Une traversée de mots au goût de la saison...

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Quelques douceurs

des membres du Comité

 

en ce temps spécial !  

 

2007-2017 Gertrude Millaire 

    

 2017 - GERTY

Je garde précieusement ce gout de Noel au fond de ma poche… et du coup, je trouve, mon pas plus léger, presqu’en apesanteur quand les lutins de nuit passent peindre le paysage tout en blanc pendant mon sommeil. C’est un peu comme si l’éveil surfait sur un air de musique à cordes spéciales, diapason unique, toujours différent des autres années mais dans la même gamme légère… fébrile et toute en douceur. Oui, je sais, je pourrais faire l’effort de partager un récit plus riche, plus sérieux, plus solennel pour cette belle nuit mais quand vient cette magie, je flotte et me laisse encercler par cet air joyeux et ce rire des enfants. Cette fébrilité dans l’air, nous porte, nous transporte et nous donne le gout d’y croire à cette fête, et une fois de plus, on se laisse prendre par cette nuit illuminée et ce rassemblement, ces rencontres nocturnes au pied du sapin… et ce rire des enfants, traces profondes dans le sillon de la vie et veille à la survie de cette mélodie du bonheur.

 

 2016 - GERTY

Je regarde par la fenêtre tout ce blanc posé sur les branches et j’entends comme des grelots de rire se poser sur le dôme de ma planète.
 
Le temps s’étire pour mieux habiter et parfumer ce coin d’univers de p’tits bonheurs au quotidien. De nouvelles odeurs et une chimie étrange venue d’ailleurs, circulent entre les passants. Ces inconnus d’hier, s’échangent des sourires en pleine rue
.


Pris par une étrange ivresse, les enfants à l’œil pétillant et plein d’étoiles sèment leurs éclats de rire, juste pour le plaisir de déjouer le pas pressé des grands. Oui, ils ont dans leurs yeux, toute la lumière du monde et cette légèreté flotte au-dessus de la ville vêtue de sa longue robe blanche.

Cette nuit, le bonheur est palpable… la planète tourne plus rondement comme au ralenti et laisse derrière elle, une lueur si parfumée qu’elle nous donne l’envie d’y croire… et pourquoi pas !

 

 2014 - Gerty

Les Noël se suivent... et l'arbre se dépouille lentement
Fragiles ces boules de Noël qui décorent nos vies !

Une fenêtre ouverte, un courant d'air et notre boule glisse doucement
ne reste que des miettes colorées de souvenirs.

Invisibles ces boules laissent dans l'arbre une lueur comme une absence
présente... un reflet de moments précieux que le temps ne peut ternir.



  2012 - Gerty

En Souvenir de ces Voyageurs Inter-Planétaires


 
- Conte d'un ami  - Noël 73 - Daniel Brazeau

Où est-ce qu’ rendu donc le Père Noël, celui qui avait des cadeau  plein les cheveux, le bonhomme tout rouge qui portait une chaussette bleue, pis l’autre jaune ?

Vous auriez pas vu le bonhomme Noël, le monsieur qui a une barbe blanche, tsé le monsieur qui déboule dans la cheminée, le papa de tous les enfants du monde, mon papa à moi.

Vous l’auriez pas vu ?
Où est-ce qu’ rendu donc! C’est qu’ minuit dix, pis je l’ai pas vu encore . J’sais pas c ‘qui fait !

- Papa Noël vient voir la petite fille, t’aurais oublié que c’est le 25 décembre aujourd’hui ?
- Père Noël, c’est Noël, m’entends-tu ? C’est le 25 décembre aujourd’hui, viens t’en, dépêche-toi, et il est déjà minuit et quart.

Mon papa Noël a des étoiles dans les yeux, tout plein d’étoiles de toutes les couleurs. Il a de grosses joues rouge, rouge; quand il rit fort, je peux voir le soleil au fond de sa bouche. C’est drôle mon papa Noël arrive en retard chaque année.

- Père Noël , je sais que tu m’entends, viens voir la petite fille.
- Père Noël minuit vingt. Tu vas-tu venir ?
- Viens t’en Père Noël, viens t’en tout de suite.
- Père Noël, tu ferais mieux de t’en venir, t’en venir… t’en viens-tu là ?
- T’en viens-tu mon petit papa Noël ?
Où est-ce qu’ rendu donc le père Noël ?

