Jacques Laborde, sélection mars 2011
il se présente à vous
J’attendrai
J’attendrai la montée des degrés dans la nuit scolopendre
Au silence enseveli
Sous des ailes de coléoptères brûlés
A la lune immobile
Comme piégée par des senteurs de pommes lianes – j’attendrai
Un gri-gri endormi
Au cou noué
Une élévation dans l’air épais
Le choc d’un fruit trop mur dans la terre
Et la glissade sur les flancs
D’une rivières aux rires clairs
Et je vous saurai proches, avançant
Par delà les nuages hauts du ciel décuplé
Entre un réseau fait de feuilles épaisses
Et de routes boueuses
Ecoutant vos pas très lents sur le goudron brûlant
Revenir avec le cri du grillon
Le grondement des montagnes sourdes
Les berceuses d’antan longtemps
Le crissement des chaînes
Et la Compagnie Générale Transatlantique
Rêvassant d’une longue houle
Bombée tel un casque colonial
Viendrez-vous à l’heure du diable
Pour mon repos de bois cloué ?
Où à l’aube blanche et suprême
Comme la chair à coco ?
Mais déjà me serai-je déshabillé de la souffrance
Servile d’un dieu mort
Lorsqu’à travers la canne coupante
Les poumons gonflés de rhum
Sans doute me surprendrez-vous
En prenant mon souffle - Sur la route
Départementale d’une bananeraie
En pente douce, aussi fine qu’un coupe-coupe
Et m’ensevelirez-vous dans mon lointain sommeil
Vos bougies en larmes de cire
Dansant en plein soleil
Entre la céramique et les écales de lambis
Il ne vous restera plus alors
Piétinant la terre fertile et la poussière amère
Qu’à me verser pour la Toussaint
Un doigt de punch inconsolable
* texte commenté par le comité et commentaires sur l'ensemble de ses textes mars 2011
---------------> Chanson des manèges
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