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Archives : Vues de Francophonie

Automne 2026

 

 

Rime Wadi :

 

Palestine, entre douleur et espoir.

 

Présentation du livre

suivie d’un

Choix de poèmes

 

(*)

 

 

Ziad Medoukh :

 

Gaza la belle résiste sous les bombes

 

(poème extrait de Palestine, entre douleur et espoir)

 

(**)

 

 

Je voudrais vous parler de la couverture de ce livre. Vous y voyez un jeune homme : Shaaban. Il est vivant, debout, le regard tourné vers l’avenir. Derrière lui apparaît une silhouette enveloppée par les flammes. Cette image n’est pas symbolique. Le corps que vous voyez brûler est le sien.

Le 14 octobre 2024, une frappe israélienne a touché les tentes de personnes déplacées installées dans l’enceinte de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, à Deir Al-Balah. Un incendie s’est rapidement propagé parmi les abris. Shaaban s’est retrouvé prisonnier des flammes. Shaaban et sa mère, Alaa Abdel Nasser Al-Dalou, ont été brûlés vifs.

Étudiant en génie logiciel à l’université Al-Azhar de Gaza, il aurait eu vingt ans deux jours après sa mort.

Les images de sa mort, filmées et diffusées à travers le monde, ont provoqué une profonde émotion.

©Rime Wadi (pp. 395-396)

 

 

Palestine, entre douleur et espoir.

Comprendre, témoigner et ne pas oublier

 

Palestine, entre douleur et espoir est un livre né en 2023, après le début de l’offensive israélienne sur Gaza. Pourtant, pour comprendre ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux, il était indispensable de remonter bien plus loin dans l’histoire.

Ce livre ne commence donc pas le 7 octobre 2023. Il retrace les origines historiques du conflit israélo-palestinien et revient sur les événements qui ont progressivement façonné la Palestine contemporaine : la déclaration Balfour, le mandat britannique, la Nakba de 1948, la Naksa de 1967, l’occupation, la colonisation, la construction du mur, les accords d’Oslo et les nombreuses résolutions internationales demeurées sans effet.

Son objectif est de rendre cette histoire accessible à toutes celles et tous ceux qui souhaitent comprendre, sans nécessairement posséder de connaissances préalables sur le sujet. Des cartes, des photographies, des illustrations et des faits documentés permettent de replacer les événements dans leur contexte et de mieux visualiser les réalités géographiques, historiques et humaines de la Palestine.

Mais Palestine, entre douleur et espoir n’est pas uniquement un livre d’histoire et de documentation. Il parle avant tout d’êtres humains.

Au fil de ses pages sont abordées les réalités vécues par les Palestiniens : les déplacements forcés, les colonies, les checkpoints, les arrestations, l’emprisonnement des adultes et des mineurs, la séparation des familles, la destruction des maisons, mais aussi la situation particulière des Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et des Palestiniens citoyens d’Israël.

Une place est également accordée aux Palestiniens chrétiens, aux journalistes, aux soignants, aux enseignants, aux artistes, aux objecteurs de conscience israéliens ainsi qu’aux voix juives qui refusent que l’injustice soit commise en leur nom.

Je ne prétends pas être neutre face à l’injustice, mais je m’efforce de rester juste dans la manière de la raconter.

C’est dans cet esprit que j’ai voulu distinguer les faits, les témoignages et les émotions, sans jamais oublier les personnes qui se trouvent derrière les chiffres.

Plusieurs hommages sont ainsi consacrés à des Palestiniens dont les histoires m’ont particulièrement marquée. Lorsque cela était possible, leur photographie accompagne leur récit afin qu’ils ne soient pas réduits à un nom ou à une statistique. Parmi ces pages figurent notamment des hommages à des victimes, à des journalistes, à des médecins et à celles et ceux qui, malgré la guerre, continuent de transmettre, de soigner, d’enseigner ou de témoigner.

Le livre accueille également le témoignage de Ziad Medoukh ainsi que deux de ses poèmes. Palestinien d’expression française vivant à Gaza, professeur, écrivain, poète et défenseur de la résistance pacifique, Ziad Medoukh témoigne depuis des années de la vie quotidienne de son peuple. Ses mots apportent au livre une voix palestinienne essentielle : celle d’un homme qui ne parle pas de Gaza depuis l’extérieur, mais qui la vit, la raconte et l’écrit.