À l’aube du 25 décembre 1917, sœur marie des Anges entra dans l’immense dortoir trop blanc, porter à Katherine son éternelle poupée de chiffon. Comme par les années passées, sœur Marie des Anges s’était sacrifiée à la tâche.

À l’aube du 25 décembre 1917, dans le couvent de Ste-Etienne , sœur Anasthasia a oublié de sonner les cloches.

À l’aube du 25 décembre 1917 , on a découvert Katherine, la tête prise dans les barreaux de son lit, barreaux aussi impitoyables que le papa Noël.

Noël 1917, 7:00 heures, les religieuses ont entonné
l’Adeste Fideles.



- Conte  d'une amie - Clochelune

La Petite Fille et la Poésie (écrit en 1994)

Il était une fois, dans un je ne sais où, une petite fille. Cette petite fille voulait découvrir la Poésie, ce je ne sais quoi qui embellit la vie. Car tout était triste autour d’elle. Un voile d’ombres et de brumes l’entourait, un rideau de pluie et de larmes mêlés. Cette petite fille sans nom, ce je ne sais qui, avait dans le cœur une chanson, une mélodie qui l’accompagnait et la rendait plus gaie. Elle aurait voulu que tout fût gai autour d’elle, cela la rendait toute triste de voir un univers sans couleur, des ombres de vie. C’est pour ça qu’elle se disait : «je dois découvrir la Poésie, elle rendra l’univers plus beau, aussi beau que la chanson que j’ai dans le cœur.»

Elle errait dans un mystérieux manoir, happée par une sombre rêverie. Elle voulait partir au plus vite à la quête de ce trésor. Sa petite chanson si jolie l’aidait à vaincre la peur qui rôdait autour d’elle, cette monstrueuse bête qui voulait la retenir, déchirer ses ailes pour l’empêcher de voler. Car cette petite fille avait des ailes, des ailes invisibles mais la peur est un être maléfique qui voyait tout. La peur savait qui était cette petite fille et ce qu’elle recherchait, et à tout prix, elle devait la retenir. Mais elle ne pouvait rien contre la chanson qui émanait de la petite fille, cette chanson était magique et envoûtait la peur. Charmée, elle se dissipa et la petite fille put continuer son chemin, s’envola et transperça le manoir qui disparut à son tour, comme s’il n’avait jamais existé. A sa place une étoile était née. La petit fille la vit et la trouva si belle qu’elle l’embarqua sous ses ailes. Elle avait maintenant sa chanson et son étoile, une musique et une couleur qui éclairaient son parcours.


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  2011 - Gerty

Dis, le Père Noël, un mythe ou une réalité ?

Surtout, surtout ne dis rien. Je ne veux pas connaître ta vérité. Ton vrai est parfois si loin de la vie. Et puis ne suffit-il pas d’y croire pour que les gens, les choses, les sentiments  existent ?  Les journaux nous parlent de guerres, de scandales, de misères, d’injustices et quoi encore ! De quoi perdre le goût d’y vivre dans ce monde. Et pourtant, le revers existe.  La générosité, l’entraide, les rencontres, l’amour répand son parfum et nous dessinent un arc-en-ciel. Il suffit juste de choisir la bonne paire de lunettes.  Rien n’est parfait mais tout se joue au quotidien.

Le père Noël existe parce que j'y crois et je peux lui écrire, l’attendre et même recevoir ses cadeaux.  Oui, un temps d’arrêt, un temps où le rêve devient réalité, un temps de festivités où on enterre nos haches de guerre, où l’essentiel est le plaisir: en donner, en recevoir, sentir pour un moment l’euphorie des festivités.  Un moment où on retrouve son innocence, où tous les possibles arrivent, un temps où on se réconcilie avec l’enfant qui sommeille en nous.  Tout est à la joie : les lumières scintillent, la musique danse dans les rues… même les flocons de neige deviennent magie.  On se sent léger, généreux, disponible. On se refait une beauté intérieure, extérieure juste pour le plaisir d’y croire. Le plaisir d’aller à la rencontre du moi et de l’autre.

 

Mon père Noël, c’est ces rencontres, ces échanges, ces éclats de rire, ces câlins, ces vœux échangés dans toutes les langues et à travers tous les réseaux d’échanges des temps modernes. 

Mon père Noël, un poste d’essence où je refais le plein pour poursuivre ma route avec ces 365 kilomètres pour m’éviter de tomber en panne... de générosité. Une station d’air pour gonfler ma voile et traverser les tempêtes au-dessus des nuages. Une mise au point qui me fera démarrer même les jours de grands froids.

