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Ce qu'on y voit, ce que cela nous
inspire, aux quatre coins du monde francophone. |
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Été 2026 Arwa Ben Dhia Première partie (I) : « Comme une colombe
blanche dans l’azur » : Poèmes extraits de : Les
quatre et une saisons (2024). * Poèmes extraits de : Un
miracle me sourit dans tes yeux (2026). * *** La seconde partie (II) : Présentation de l’anthologie Nos muses, les murs (2025). |
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Les quatre et
une saisons.
Florear
Dès l’aube, à l’heure où blanchit la
campagne, La terre s'éveille et la vie s'émerveille. Les fleurs s'épanouissent dans les prés et
montagnes, Comme des danseuses de flamenco, elles
éclosent, Avec grâce et délicatesse, tour à tour. Chaque pétale est un floreo,
un geste d'amour, Une arabesque, une caresse, un atour. Elles dansent avec le vent, au rythme du
soleil, Leur beauté éphémère est une merveille. Les couleurs vives et les parfums enivrants Des bailaoras et
leurs claquements Sont un hommage à la vie, un chant vibrant. Dans le ballet de la nature, tout est
harmonie, Chaque fleur, chaque mouvement, est une
poésie. Fleurir, c'est la vie qui naît, grandit et
s'épanouit. Le
lit défait
Nos draps en désordre Après l’amour Sont une œuvre d’art Peinte par le Bonheur. Les plis enchevêtrés Comme les flots d’un ruisseau, Racontent les histoires De nos caresses et tendres mots. Chaque pli, chaque courbe Garde l’empreinte de nos étreintes Et les murmures des confidences Chuchotées à l'oreille de la nuit. Les couleurs de l’aube Viennent sublimer notre tableau, Y ajoutant une touche de rosée, Symbole de notre touchante complicité. Nos draps en désordre, Témoins silencieux de nos émois, Resteront pour toujours La toile vibrante de notre amour. Natura
Le soleil a dessiné des tableaux Et creusé des sillons sur sa peau. Ses rides, témoins de sa sagesse, L’honorent et la resplendissent. Son âme les aime et les réclame. Elle a mis tant d’années à les gagner. Elle n’est pas prête à s’en dépouiller. Tant d’années à faire éclore des fleurs Dans ses yeux, Dans ses mains, Dans son cœur. C’est son jardin d’intérieur, La fontaine de jouvence de son être. Le temps apprend à celui qui l’entend Que la beauté est dans la nature, Dans l’imperfection. Éclipse
du cœur
Il peut sourdre De la commissure De tes paupières Une goutte diaphane Saline, arcane, Reflétant la diane Née dans la nuit De ton âme… Relents d’amertume. Prémices de ta tristesse… Quelles en sont les prémisses ? Est-ce la séparation de tes racines ? Ou la profusion de ta frondaison Qui commence à te peser ? Ou est-ce ton cœur, si tendre et clément Qu’il béatifierait toute défunte dame Et sanctifierait toute fleur de macadam ? Peu importe la raison de ton éclipse, Les étoiles naissent des larmes célestes, Et de tes pleurs, des lumières manifestes. Ainsi, laisse couler cette goutte d’âme, Elle nourrira les rêves de demain, Ouvrant des chemins nouveaux, sans drame, Vers des horizons clairs et sereins. |
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Un miracle me
sourit dans tes yeux.
Éditions Les Poètes Français et éditions
Sénégal Njaay, 2026 Première
tache
Blanc, Immaculé, Comme un pétale Fragile De lisianthus, Ton cœur Tremble Devant le brasier Coquelicot. Dociles, Ses flammes te frôlent, Épargnent ta pureté, N’osent encore te brûler. Il faudra tant de délicatesse Au coquelicot Pour déposer sa première tache Sur ce cœur puceau. L’instant
souverain
Quand, dans l’éclair d’un rire, Tu m’arraches au poids des heures, Les larmes embuent mes yeux. Quand, au solstice de l’hiver, J’implore l’arrêt de la clepsydre Pour cueillir à tes lèvres le bonheur D’un soleil clandestin — Quand, par une pirouette légère, Je gravite au cercle de ton bras, Insouciante de la foule, Tandis que Paris se dissout Sous sa bruine d’argent — Alors, je cesse d’appartenir au monde. C’est le monde qui
m’appartient. L’Élu
Si tu désires être
élevé, Par des psaumes être
chanté, Touche l’âme d’un
poète. Mais si, sans
orgueil ni prière, Sans aspirer à la
gloire, Tu reçois son cœur
offert, Alors la grâce t’a
précédé : Ton nom est magnifié
au ciel, Et Dieu t’a reconnu. Terre
de Sienne brûlée
Les mots bleus Que susurrent tes
yeux Se mêlent À mes caresses
orange Volées aux ailes des
anges Pour teinter Mes premiers cheveux
blancs De ce premier grand
amour À mes trente-neuf
ans. |
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10 poèmes inédits
Trop
À