La poésie occupe naturellement une place importante dans cet ouvrage. Lorsque les faits deviennent trop lourds et que les chiffres ne suffisent plus, elle permet de rendre aux victimes un visage, une histoire et une présence. Le livre réunit ainsi plusieurs hommages poétiques, auxquels s’ajoutent deux poèmes, La joie et Le porteur de voix, ainsi qu’une chanson placée à la fin de l’ouvrage, Balance tes refs.

***

La première version de Palestine, entre douleur et espoir a continué d’évoluer au fil des événements, car l’histoire, elle, ne s’est malheureusement pas arrêtée. Une nouvelle édition, profondément revue et enrichie, est désormais disponible. Publiée en couleur, elle bénéficie d’une mise en page plus agréable à lire et d’un contenu visuel plus développé.

Depuis sa parution, je présente régulièrement ce livre sur mes réseaux sociaux, notamment sur TikTok, afin de faire connaître son contenu et de transmettre les informations et les histoires qu’il rassemble. Ces publications permettent également de rappeler que derrière chaque événement se trouvent des femmes, des hommes et des enfants dont les voix doivent continuer d’être entendues.

Ce projet n’a pas été conçu dans un objectif commercial. Je ne perçois aucun bénéfice personnel sur les ventes. Le prix demandé correspond au coût d’impression en couleur ainsi qu’à la part prélevée par la plate-forme de publication. Ma seule ambition est que ce travail puisse être lu, partagé et transmis.

Un ouvrage complémentaire est aujourd’hui en préparation. Il réunira d’autres hommages, ainsi que mes poèmes et mes chansons consacrés à la Palestine. Il laissera davantage de place aux émotions, aux voix et aux destins individuels, afin de poursuivre autrement le même travail de mémoire.

Palestine, entre douleur et espoir est né d’une volonté simple : comprendre ce qui a conduit à la situation actuelle, témoigner de ce que vit le peuple palestinien et lutter, avec les moyens qui sont les miens, contre l’effacement et l’oubli.

 

©Rime Wadi

16 août 2026

 

 

Poèmes extraits du livre

(Deuxième partie : Ch. II – LES JUSTES,

et Ch. III - PALESTINE DES VISAGES, PAS QUE DES NOMBRES.

Nota bene : les notices de présentation sont données à partir du livre, en résumé)

 

 

Hommage à Yonatan Shapira

Ancien capitaine et pilote d’hélicoptère de sauvetage de l’armée de l’air israélienne, Yonatan Shapira rédige et signe à Londres, en 2003, avec vingt-six autres pilotes, la Lettre des pilotes. Ils y annoncent leur refus de participer à des opérations militaires dans les territoires occupés.

Installé aujourd’hui en Norvège, il poursuit son engagement par des conférences, des manifestations et des interventions dans les médias. En mars 2025, il appelle de nouveau à l’arrêt des attaques contre Gaza et à la poursuite des responsables de crimes commis contre les civils palestiniens.

 

Juste au sol

Il pilotait pour l’armée du ciel  

Mais refusa d’obéir pour voler l’essentiel  

 

Si la paix a un prix  

Ce n’est pas en supprimant la vie 

Des civils Gazaouis en sursis 

 

Il rendit ses galons sans regret  

L’uniforme et son prestige passé 

Ne faisaient plus briller les yeux  

Du militaire engagé 

 

Lui qui a appris « Plus jamais ça » 

A pris position et dit non avec courage  

 

Il se souvint de l’horreur du passé    

Et rappela aux journalistes étonnés :  

« C’est ainsi que l’Holocauste a frappé les miens 

Et c’est ainsi que GAZA meurt entre nos mains »

 

Laissant le lecteur pantois… 

Israélien, militaire de surcroît,

Qui défend les habitants de GAZA 

Avec, en filigrane, le miroir de la shoah

(p. 342)

 

Hommage à Rachel Corrie

Rachel Corrie était une militante américaine, chrétienne protestante, élevée dans une famille presbytérienne de l'État de Washington. Profondément attachée aux valeurs de justice sociale, aux droits humains et à la non-violence, elle rejoint l'International Solidarity Movement (ISM), un mouvement international de solidarité agissant aux côtés des Palestiniens par des moyens pacifiques. Le 16 mars 2003, à Rafah, Rachel Corrie s'interposa entre un bulldozer militaire israélien et une maison palestinienne. Elle croyait que sa nationalité américaine suffirait à la protéger. Il n'en fut rien. Elle fut écrasée par le bulldozer. Elle avait 23 ans.