Mon père Noël, c’est toi, c’est moi, c’est nous.  Et j’y crois.

***




  2010 - Gerty


Suffit d'y croire

Une à une s’allument les étoiles

Il a à peine cligné de l’œil  et la maison est pleine.

Son sourire miroite dans ma coupe,
le champagne illumine son regard

Lente, la nuit prend possession des alentours

Et ce silence opaque donne à mieux voir,
sentir la fragilité des échanges qui voyagent par la rétine.

La terre tourne et tout bouge

Les pays se touchent en cette nuit par le blanc d’un silence

Entre les heures, un espace se crée et l’horloge sonne son minuit.

Une colonne de feu effleure le papier-peint de souvenirs,
de sentiments, d’attente, de questionnements

mais la magie opère, il en oublie l’existence des raz de marée, des tremblements.

Cette nuit, les volcans dorment.

Il se laisse porter par la musique des rencontres,
par le rythme du bonheur

Loin de son métronome le cœur bat à sa guise

Il a couché sa peine au pied de l’arbre.

 

****




  2009 - Gerty

Blanc tout est blanc, trop blanc
même la nuit n’arrive pas à s’endormir, elle tient la main des petits, tout fébriles dans l’attente des douze coups de minuit.
Il neige des flocons si lumineux dans les yeux des enfants qu’ils font ombrage à l’arbre qui trône dans son coin recouvert de son accoutrement de fêtes : beaux glaçons, boules colorées et parures scintillantes.

Rien à faire, tous les regards surveillent la porte. Oui la porte. Ah !  Vous ne saviez pas. Mais non le truc de la cheminée c’est aux oubliettes. La porte, je vous dis. Il  va entrer par la porte tout de rouge vêtu avec son sac à surprises. Que dis-je ? Pas de surprise, tous les enfants ont écrit au Père Noël! Ils ont tous passé leur commande. Ils attendent la livraison.

 

Moi, pour Noël, je veux une wi i et des jeux et aussi un téléphone cellulaire pour parler à mes amis et aussi l’auto téléguidée et aussi... mais son frère intervient : il faut que tu en laisses pour les autres. Il y a beaucoup d’enfants sur notre planète.

 

Ah! oui, s’exclame le plus jeune, tu crois que le Père Noël ne pourra pas m’apporter un papa ? Il faudra que je le laisse pour les autres ?  Non, je ne te crois pas, c’est la seule chose que j’ai demandé dans ma lettre et les autres, ils en ont un papa.

 

Le cousin, venu de loin pour la fête s’avance : moi je voulais un fusil mais ma mère m’a dit que les lutins ne faisaient pas ce genre de truc, alors j’ai dit au Père Noël, si tes lutins ne veulent pas construire des armes, tu as juste à arrêter la guerre.

 

Sa soeur intervient : tu as bien fait, moi j’ai demandé au Père Noël de remplir son traîneau de nourriture pour tous les enfants de la terre. Et de m’apporter juste quelques bonbons parce que de la nourriture, j’en ai plein mais des bonbons, pas du tout, ma mère dit que ce n’est pas bon, les bonbons pour mes dents.

 

Le temps...
le temps glisse au ralenti comme si ses aiguilles étaient coincées dans l’engrenage.

 

Temps de rencontre et de festivités.
Temps des retrouvailles où les enfants nourrissent les grands de leur innocence.

 

Aux douze coups de minuit, il arrive avec sa poche... des cris fusent de partout, des éclats de rires font chanceler l’étoile au faîte du sapin mais personne n’y porte attention, petits et grands déballent leurs étrennes pendant que la tourtière brûle au four.

Ils ne sont pas dupes les petits, ils jouent le jeu, ils ont bien reconnu l’oncle Jacques déguisé en Père Noël mais qu’importe l’an prochain, ils seront tous là, à attendre encore cet instant magique.

 

 

 

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 2007 - Gerty

MAGIE BLANCHE

 

devant l’insistance du gel
la rivière a tiré sa couverture
s’est endormie l’âme transparente
le visage en repos
des souvenirs d’eau plein son ventre

elle ouvrit ses bras
il y avait dans ses manches
des odeurs de sapins clignotants
et dans les yeux pétillants des enfants
une magie blanche où tous les possibles
tintent aux branches enneigées

 

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Créé le 1 mars 2002

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