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Adieu mon amie
Adieu mon
amie, Venus Khoury Ghata. Adieu à ta voix, à ton âme qui chantait
l’infini, l’éphémère, et le lien sacré entre les hommes.
En ce 29
janvier 2026, le temps s’est suspendu, emportant avec lui une voix
essentielle de la poésie contemporaine : Venus
Khoury Ghata.
Écrivaine et
poétesse libanaise établie en France, elle fut l’alchimiste des mots,
tissant des ponts subtils entre deux langues, deux cultures, deux mondes.
Elle porta l’âme profonde de la poésie arabe jusque dans la langue
française, faisant vibrer des échos universels.
Venus
n’était pas seulement une passeuse de textes et des mots mais une
magicienne du verbe, une chercheuse infatigable de la vérité cachée dans
le silence entre les mots et la parole. Sa poésie, à la fois lumineuse et
mystérieuse, explorait les méandres de l’existence, les fissures du temps
et les mystères de l’être.
Dans son
œuvre résonne une sagesse ancienne, celle qui enseigne que la mort n’est
qu’un voile, une porte ouverte vers un jardin secret où l’âme se fond
dans l’infini. « Celui qui contemple le silence découvre la musique
secrète de l’univers », semblait murmurer chaque vers.
Son départ
laisse un vide insondable, mais ses vers demeurent, tel un phare dans la
nuit, guidant les âmes en quête de sens. La poésie, disait-elle, est la
respiration éternelle de l’humanité — et Venus
Khoury Ghata continuera de vivre, vibrante, à travers chaque mot, chaque
silence, chaque battement du cœur poétique.
Adieu, ma
douce amie, toi dont la voix n’a jamais cessé de tisser les mélodies de
l’éternel, chantant les instants fugaces et le souffle sacré qui unit les
âmes humaines dans un même lien.
Ta voix
demeure un pont suspendu entre le temps qui s’évanouit et l’infini qui se
dévoile, un murmure gravé dans le tumulte de l’existence.
En ton
départ, mon âme plonge plus profondément dans ton univers, dans la
musique intemporelle du lien qui nous unit, s’opposant à l’effacement, à
l’oubli et au silence.
©Salah Al Hamdani
29
janvier 2026
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Je me souviens…
Venus KHOURY GHATA est morte aujourd'hui
le 29 janvier 2026.
Écrivaine et poète libanaise vivant en France, elle était aussi
longtemps la traductrice d'arabe en français du poète Adonis. Elle est
restée jusqu'à aujourd'hui, une figure importante de la poésie en France.
Je me souviens d'une lecture à haute voix très marquante qu'elle
avait faite au festival de poésie Voix vives à Sète de son livre de
poésie ORTIES paru en 2010 chez notre éditeur Alain
Gorius (Al Manar). Ses récits et romans étaient publiés aux éditions
Mercure de France. D'autres bons souvenirs à deux reprises chez elle
Avenue Gabriel à Paris parce qu'elle était admirative de la poésie de mon
bien aimé Salah
Al Hamdani et écoutait en boucle disait-elle dans sa vieille voiture
son CD "Oublier Bagdad". Alors on était venu lui offrir La sève
et les mots, poèmes de Salah et calligraphies de Ghani
Alani et on buvait un thé avec elle, dans son vaste appartement où
elle cultivait sa solitude et les volutes de son imaginaire.
©Isabelle Lagny
29
janvier 2026
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Nous remercions les deux auteurs de
nous avoir autorisés à reproduire ces beaux textes d’hommage à
l’écrivaine disparue, à partir de leurs pages Facebook respectives.
Nous avons accueilli et présenté le
poète Salah Al Hamdani à cette même rubrique au précédent
numéro, avec deux poèmes inédits.
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Pour compléter l’hommage à Venus Khoury Ghata, voici quelques
références glanées sur la toile :
Sa page d’autrice chez Gallimard
Sa page dédiée, avec quelques
poèmes, sur le site de poésie arabe JEHAT
AL SHI'IR
La
rétrospective littéraire que lui dédie le site L’orient le jour
Un entretien
avec elle à France Inter en 2016, à écouter sur youtube,
dont nous citons cette confession :
« La poésie, j’en ai besoin pour vivre, il suffit
d’écrire une page, quelques lignes, pour que de l’eau fraîche circule
sous la peau de ma poitrine. » « Je ne peux pas vous dire ce qu’est la
poésie, c’est un mystère, la poésie ! La poésie peut venir, vous donner
un coup de poing dans le cœur, elle vous dicte 100 poèmes, puis elle s’en
va pendant des années, elle ne réapparaît plus. Vous vous dites : Tiens,
je ne suis plus poète, il faut que je me console avec le roman ! Et puis
un jour elle revient. »
(D.S.)
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