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Les mondes du dehors
Prendre soin de l’autre, oui,
l’autre, celui du dehors. Lui faire une place dans notre intérieur, une
petite place et lui souhaiter la bienvenue :
- Vous êtes ici chez moi lui
direz-vous, je suis heureux de vous héberger.
- Merci mille fois merci d’accueillir
chez vous quelqu’un du dehors.
- Mais c’est bien naturel
d’accueillir des gens du dehors et de leur faire partager les richesses de
notre monde intérieur.
- Dans notre monde du dehors, il n’y
a pas d’intérieur, c’est du moins ce que nous disent les gens du dedans
« vous, les gens du dehors, vous n’avez pas d’intérieur. »
- Oui, c’est pour cela que je vous
accueille.
- Je vous remercie de votre diligence
et je vous invite à mon tour à découvrir les richesses des mondes du
dehors.
- Des mondes, dites-vous ?
- Oui, des mondes, il y a une
multiplicité de mondes du dehors. Il suffit de sortir de son intérieur pour
le constater.
- Moi qui croyais que les gens du
dehors appartenaient tous au même monde.
- Le monde des gens du dehors ?
- Oui, le monde de là-bas, au-delà
des frontières.
- Le monde des vivants ?
- Oui, le monde des vivants de
là-bas… En barbarie.
***
L’un & l’autre
L’un se prend pour l’autre qui se
prend pour l’un qui se prend pour l’autre et ça continue jusqu’à plus soif.
On se dit qu’à force de se prendre pour l’un qui se prend pour l’autre, il
arrivera que l’un sera l’autre qui sera l’un qui sera l’autre et qu’au bout
du compte, il n’y aura plus d’un, il n’y aura plus d’autre, juste une voix
dans la nuit céleste murmurant « frères de lumière vous êtes ma
chair vous êtes mon sang pour l’éternité de cet instant. »
© François Minod
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