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Neige
d’antan tu chérissais
Troupeau d’étoiles vagabondes
Et l’amour des nuages, des
merveilleux nuages
Et
le soleil noyé dans son sang qui se fige
Ou
Impression, soleil levant
Aurores
boréales de Zao Wu Ki
Turner
pour matins de brumes et rayons
Neige
la nuit, amie perdue
au
clair de lune triste et beau
buée
déjà sur la fenêtre,
trace
d’un repentir
palimpseste
flouté par le temps
sur
filigrane une rose en dentelle
des voix
lointaines tu aimais et des sentiers jusqu’à la mer
pour que
les pas sur le sable s’effacent et que la houle au loin
forme
écume sur une nef
d’autrefois
mais
plus que tout te ravissait
par-delà
l’arc-en-ciel signature
cette
murmuration soudaine
chorégraphiant le ciel
jusqu’à
l’effacement de la blessure du jour
joie
pure de l’instant
dans
l’escarcelle
du
mendiant
qui
rêve
somnolent
adossé au
sourire de pierre.
O
neige dans la nuit comme amie disparue

***

Flaque
pivoines et coquelicots
juin le
pourpre s’en vient
bâton de
pèlerin, sandale de poussière
son pas
franchit l’obstacle des cent feux
se
fraie passage de lumière
défraie par
son audace adolescente
la
chronique mondaine de l’été
il
cherche l’horizon d’azur ou d’orage
s’accroche
aux graminées des talus
supplie
l’ombrage des platanes
le
cliquetis vert de gris de l’olivier
puise à
la source pour sa violente soif
irradie sa
musique exponentielle
nichée
dans tous les arbres et dans tous les buissons
fait son
miel de la rose et des sèves lascives
invite au
chant de la glycine, au velours du lilas
charge
tout d’une aura amoureuse
puis,
ayant bien ravagé les cœurs,
épuisé, il
s’éclipse
dans un
effacement
de
moine à genoux et contrit.
©Dominique Zinenberg
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