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Elle s’est arrêtée au bord de
la nuit.
Il a suffi de laisser surgir au
fur et à mesure du déclin de la lumière, le beau silence plein où les mots
heurtent les parois du cœur.
Il a suffi de se poser à cet
endroit précis où la pulsation imperceptible du sang avive le souffle.
Lui serait donné peut-être
d’écouter l’ostinato des rêves à venir. Ces rêves-là qui n’échappent pas à
la conscience, tant ils se resserrent précisément à la confluence d’une
conscience aiguë, exigeante, où il s’agit de pénétrer l’espace de la page.
Elle s’est avancée, dans
l’ombre de l’attente, sûre d’appréhender le vide propice à saisir d’un
geste simple, les images offertes, porteuses d’éclats invisibles. Ainsi des
phosphorescences dans les haies touffues où elle se glisserait.
Elle s’est avancée sur le
chemin ouvert de toute la blancheur du sable.
Le rocher s’est dressé qui
ordonne les mondes.
Un homme a tourné son visage
vers elle, avant de disparaître.
Il lui a suffi de croiser son
regard, sans le voir.
Il lui a suffi d’écouter en
elle le martèlement du sang à la gorge et le rythme régulier de sa
respiration.
Elle devinerait dans la nuit la
trace de comètes imaginées.
Sur la page nocturne, elle
poserait quelques cailloux de granit glacé, finement agencés pour ne pas se
perdre.
Au retour.
© Mireille Diaz-Florian
Août 2026
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