ACCUEIL

Pieds des Mots : Archives

 

PIEDS DES MOTS

Où les mots quittent l'abstrait pour s'ancrer dans un lieu, un personnage, une rencontre, un objet de la nature ou de l’art...

Le principe des Pieds des mots est de nous partager l'âme d'un lieu, réel ou imaginaire, où votre cœur est ancré...

 

Automne 2026

 

Dominique Zinenberg :


2 poèmes inédits

 

 

 

 

Neige d’antan tu chérissais

 

             Troupeau d’étoiles vagabondes

 

             Et l’amour des nuages, des merveilleux nuages

 

 

Et le soleil noyé dans son sang qui se fige

 

Ou Impression, soleil levant 

 

Aurores boréales de Zao Wu Ki

 

Turner pour matins de brumes et rayons

 

Neige la nuit, amie perdue

 

au clair de lune triste et beau

 

buée déjà sur la fenêtre,

 

trace d’un repentir

 

palimpseste flouté par le temps

 

sur filigrane une rose en dentelle

 

des voix lointaines tu aimais et des sentiers jusqu’à la mer

 

pour que les pas sur le sable s’effacent et que la houle au loin

 

forme écume sur une nef

d’autrefois

 

mais plus que tout te ravissait

 

par-delà l’arc-en-ciel signature

cette murmuration soudaine

 

chorégraphiant le ciel

 

jusqu’à l’effacement de la blessure du jour

 

joie pure de l’instant

 

dans l’escarcelle

 

du mendiant

 

qui rêve

somnolent

 

adossé au sourire de pierre.

 

 

 

 

O neige dans la nuit comme amie disparue

 

 

 

 

***

 

 

 

Flaque pivoines et coquelicots

 

juin le pourpre s’en vient

 

bâton de pèlerin, sandale de poussière

 

son pas franchit l’obstacle des cent feux

 

se fraie passage de lumière

 

défraie par son audace adolescente

 

la chronique mondaine de l’été

 

il cherche l’horizon d’azur ou d’orage

 

s’accroche aux graminées des talus

 

supplie l’ombrage des platanes

 

le cliquetis vert de gris de l’olivier

 

puise à la source pour sa violente soif

 

irradie sa musique exponentielle

 

nichée dans tous les arbres et dans tous les buissons

 

fait son miel de la rose et des sèves lascives

 

invite au chant de la glycine, au velours du lilas

 

charge tout d’une aura amoureuse

 

puis, ayant bien ravagé les cœurs,

 

épuisé, il s’éclipse

 

dans un effacement

 

de moine à genoux et contrit.

 

 

©Dominique Zinenberg

 

 

 

Dominique Zinenberg 

Francopolis, automne 2026

 

 

Accueil  ~  Comité Francopolis ~ Sites Partenaires  ~  La charte  ~  Contacts

Créé le 1 mars 2002