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LECTURE - CHRONIQUE Revues
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LECTURES – CHRONIQUES – ESSAIS Été 2026 Marie-Line Jacquet :
À perte de voyage. Lieux-Dits
Éditions, octobre 2025, 39 p. (*) Par Rémi Madar |
Dans À perte de
voyage, la poésie se fait cosmique, transcendante ; l’être
disparaît : « J’existe à peine » […] « maintenant je
m’efface » pour justement laisser place à plus grand que lui :
c’est tout le projet de la poétesse Marie-Line Jacquet. Malgré la présence de
la mort métaphorisée par un « achoppement constant / sur le vide la
faille », la vie préside et distille une force au travers d’une énergie
dont la nature est porteuse : l’accumulation ici suggère une abondance
réjouissante : « Enfin déferlent / des prairies vagabondes /
dans le brouillard des plantes / des profils de pétales » ; mais la
nature ne résiste pas, elle-même, à une
destruction inéluctable: « un lac fané lévite »
[…] « Un soleil aspiré […] vite pulvérisé […] Et le chêne se
vide ». Alors pour échapper à ce qui est détruit, annihilé, il reste
l’écriture, mise en scène par une comparaison, puis par une métaphore qui
traduisent l’une et l’autre l’évidence et l’urgence : « Écrire
comme on respire […] Écrire sans vacances ». L’écriture ne remporte-t-elle
pas une victoire sur la mort ? Que reste-t-il de l’auteur quand il s’en
va ? Mais l’écrit n’a de sens, pour la poétesse, que s’il est relié à ce
qui sublime notre existence : le cosmos tout d’abord via les
« astres », les « étoiles », la « lune » et la
« nuit » qui « jamais » […] « ne se referme ». Puis
la reconnaissance d’une transcendance clairement
nommée : « Devant nous l’Éternel » et d’une immanence : « Dieu
pliage […] dans les zones de l’être ». Dieu en-dehors et en nous confère
toute sa signification à la vie et à l’écrivaine qui parvient, en somme, à
nous dire que sa poésie prend sa source dans ce divin qui parle pour elle, à
sa place, parce que plus fort, plus grandiose, plus merveilleux.
L’écriture de Marie-Line Jacquet épouse
le fond de son message, minimaliste, épurée, vide des scories de ceux qui en
font trop. Le phrasé s’élève, devient aérien et emporte le lecteur si loin
que, lui aussi, pourrait s’oublier pour se fondre dans les images de ce beau
« voyage ». ©Rémi Madar (*)
À commander auprès de : Germain Roesz (Les Lieux Dits éditions),
email : roesz.g@hotmail.com |
Note de lecture de
Rémi Madar
Francopolis – Été 2026
Recherche Dana Shishmanian
Créé le 1er mars
2002