 

La fille aux yeux de mer 

Au début, ils ont vu une étrangère,

Une fille blonde aux yeux de mer.

Puis ils ont reconnu un regard frère,

Reflet d'une même lumière.

 

Tu aurais pu vivre, tranquille, loin des bombes, 

Sur les bancs verts de ton université, 

Mais tu as vu les murs, les cris, les tombes, 

Et ton cœur n’a pas su s’en détourner. 

 

À Rafah, tu t’es dressée, frêle rempart 

Face au monstre d’acier, face à l’oubli. 

Tu as crié pour des enfants sans regard, 

Tu as tendu ton âme comme un abri. 

 

Une pelle mécanique a brisé ton action 

Mais ton geste, lui, traverse les saisons. 

Car il y a des morts dont on retient le nom 

 

Tu es la sœur de ceux qu’on abandonne, 

Tu es la voix que l’occupation bâillonne 

Et dans chaque pierre qui refuse la peur, 

Rachel, tu vis, tu veilles, tu demeures.

 

(p. 359)

 

Hommage à Aaron Bushnell

Le 25 février 2024, vêtu de son uniforme militaire, Aaron Bushnell s'est filmé en marchant vers l'ambassade d'Israël à Washington. Face aux caméras et en direct sur Internet, il a déclaré : « Je ne serai plus complice d'un génocide. »

Pourquoi ce geste ? Il s'est immolé par le feu pour protester contre le soutien de son pays à Israël dans la guerre à Gaza et dénoncer ce qu'il considérait comme un génocide des Palestiniens. Son geste a profondément bouleversé et choqué des millions de personnes à travers le monde. Son dernier message fut simple : « Je refuse d'être complice. »

 

L’indiffimartyr

Il marche seul, les pas lourds d’un poids que personne ne voit 

Sa voix s’élève, mais elle se brise contre les murs d’un silence complice 

Il lutte, il tombe, il saigne, 

Mais autour de lui, le monde tourne, insensible, à ses préoccupations 

 

Il n’a ni statues ni chants à sa mémoire, 

Pas de foules pour crier son nom, 

Juste l’écho sourd de ses convictions. 

Et l’indifférence des médias qui lui font objection 

 

Aaron Bushnell, son nom résonne dans mon esprit 

Un juste vient de tomber, sa lumière nous a éclairés 

Un homme dont le combat et son sacrifice bien qu’ignorés 

Portent le poids de vérités trop lourdes pour être effacées 

Il est l’indiffimartyr 

Celui qui porte la vérité comme un fardeau, 

Qui s’est immolé dans le feu des injustices  

Et dont les cendres s’envolent dans un vent de déni. 

 

Dans un geste désespéré, il s’est consumé 

Un cri de lumière pour briser l’obscurité 

Les médias l’ont volontairement censuré 

Mais on n’éteint pas la voix de la vérité 

Un juste s’est sacrifié, une résistance est née 

 

Aaron Bushnell est l’indiffimartyr 

Celui dont le feu éclaire notre route 

Celui qu’ils n’ont pas voulu voir, le paria des médias 

Symbole pour la paix à Gaza 

Aaron nous ne t’oublierons pas.

 

Indiffimartyr = mot fusion que j’ai inventé entre indifférence (des médias) et martyr.

(p. 362)

 

Hommage à Fadi Hassan Abu Salah

Marié et père de cinq enfants, Fadi vivait avec un lourd handicap. En 2008, lors d’un bombardement israélien sur la ville d’Abasan, il fut grièvement blessé et dut être amputé des deux jambes.

Le 14 mai 2018, Fadi participa à un rassemblement organisé à l’est de Khan Younès dans le cadre de la Grande Marche du retour. Les manifestants réclamaient notamment le droit au retour des réfugiés palestiniens et dénonçaient le blocus imposé à la bande de Gaza.

Ce jour-là, il fut atteint à la poitrine par une balle réelle tirée par l’armée israélienne. Il avait trente ans.

Une commission d’enquête des Nations unies conclut par la suite qu’il ne représentait aucune menace imminente de mort ou de blessure grave pour les soldats israéliens lorsqu’il fut touché.

