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LECTURE - CHRONIQUE Revues
papier ou électroniques, critiques, notes de lecture, et coup de cœur de
livres... |
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LECTURES – CHRONIQUES – ESSAIS Printemps 2026 Michel Herland, Haïkus Martinique. K-Éditions, 2018.
Avec les photographies de l’auteur (128 p., 15 €) Par Patrice Perron |
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Dans ce recueil, Michel Herland fait
parler deux de ses fibres d’expression : le poème court, ici le haïku,
et la photographie, sur fond de graphismes communs à chaque duo de
pages – photo à gauche, texte à droite. Le tout au service de la
Martinique, pays qu’il aime et où il vit depuis au moins vingt ans. « Poésie
du rien, ou presque, née dans un Japon adepte d’un art minimaliste », dit-il. Puis d’ajouter, en
extraits de son avant-lire, « d’une
Martinique aux couleurs vives, intime, insolite, secrète et surtout d’hier et
d’aujourd’hui ». La force du haïku est de suggérer,
bien plus que dire, quelque chose que nous portons en nous, que ce soit
triste, joyeux, difficile à vivre, ou une explosion de joie. Et il faut un
certain sens de l’observation pour parvenir à cerner le sujet et le « serrer »
en quelques mots : trois petits vers, au sens noble du terme. Ainsi, voici quelques duos
photos-haïkus. * Cyclos au repos Devant la bibliothèque Emblème d’en-ville * Dépourvue d’épine La rose de porcelaine Mais pas bonne fille * À la queue leu leu Circulation immobile Vive le progrès * Une rue fleurie Les couleurs de l’arc-en-ciel Sous l’œil de la lune * Montagne Pelée Enfin sortie des nuées Belle comme un rêve * Un bien pour un mal Dans le roc déchiqueté Un cœur se dessine * Dernière
lueur Fin
d’une journée de pêche Dans la
paix du soir * Profitez
jeunesse Le temps
de vivre est bien court Demain
la vieillesse * Sait-elle
vraiment Où ils
veulent l’emmener Ces
extraterrestres ? * Au mitan
d’en-ville Dans ses
petites maisons Quels
amours se cachent ? * À la lecture de ces haïkus, nous
pouvons observer que le photographe, puis l’auteur (ils ne sont qu’un !)
ont su saisir des scènes parfois inattendues, comme la vision de
l’embouteillage dans le rétroviseur, embouteillage que l’on ne devine pas a
priori. Mais aussi des scènes coutumières, comme les pêcheurs revenant de
pêche, mais il fallait être là, au bon moment et équipé de l’appareil photo.
Et l’humour bon enfant traverse quelques pages avec bonheur. La mise en forme poétique
n’appartient plus alors qu’au seul poète. Tous les aspects de la Martinique
sont présents ; les êtres humains, l’habitat, la nature, la mer, le ciel
et l’évidente douceur des lieux. Ce qui n’empêche pas Michel Herland d’aborder
des sujets plus sérieux et plus graves dans des articles en revues ou dans
ses autres ouvrages. Cet ouvrage, qui célèbre délicatement
la Martinique est de surcroît un beau livre objet, car la couverture est
solidement cartonnée et le papier choisi à l’intérieur est parfaitement prévu
pour l’impression de photos. Voilà de la belle ouvrage. ©Patrice PERRON (*)
Voir aussi, à notre rubrique Conte-Chanson du numéro d’hiver 2024,
les extraits, dits par Patrice Perron avec Patrick
Le Houédec à la guitare, du poème Le pérégrin de Michel
Herland, auquel j’avais dédié une note
de lecture au numéro de printemps
2024. (D.S.) |
Note de lecture de
Patrice Perron
Francopolis – Printemps 2026
Recherche Dana Shishmanian
Créé le 1er mars
2002