendresse,
On
ne sait rien des regards des autres à la fenêtre,
Dans
les instants habités
Où
l'on décline doucement,
Chacun
sa paix coupable
À
moins de ne rien regretter.
Maudit
soit le sol
À
cause de toi...
J'ai
pris le parti d'un poème
À
défendre
Il
était cerné de toutes parts
Alors
je suis intervenu
Pour
qu'il ne sombre pas
Sous
les coups
De
la pénombre des regrets
Et
des regards d'opprobes
Qui
voulaient sa peau
Et
son dernier soupir.
Depuis
j'écris pour préserver
Mon
territoire
Pour
les regards à travers les Non-dits
Les
rideaux opaques
Et
les espérances bénies
Qui
nous gardent vivants
Malgré
la solitude despotique
Et
les tourments
Qu'on
se fabrique malgré nous.
Je
vis pour des rendez-vous
Catégoriques
À
mon sujet,
Il
me faut percer chaque jour
Une
fine couche de béton
Pour
apercevoir le soleil
Et
les regards bleus
Sur
mon pas cadencé à l'unisson
Du
champ des braves,
Je
vis selon des codes qui
Échappent
aux algorithmes
Pour
des connivences de dernière minute,
Mon
innocence calfeutrée,
Je
ne sais que le présent
Et
l'écriture en pulsations.
Je
me demande où la mémoire Vous emmène,
Les
jours de givre et les soirs Sans tendresse.
J'écris
dans l'espoir des connivences sur la page.
Et
c'est bien assez
Vous
pouvez me croire...
Illusions
Vendredi
à sortir de l'ornière
Ou
de l'épure,
J'ai
des idées pures et blessées
Sur
le parterre de l'avenir
Où
je suis insolvable
On
ne me prendra rien qui vaille.
Me
voilà vaillant aux premiers mots posés de l'antidote
Comme
des notes de piano-bar
Dans
les volutes bleues de fumée
Quand
on s'égare pour la paix
Pour
la peine
Des
engelures au bout des doigts gelés
Dans
la patience des jours à
Te
trouver semblable
À
la veille
Dans
ta poursuite vaine des
Mots
du rappel
À
remonter sur les scènes intimes
L'ordre
secret à rétablir pour
Convaincre
ton âge
De
te laisser tranquille
Au
plus près de ta voix profonde
Et
les errances immobiles
Où
tu sondes les abîmes pour les faire surface de tissu fragile
À
poser sur la table
Comme
une nappe brodée
À
la machine à écrire.
Tu
as cerné les éléments à
Prendre
à contre-pied
Pour
garder le contrôle et puiser
L'eau
de source
Où
s'immerger entier
Tu
as volé tes mots de paix
Sur
le passé confronté
Et
vaincu
Dans
la communion des innocences.
Il
y a toujours un sens à traquer
Sans
répit
Dans
l'évanescence
des rêves évanouis
À
l'âge où le temps compte double
À
t'enlever des choses
Voilà
que tu écris comme on
Trace
des cercles
Autour
de fleurs fanées
Sur
ton sol les pétales sont
Tombés
Sans
t'en vouloir
C'est
ta chance fabriquée de
Toutes
pièces
Dans
les frimas de papier.
Vendredi
de permanences
Sans
équivoque.
Je
marche sur les pétales.
Les
illusions m'ont convoqué...
Noodles.1976 (© Stéphane
Cordobes)
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