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Archives : Vues de Francophonie

Printemps 2026

 

 

Adieu à Vénus Khoury-Ghata.

 

Hommage par

Salah Al Hamdani

et

Isabelle Lagny

 

(*)

 

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Adieu mon amie

Adieu mon amie, Venus Khoury Ghata. Adieu à ta voix, à ton âme qui chantait l’infini, l’éphémère, et le lien sacré entre les hommes.

En ce 29 janvier 2026, le temps s’est suspendu, emportant avec lui une voix essentielle de la poésie contemporaine : Venus Khoury Ghata.

Écrivaine et poétesse libanaise établie en France, elle fut l’alchimiste des mots, tissant des ponts subtils entre deux langues, deux cultures, deux mondes. Elle porta l’âme profonde de la poésie arabe jusque dans la langue française, faisant vibrer des échos universels.

Venus n’était pas seulement une passeuse de textes et des mots mais une magicienne du verbe, une chercheuse infatigable de la vérité cachée dans le silence entre les mots et la parole. Sa poésie, à la fois lumineuse et mystérieuse, explorait les méandres de l’existence, les fissures du temps et les mystères de l’être.

Dans son œuvre résonne une sagesse ancienne, celle qui enseigne que la mort n’est qu’un voile, une porte ouverte vers un jardin secret où l’âme se fond dans l’infini. « Celui qui contemple le silence découvre la musique secrète de l’univers », semblait murmurer chaque vers.

Son départ laisse un vide insondable, mais ses vers demeurent, tel un phare dans la nuit, guidant les âmes en quête de sens. La poésie, disait-elle, est la respiration éternelle de l’humanité — et Venus Khoury Ghata continuera de vivre, vibrante, à travers chaque mot, chaque silence, chaque battement du cœur poétique.

Adieu, ma douce amie, toi dont la voix n’a jamais cessé de tisser les mélodies de l’éternel, chantant les instants fugaces et le souffle sacré qui unit les âmes humaines dans un même lien.

Ta voix demeure un pont suspendu entre le temps qui s’évanouit et l’infini qui se dévoile, un murmure gravé dans le tumulte de l’existence.

En ton départ, mon âme plonge plus profondément dans ton univers, dans la musique intemporelle du lien qui nous unit, s’opposant à l’effacement, à l’oubli et au silence.

 

©Salah Al Hamdani

29 janvier 2026

 

 

Je me souviens…

Venus KHOURY GHATA est morte aujourd'hui le 29 janvier 2026.

Écrivaine et poète libanaise vivant en France, elle était aussi longtemps la traductrice d'arabe en français du poète Adonis. Elle est restée jusqu'à aujourd'hui, une figure importante de la poésie en France.

Je me souviens d'une lecture à haute voix très marquante qu'elle avait faite au festival de poésie Voix vives à Sète de son livre de poésie ORTIES paru en 2010 chez notre éditeur Alain Gorius (Al Manar). Ses récits et romans étaient publiés aux éditions Mercure de France. D'autres bons souvenirs à deux reprises chez elle Avenue Gabriel à Paris parce qu'elle était admirative de la poésie de mon bien aimé Salah Al Hamdani et écoutait en boucle disait-elle dans sa vieille voiture son CD "Oublier Bagdad". Alors on était venu lui offrir La sève et les mots, poèmes de Salah et calligraphies de Ghani Alani et on buvait un thé avec elle, dans son vaste appartement où elle cultivait sa solitude et les volutes de son imaginaire.

©Isabelle Lagny

29 janvier 2026

 

 

(*)

 

Nous remercions les deux auteurs de nous avoir autorisés à reproduire ces beaux textes d’hommage à l’écrivaine disparue, à partir de leurs pages Facebook respectives.

Nous avons accueilli et présenté le poète Salah Al Hamdani à cette même rubrique au précédent numéro, avec deux poèmes inédits.

 

***

 

Pour compléter l’hommage à Venus Khoury Ghata, voici quelques références glanées sur la toile :

Sa page d’autrice chez Gallimard

Sa page dédiée, avec quelques poèmes, sur le site de poésie arabe JEHAT AL SHI'IR

La rétrospective littéraire que lui dédie le site L’orient le jour

Un entretien avec elle à France Inter en 2016, à écouter sur youtube, dont nous citons cette confession :

« La poésie, j’en ai besoin pour vivre, il suffit d’écrire une page, quelques lignes, pour que de l’eau fraîche circule sous la peau de ma poitrine. » « Je ne peux pas vous dire ce qu’est la poésie, c’est un mystère, la poésie ! La poésie peut venir, vous donner un coup de poing dans le cœur, elle vous dicte 100 poèmes, puis elle s’en va pendant des années, elle ne réapparaît plus. Vous vous dites : Tiens, je ne suis plus poète, il faut que je me console avec le roman ! Et puis un jour elle revient. »

 

 (D.S.)

 

 

Salah Al Hamdani - Isabelle Lagny

Francopolis, Printemps 2026

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