 

 

Le combattant au fauteuil roulant

Le combattant au fauteuil roulant 

Vous le connaissez forcément…

Le combattant dans un fauteuil roulant 

L’image d’un combat gravé dans le sang 

Mais qui connaît son nom, son histoire, sa voix ? 

 

Il s’appelait Fadi, et a marqué l’Histoire de Gaza.

Ils lui ont pris ses jambes, croyant briser son chemin, 

Jusqu’au bout il a défié l’assaillant, ne craignant rien 

Des pierres contre des balles, le mal contre le bien 

Une vie, un combat que seule la mort arrêta 

 

Fadi était marié et père de cinq enfants.

Le jour de sa mort, il a dit à son épouse : « Prends soin d’eux. »

Comme un dernier souhait, comme s’il savait. 

Et pourtant, tel un héros, ça ne l’a pas arrêté.

 

Sur le champ de bataille, Fadi est tombé.

Comme tous les martyrs,  

Fadi n’a pas connu la Palestine libre.

Car comme tous les martyrs,

Fadi aimait son pays… à en mourir.

 

Mari, père, combattant, il était tout cela, 

Un homme d’honneur, debout même sans pas.

Palestine vivra, Palestine vaincra 

Fadi est mort pour son combat 

 

Il s’appelait Fadi Hassan Abu Salah, 

En fauteuil roulant, mort pour Gaza.

(p. 382)

 

Hommage à Mahmoud Abu Khousa

C’était le 21 novembre 2012, dans le quartier d’Al-Manara. Mahmoud, âgé de treize ans, marchait dans une rue située tout près de chez lui lorsqu’il fut frappé par un missile tiré depuis un drone israélien.

Il n’avait sur lui qu’une pièce de monnaie. Il se rendait dans une boutique afin d’acheter un stylo pour sa petite sœur. Lorsque son corps fut retrouvé et transporté à l’hôpital, son poing était encore refermé sur cette pièce.

Selon les témoignages recueillis par Amnesty International, Mahmoud marchait sur une large rue, parfaitement visible depuis les airs, et aucun objectif militaire apparent ne se trouvait à proximité au moment de la frappe.

 

Mahmoud, Gavroche de GAZA

Entre l’enfance et l’adolescence,

Dans le quartier d’Al-Manara,

Mahmoud, Gavroche de GAZA,

Tu ne reviendras pas.

 

Mahmoud, Gavroche de GAZA,

Je n’aurais jamais dû te connaître,

Et pourtant, dans ce poème,

Ton nom vient de renaître.

 

Quand on a retrouvé ton corps,

Ton poing serrait encore ton trésor.

Un geste d’amour, un rêve d’enfant,

Mais un drone a brisé ton élan.

 

Mahmoud, Gavroche de GAZA,

Non pas un personnage de roman,

Mais un enfant bien réel, bien vivant,

Arraché à ses parents.

 

Mahmoud Abu Khousa,

Assassiné sans aucune raison,

Dans un monde sans compassion.

(p. 386)

 

Hommage à Nahida et Samar Anton

Tuées le 16 décembre 2023, dans l’enceinte de la paroisse catholique de la Sainte-Famille, à Gaza

 

Nahida Khalil Anton était une Palestinienne chrétienne catholique d’environ soixante-dix ans. Mère de sept enfants et grand-mère de plus de vingt petits-enfants, elle était à la tête de l’une des plus grandes familles catholiques de la bande de Gaza.

Sa fille, Samar Kamal Anton, était âgée d’environ quarante-neuf ans.

Toutes deux étaient des membres actives de la paroisse catholique de la Sainte-Famille. Elles faisaient également partie d’un groupe de femmes catholiques et orthodoxes qui venaient en aide aux personnes pauvres et handicapées de Gaza.

 

Le calendrier de l’avant

Une mère et sa fille,

Fidèles de la Sainte-Famille,

Parties ensemble pour prier

Dans leur église tant aimée.

 

Le compte à rebours avait commencé,

Mais elles ignoraient qu’il serait le dernier.

Décembre avançait doucement vers Noël,

Promesse d’une fête sacrée et éternelle.

 

Unies dans la vie, unies dans la foi,

Elles marchaient ensemble, dans le même pas.

Une mère et sa fille célébrant la vie,

Près de leur Seigneur, à jamais réunies.

 

Il restait neuf jours avant que Noël ne vienne,

Neuf jours avant les chants de la foi chrétienne.

