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Sur
le rivage qui n'existe pas…
Quand
le soleil las du jour
Recouvre
son doux visage
Du
voile noir de la nuit
Lorsque
dardent les rayons des grands yeux de la lune,
Je marche aux flancs du
ciel
À la recherche du rien
Sur le rivage qui
n'existe pas,
La blancheur des vagues
courtes écumeuses
Se
mêle
Au
léger frissonnement de mes mains froides, cela ne fait qu'un,
Les
vagues hautes sèment le chaos
Effrayées
Elles
attirent mon corps blessé vers l'intérieur d'elles-mêmes, l'engloutissent
Et
le broient peu à peu,
Des gouttes de sang
chaud
Séparées de moi
Ruissellent
Sur les grains de sable
doré
Elles
dansent dans des bulles claires éphémères
Et
il n’y a rien d’autre que mes blessures béantes toujours présentes
Qui
craignent désormais
D’attraper
mes mains froides ;
…
Je marche aux flancs du
ciel
Les yeux fermés en éveil
À la recherche du rien
Sur le rivage qui
n'existe pas,
Du bout des doigts
Je touche délicatement
Les sables boulants ensanglantés
J’attends
comme d’habitude
Je
patiente
Jusqu’à
la fin sans borne...
Et
dans cette agonie sans réconfort
J’ai
vu que la nuit
Soudain
s’était rompue en silence
Une
goutte de lune
Sous
l’éclairage du clair de lune qui n'existe pas
Se
posa sur ma joue solitaire.
Peut-être…
Peut-être
Que nous pouvons fermer les
paupières vacillantes, enflammées de désir
Au milieu des hautes flammes
brutales de la guerre et de l’anxiété
Peut-être
Qu’il existe des instants très courts
et fugaces pour reprendre souffle ;
…
Entre les minutes qui frissonnent
d’horreur et du bruit des explosions rugissantes perpétuelles
Chaque fois qu’un oiseau se met à
chanter avec joie
Sur les branches nues de
l’imagination
Peut-être
Qu’un demi-sourire affaibli et
abattu
Apparaîtrait
aux coins de mes lèvres blessées !
Utopie
Sur le tableau
pendu au mur
La première
pluie de mars
Dégouttait
De mes cheveux
longs
Sur les morceaux brisés des rituels aveugles
L’éclair et le tonnerre entre deux nuées
S’accrochaient
Au coin du mince
croissant de lune
Le ciel semblait bleu
Les vagues presque
tumultueuses
Battaient contre les
poitrines des piliers de pierre de la mer
Le soleil semblait
brillant
C'était comme si
quelqu'un
Appelait quelqu'un
d'autre
Par derrière mes cheveux
mouillés
Ou emportait avec ses
mains blessées
Les éclats de verre transparents et lumineux
Vers l’utopie…
©Saghi Farahmandpour
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