trop me désirer, Tu as fini par me
dévorer. À
trop m’aimer, Tu as fini par
m’étouffer. À trop me protéger, Tu as fini par me
blesser. Trop ce n'est jamais
Juste ce qu’il faut. L’excès d’amour peut
l’occire. Laisse-moi vivre Comme il me plaît, Comme me guide ma
liberté. Ne sois pas l'ombre
qui flétrit mon jardin, Mais le soleil qui
sillonne mon destin. Ces mots se
perdront-ils dans l’oubli Comme mes larmes
dans la pluie ? Jamais les mots ne
pardonnent l’amnésie. Je n’ai besoin
d’aucun homme, Juré, marqué, promis
: Je suis la femme de
ma vie. Volcan à deux sommets
Je suis un volcan. Je ne m’excuse pas. J’ai deux sommets — L’un caldeira, L’autre cratère. Oui, différents. Oui, visibles. Et alors ? Ce n’est pas une
faute, C’est une faille
fière, Une ligne de feu Que je porte haut. Range ta règle, Tes mesures, Tes regards qui
dissèquent. Mon corps n’est pas Un problème à
résoudre. Au diable vauvert ta
pruderie, Tes murmures en
coulisse, Tes « il faudrait », Tes « ce n’est pas
conforme ». Honni soit qui mal y
pense — Je ne plierai pas Sous vos normes
étroites. Je suis lave et
secousse. Je suis terre qui
gronde. Je suis libre De choisir mon corps
— Et de l’aimer Tel qu’il se dresse. Errances numériques
Du coton maculé
suspendu au ciel. Il pleuvote des
pleurotes, goût d’enfance dans
l’air. Fibonacci lové dans
un escargot, spirale intime,
lente équation. La nature adore le
nombre d’or. Les capitules du
tournesol divinement ordonnés, prière silencieuse
des proportions. Et si l’on faisait
fi de Phi ? Tomberait-on dans la
laideur ? Fatigant ce cortège
infini de chiffres précis à la suite d’une
virgule ingénue ! Mais quand on aime, on ne compte jamais… Après ma mort
Accompagnerai-je mon
corps à sa sépulture ? Voir mes proches me
pleurer me fendrait le cœur. Ne provoquez pas mes
larmes invisibles ! Même les défunts
sont sensibles. Lisez un poème
d’espoir sur ma tombe, Gravez une belle
citation en épitaphe. Je veux être
enterrée près de la mer. Femme libre,
toujours je chérissais la mer. Femme morte, j’irai
toujours hanter ses rivages. Mare nostrum
Bleue, infinie, la couleur de notre amour s'étire entre ciel
et mer. Bleue, comme une promesse, notre saison s'endort dans le souffle
tiède des embruns. Orange ou cobalt, nos rêves voguent, légers, portés par l’écume
du silence. Bordeaux ou indigo, nos baisers
s’envolent, débridés, transportés par les
goélands. Vert ou saphir, nos corps tanguent, déchaînés, comme un bateau
ivre. Les vagues battent au rythme lent de
ton sexe et chaque reflux susurre une caresse… Comme c’est bleu d’entendre la mer chanter ta langue à voix basse ! Nosso lar
Passagers d’un train sans conducteur, Sans cap ni retour, Nous observons la tragédie défiler, Toi et moi. Chaque soir Tu apprends à m’aimer Pour le désapprendre au matin, Puis le réapprendre au soir. Tu marches sur des tessons En apprivoisant la douleur. Quelques charognards ramassent Tes lambeaux de chair — Tu t’en moques, Il y a plus urgent à faire. Fuir ce calvaire et chercher la mer, Qu’elle soit rouge, bleue ou noire. Tu sautes dans le vide — je te suis. Je ne sais plus où — je suis. Je ramerai à contre-courant, J’arracherai l’émail des grains de
sable Je croquerai les perséides à pleines
dents. « Où est notre demeure ? » Dans l’écorce d’un arbre, Entre les pages d’un livre, Dans le sanctuaire
de la mer. Sens de la vie
Au fil des ans, Mes certitudes
fondent Comme neige — Sous un soleil
coruscant. Tout s’entremêle, Clarté et obscurité. Peut-être le sens de
la vie Est-il de détricoter Ce qu’on nous a
appris ? L’Arlésienne
Pas le temps de me
pleurer, Ni même de
m’inhumer. Je ne veux ni
larmes, Ni funérailles, Mais ton cri qui
déchire l’air, Ton refus qui fend
le silence. Je veux que tu
redonnes à mes enfants Le goût clair des
aliments partagés, L’espérance d’une
école ouverte comme l’aube, La chaleur d’un
foyer où la tendresse crépite, La pureté d’un matin Où l’air n’est que
rosée, Et non fumée,
cendres et ténèbres. Cherche-la pour moi, Cette Arlésienne
insaisissable, Cette silhouette qui
toujours s’échappe. Redessine son
visage, S’il le faut, Implore-la comme une
amante, Chante-la comme une
prière, Inscris-la dans tes
mots Comme une promesse
ancienne. Et si elle n’est
qu’une chimère, Alors je t’en
conjure : Ose la créer ! Imagine-la, Invente-la de toutes
pièces, Donne-lui chair,
souffle et lumière ! Fais-la surgir Comme une déesse
d’avenir — Qu’elle s’élève enfin Comme une colombe
blanche dans l’azur : La Paix. Requiem
Que restera-t-il de
nous Après le dernier
chant du colibri, La dernière valse
