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Ô nuit
J’écarte le rideau flamboyant
Du coucher de soleil
Pour pénétrer
Dans la profondeur du soir.
Les fleurs du jasmin
Embaument
Le premier chant du rossignol.
Une étoile filante
Cherche son chemin
Dans l’immensité du firmament.
Ô nuit
Chargée de promesses
*
Le jour dit
Le jour dit à
demain
Le crépuscule
appelle la nuit
Le vol des
hirondelles s’évapore
Les
chauves-souris se réveillent
La première
étoile s’allume
Il
est temps de partir
*
Balade aux Pierres Blanches
Accueillis
Par des senteurs exaltantes
Que dégagent les pins
Sous une chaleur écrasante
Du soleil envoûtant de juin
Suivre
Le chemin bordé de pierres
Blanchies sous les rayons ardents
Enlacées de douces lumières
Malmenées par la force du vent
Contempler
À mi-chemin sous l’azur bleu
Au loin le ruban infini de terre
Dans un scintillement harmonieux
Séparant l’étang de Thau de la mer
Continuer
Par un des pittoresques sentiers
Qui serpentent à l’ombre des feuillages
S’ouvrir au silence envoûtant de ce lieu
Puis émerveillé par ce passage
Partir le cœur léger
*
Partir
pour laisser
derrière moi l’ennui
En longeant des
routes inconnues
Pour échapper à
une absence
Trop longtemps
subie
Pour renoncer à
la monotonie des heures
se succédant
avec lenteur
Pour fuir la
violence
avoir de nouveau
confiance
Pour abandonner
la tristesse
reconquérir
l’allégresse
Pour connaître
un meilleur
Et retrouver le
bonheur
Pour sentir sur
ma peau
Un souffle
nouveau
*
Alors
En laissant
derrière moi les chimères
Je partirai pour
des contrées inconnues
sur les bords
ensoleillés des rivières
je m’allongerai
parmi des fleurs parfumées
à l’heure, où le
crépuscule peint
Le paysage en
mauve
où les ailes diaphanes
des libellules
deviennent une
illusion
Je poserai mes
souvenirs dans l’herbe
leur tournant le
dos
Je partirai
Pour goûter
enfin la joie
en arrivant chez
toi
*
Haïku
Mois de février
Les amandiers en
fleur
Valse
d’étamines
*
L’Oliveraie de Clo
Le bleu du ciel pâlit sous
La chaleur de l’après-midi
La nature somnole dans
Ce silence majestueux
Qui entoure ces rangées d’oliviers
Les branches des arbres
Gracieusement ondulent
À leurs pieds soupirent les ombres
Ici et là des campanules
Coussins blancs dans l’herbe tendre
Adossé à un mur de restanque
La capitelle exhale sa fraîcheur
Par l’ouverture où dans le temps
On entreposait outils du labeur
Immobile, le paysage alentour
Ponctué par l’élégance des cyprès
Au loin quelques toits couleurs de velours
Traces rouges autour d’un clocher
Les abeilles bourdonnent
Paresseusement
Les papillons voltigent
Autour des fleurs
Je regarde avec émerveillement
Ce paysage ensorceleur
Une étincelle d’éternité
A touché l’oliveraie
*
Sur la route
Sous l’averse du printemps
À deux avec l’escargot
Seuls
Sur la route
Je chemine vers
L’inconnu
Une farandole de souvenirs
M’accompagne
Toi l’escargot
Tu avances
Vers l’herbe trempée
Ni l’un ni l’autre
Nous ne connaissons
Notre
Destinée
*
Le Phare
Le jour décline
S’en va vers
l’ouest
Habille quelques
instants
L’horizon de sa
robe pourpre
Des
chauves-souris
Vagabondent
Les étoiles
s’allument
La nuit s’empare de la ville
À mi-chemin du Mont St-Clair
Le phare soudain se réveille
Jette sa lumière blanche
Vers l’immensité de la nuit
Caresse la surface de la mer
De ses longs doigts puissants
S’en va revient
S’en va revient
Pour guider le marin loin des rivages
Vers son port

©Théa Sieger
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