Mais pour leurs proches, depuis ce seize décembre,

L’attente de l’Avent porte le poids de l’avant.

 

Chaque case ouverte rappellera désormais

Une absence que nul ne pourra remplacer.

Le calendrier poursuit lentement son mouvement,

Mais rien ne sera plus jamais comme avant.

 

Nahida et Samar, deux anges à présent,

Qui méritaient de vivre, bien évidemment.

(p. 394)

 

Hommage à Saleh Al-Jafarawi

Le 10 août 2025, le journaliste d’Al Jazeera Anas Al-Sharif a été tué avec plusieurs de ses collègues lors d’une frappe israélienne contre une tente réservée aux journalistes, installée près de l’hôpital Al-Shifa, à Gaza.

Il rappelait, sans même avoir besoin de le dire, que les journalistes palestiniens n’étaient pas seulement les témoins du conflit. Ils en étaient aussi les victimes.

Deux mois plus tard, le 12 octobre 2025, Saleh Al-Jafarawi a été tué à son tour, à l’âge de vingt-sept ans. Il couvrait des affrontements dans le quartier de Sabra, au sud de la ville de Gaza. Selon plusieurs médias palestiniens, il aurait été abattu par des membres d’un groupe armé alors qu’il tentait de documenter les destructions.

 

Des cris de l’enfer au silence des martyrs 

Saleh… 

Un jeune sur les réseaux. 

Mais lui, ce qu’il publie… c’est chaud. 

 

Ses posts ne sont pas des challenges, 

Pas des vidéos pour faire le buzz, 

Pas des chorégraphies. 

C’est… un live sur la survie. 

 

En Palestine occupée, bombardée, rasée. 

 

Un jour d’octobre 2024… 

J’ai vu ton post. 

Ce fut un choc. 

 

Ce n’était ni un film, 

Ni un reportage. 

C’était… un live. 

 

« Je jure qu’il y a des gens devant nous qui brûlent vivants… » 

Ta voix tremblait, 

Comme si toi-même… tu n’y croyais pas. 

 

Meta t’a fait taire. 

Mais ton cri, perçant, est arrivé jusqu’à nous. 

Jusqu’à moi. 

Et je sais… que je ne t’oublierai pas. 

 

Grâce à toi, 

Les hurlements ont franchi 

Les murs numériques, 

Les murs de l’indifférence, 

Les murs de ceux qui préfèrent détourner les yeux. 

 

Saleh… 

Ils ont coupé ton micro. 

Mais tu avais déjà semé ta voix. 

 

Aujourd’hui, 

J’atteste de ton fardeau. 

J’essaie… de porter tes mots.

 

Saleh, 

Sache que je ne suis pas la seule à vous soutenir. 

Si ta voix nous parvient, nous la transmettrons. 

Ce que tu montrais, 

Nous le relayerons. 

 

Et s’ils t’effacent… 

La mort n’efface pas le souvenir. 

Leur fin est inscrite 

Dans chaque martyr.

 

Mon poème s’arrêtait initialement ici. Je l’avais écrit du vivant de Saleh, avec l’espoir de ne jamais avoir à évoquer sa mort.

Cet espoir s’est éteint le 12 octobre 2025.

 

Lettre à l’absent

11 août 2025.

J’ai vu une vidéo de toi annonçant la mort de ton ami, 

le journaliste Anas Al-Sharif, 

tué volontairement… par Israël.

 

J’ai relayé ta vidéo.

Et, au JT… ils n’ont pu faire autrement que d’en parler.

Rapidement.

Évidemment.

 

12 octobre 2025.

Malgré ton gilet de presse, tu es tombé.

 

Adieu, M. FAFO.

Tu rejoins la liste des héros.

 

(pp. 407-408)

 

Hommage à Reem

C’est l’histoire de l’adieu de Khaled Nabhan à sa petite-fille Reem (2019-2023). Le frère de Reem, Tariq, âgé de cinq ans, a été tué le même jour que sa sœur.

Reem et Tariq dormaient auprès de leur famille lorsque leur maison, située dans le camp de réfugiés de Nousseirat, au centre de la bande de Gaza, a été frappée dans la nuit du 21 novembre 2023. Le bâtiment s’est effondré sur ses occupants. Pris au piège sous les décombres, les deux enfants n’ont pas survécu. Selon leur famille, aucun avertissement n’avait précédé le bombardement.

