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Archives : D'une langue à l'autre

 

Printemps 2026

 

 

Saghi Farahmandpour :

« le matin ne se lève plus »

 

Deux poèmes inédits traduits du persan par l’autrice

 

(*)

 

Une image contenant peinture, Caractère coloré, art, barrière de corail

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect.

  ©Saghi Farahmandpour, Crépuscule du matin

 

 

شَبحِ مرگ

 

شب، تَنِ تَرِ خود را

در نزدیکیِ تنِ پگاه   

تَکانْد و سویِ نارنجگونِ آسمان خزید،

رشتههای نازکِ نور و قطرههای درشتِ آب

درهم شد،

هوا

لحظهای بیدَوام خندید و بازهم

خبری زِ رنگینکمانی نبود، 

مرغِ وحشیِ گُسستهآشیان

زِ جا رَمید  

بَر سرِ کوهِ غریبی بِنِشست و بَسی ناخوش خوانْد،

شبحِ مِیگونِ مرگ              

از کنجِ بَرّاقِ آسمانْ سَرَک کشید!

 

Le spectre de la mort

 

La nuit secoua son corps humide

Près de celui de l'aurore

Et se glissa vers le côté orangé du ciel,

De minces fils de lumière et de grosses gouttes d'eau

S’enchevêtrèrent,

L'air

Rit un instant fugitif et encore une fois

Aucun arc-en-ciel ne parut,

L’oiseau sauvage, séparé de son nid

S’enfuit en bondissant de peur et de terreur

Se jucha sur un étrange sommet et chanta très désagréablement,

Le spectre sanguin de la mort

Lança un regard furtif depuis le coin scintillant du ciel !

 

 

 

Où? Je ne sais pas !

 

Dans le ciel de la ville que je connais

Le soleil

En état d’agitation

Attend chaque jour l'aube

Mais

L’air est saturé de cendre sanglante

Lui-même a perdu haleine et le matin ne se lève plus ;

La noirceur

Chaque nuit, est en grand deuil, déprimée

Se tapit dans les bras de la lune sombre

Près du bol vide de larmes de la nuée

Renversé sur des gémissements et des soupirs pourris,

Elle ne détournant pas le regard

De l’empreinte des gouttelettes séchées du havre ;

Sur la terre de la ville que je connais

Le vieux sol

S’est profondément affaissé sous des entailles à vif

La terre est en cage et

Divague agréablement !

Le rossignol au chant rafraîchissant

S’est posé sans compagnon

Sur la souche brûlée

Au milieu du feu enflammé

Il ne lui reste plus qu'une seule corde dans la gorge

Il ne chante plus,

Dans la maison noire d’épouvante

Il plonge dans sa réflexion :

Ah ! Dans la fontaine toujours fraîche de la vie

Ne tombe que les grêlons de la mort ;

Hélas !

Je ne sais plus rien

De ce ciel nocif et de cette terre innocente saccagée

Qui me sont étrangers…

Où le ciel est-il réellement bleu, inondé de soleil en journée ?

Dans quel pays la lumière est-elle éveillée ?

Où le ciel est-il baigné de lune, de clair de lune durant la nuit ?

 

(*)

 

La poétesse iranienne francophone Saghi Farahmandpour honore de sa plume sensible et poignante cette rubrique de notre revue, depuis le numéro de printemps 2024.

Elle vient de publier, aux Éditions du Cygne, son tout premier recueil de poèmes : Débris du destin, en version bilingue persan / français. Ci-dessous sa présentation sur la 4e de couverture, avec un extrait de poème :

 

Saghi Farahmandpour est née en février 1981 à Téhéran, en Iran. Tout son parcours universitaire a été en langue et littérature française et elle a un doctorat ès lettres françaises.

Elle a fait des recherches au cours de sa maîtrise sur la réalité dans la diégèse. Sa thèse de doctorat porte sur l’interprétation des poèmes d'Alfred De Vigny basée sur l’herméneutique phénoménologique de Heidegger.

Elle écrit de la poésie en persan et en français ; elle fait également de la traduction et de l'interprétation littéraire, et de la peinture.

 

Quelque part dans l'apesanteur entre la vie et la mort

En cherchant le vieux mirage des regrets entrelacés

Je porte sur mes épaules

Jusqu’à la fin du matin

Le pesant fardeau de l’illusion d’un temps de paix.

 

Voir sur cette parution la chronique aussi empathique qu’analytique de Catherine Andrieu, dans la revue en ligne RAL,M du 15 février, ainsi que, dans ce même numéro, la reproduction de ma préface, à la rubrique Lectures-chroniques. Et à cette même rubrique, voir aussi l’essai de Saghi Farahmandpour sur Le discours poétique.

 

 


Saghi Farahmandpour 

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