des moineaux ? Que restera-t-il de
nous Quand notre bêtise Éteindra les
rivières, Tarira tous les
volcans, Maculera le camaïeu
des mers ? Que restera-t-il de
nous Quand l’harmattan Se mêlera au
sirocco, Quand les abeilles Vomiront les
coquelicots ? Que restera-t-il de
nous Quand notre
convoitise Noiera les requins Brûlera les
canopées, Égorgera les sapins
? Que restera-t-il de
nous Quand notre sottise Percera les
baluchons des gitans, Taira les ballades
des troubadours ? Qui pleurera pour
nous – Les vestiges de
notre humanité ? Strange birds
Je vois d’étranges corbeaux Perchés sur les platanes Jalonnant ma rue. Corps sans os, Peaux sans chair, Gonflés d’un souffle qui n’est pas le
leur. Ils frémissent au vent gris du matin, Battent des ailes transparentes Dans un ciel sans mémoire. Étrange récolte suspendue Aux branches fatiguées — Fruits pâles d’une saison sans soleil. Ils bruissent comme des fantômes, Murmurent contre l’écorce, S’accrochent aux réverbères Comme des âmes en peine. Ni plumes, ni chant, Seulement le froissement sec D’une nature étouffée. Sous leurs carcasses noires La terre ne respire plus, Et les racines boivent Un goût de pétrole ancien. Étranges oiseaux, Nés des mains pressées des hommes, Qui ne savent plus Ce qu’ils sèment au vent — Quelle heure est-il déjà en
enfer ? ©Arwa Ben Dhia |
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(*)Au Salon organisé par l'Association Apulivre
et l'Association Maison Amazigh à Saint-Denis le 24 janvier 2026, pour la
Journée Mondiale de la Culture africaine et afrodescendante Arwa BEN DHIA est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009
pour poursuivre ses études d’ingénieure à Télécom Paris. Elle est docteure en
électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, lauréate de plusieurs
prix littéraires, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de
poésies. Elle est membre de nombreuses associations culturelles dont la
Société des Gens de Lettres. Elle a dirigé l’anthologie poétique Nos muses
les murs, publiée en octobre 2025 aux éditions Mindset,
sous l’égide de l’association Apulivre. En 2025,
Arwa a été honorée par la distinction d’Ambassadrice de la Paix attribuée par
le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (CUAP) et a reçu le Prix de
la Francophonie par la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie
(SAPF). En 2026, Arwa est membre invité du jury de sélection pour le
prix Dina Sahyouni décerné par la SIÉFÉGP et vice-présidente pour la région
du monde arabe au sein du mouvement mondial Poetas
del mundo. Publications
Outre
les différents articles scientifiques publiés dans des conférences et revues
internationales durant sa thèse de doctorat, Arwa Ben Dhia a publié : – Un livre scientifique :
Designing a Robust Mesh of Clusters FPGA: Hardening basic blocks,
éditions LAMBERT 2015. Des
recueils de poésies : –
Un miracle me sourit dans tes yeux, éditions Les Poètes Français et
éditions Sénégal Njaay 2026 –
Les
quatre et une saisons, éditions du Cygne et éditions Arabesques
2024 (Prix d’Honneur 2024 de la Société des Poètes Français et Prix Dina Sahyouni 2025 attribué par la SIÉFÉGP) –
Silence Orange, éditions Mindset 2023 (Prix
international poétique et artistique 2024 de la revue poéféministe
Orientales attribué par la SIÉFÉGP) –
Parfum d’amour, éditions Tsémah 2015 –
Voyage de senteurs, éditions Tsémah 2015 –
L’amour aux temps du web, éditions Tsémah
2014 Elle
a participé à des anthologies / ouvrages collectifs : –
Chants de terres indociles, anthologie de la poésie africaine et
afrodescendante, éditions Senegal Njaay 2026
(préfacière) –
Le jour où elles se sont choisies, ouvrage collectif féminin, éditions
Mindset 2026 –
Nos muses, les murs, éditions Mindset 2025
(directrice et auteure) –
Meilleurs poèmes du Prix International Arthur Rimbaud Concours 2025,
éditions du Noisetier –
Les poètes ne meurent pas en exil, éditions Constellations 2025
(auteure et préfacière) –
Beyond Life is Poetry, éditions Les Amazones
2025 –
Îles mystérieuses, éditions Les Embruns 2025 –
Poésie : luttes et combats,
éditions Milot 2024 Traductions : –
Bain
de vin sous l’olivier de Amar Benhamouche, recueil de poésies publié
aux éditions du Cygne 2026 et traduit de l’arabe vers le français. –
Peau de Manon Godet, recueil de nouvelles poétiques initialement
publié en français aux éditions
du Cygne, 2022. Traduction vers l’arabe publiée aux éditions Arabesques
2025.
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Créé le 1er mars 2002