Leur grand-père Khaled racontait : « Je n’aurais jamais imaginé que nos enfants pourraient être bombardés. Mon cœur souffre profondément. Ils m’ont filmé sans que je m’en rende compte, et tout le monde a vu ma douleur. Mais ici, il y a tant d’autres cœurs brisés qui n’ont pas été capturés par les caméras. »

Un peu plus d’un an après, Khaled Nabhan a lui-même été tué, le 16 décembre 2024, lors d’un bombardement israélien dans le camp de Nousseirat.

 

L’éternelle jeunesse

Reem, une enfant dont je ne connais que le nom,

Alors, avec le peu que j’ai d’informations,

Je vais tenter de lui rendre hommage,

À son sourire, à son joli visage.

 

J’imagine tes silences, tes jeux et tes envies,

Tes boucles, tes regards, tes moments de folie.

Reem Nabhan, tu n’es pas un nombre inscrit parmi les morts,

Tu étais une enfant, un rire, pour les tiens un trésor.

 

Le monde ne saura pas les rêves que tu portais,

Les histoires que le temps t’aurait données,

Les chemins que tes pas auraient pu parcourir,

Les mots que ton enfance aurait appris à dire.

 

Tu es partie avant que décembre ne revienne,

Avant que ta quatrième bougie ne soit la tienne.

On ne t’a pas permis de souffler sa lumière,

Ni de continuer à grandir aux côtés de ton frère.

 

Alors, je t’ai imaginée vivante et entourée,

Avec tes yeux brillants, riant le cœur léger,

Face à ton avenir, innocente et belle.

 

Cruelle vérité, soudain je me réveille :

On t’a privée de grandir et de devenir vieille.

(p. 415)

 

 

 

Texte dédié au Docteur Hussam Idris Abu Safiya

Le Dr Hussam Idris Abu Safiya, né le 21 novembre 1973 à Gaza, est un médecin palestinien. Il dirigeait l'hôpital Kamal Adwan, à Beit Lahia, jusqu'à ce que le raid israélien du 27 décembre 2024 mette définitivement l'établissement hors service.

Depuis le début de la guerre, il est devenu l'un des symboles du personnel médical palestinien. Alors que les hôpitaux étaient bombardés les uns après les autres et que le système de santé s'effondrait, il choisit de rester auprès de ses patients malgré les risques permanents.

Son histoire est marquée non seulement par son engagement de médecin, mais aussi par une tragédie personnelle. En octobre 2024, son fils Ibrahim, âgé de quinze ans, est tué lors d'une frappe israélienne à proximité de l'hôpital Kamal Adwan.

Le 27 décembre 2024, les forces israéliennes prennent d'assaut l'hôpital Kamal Adwan et arrêtent le Dr Abu Safiya, ainsi que plusieurs membres du personnel médical et plusieurs patients. Cette opération met définitivement hors service l'établissement, alors dernier grand hôpital encore fonctionnel dans le nord de la bande de Gaza.

J'ai regardé la vidéo de son arrestation.

Alors qu'il avance seul vers les soldats israéliens, le premier mot que je l'entends prononcer est : « Shalom. » Le mot hébreu qui signifie « paix ». Ce simple mot m'a profondément marquée.

Depuis ce jour, le Dr Abu Safiya demeure détenu par les autorités israéliennes.

Le 2 juillet 2026, son avocat Nasser Odeh est autorisé à lui rendre visite après son transfert dans une unité de détention souterraine. Il le décrit extrêmement amaigri, épuisé et portant de nombreuses traces de violences. Avant de le quitter, le Dr Abu Safiya lui confie: « C'est probablement la dernière fois que vous me voyez. Ils m'ont transféré ici pour me tuer. »

 

Le docteur en enfer 

Il donne sa vie pour les Gazaouis, 

Dans l’enfer de cette ville, il est l’indocile. 

Les bombes s’abattent, la terreur gronde, 

Mais lui, il reste, il affronte le monde. 

 

Sans hésiter, il court, il opère

Sous la lueur blafarde d’un ciel en enfer. 

Ses mains précises, fermes, d’acier, 

Rebâtissent l’espoir qu’on veut effacer. 

 

Un chirurgien ne doit pas trembler,

Même lorsque la mort vient l'encercler,

Même lorsque les murs s'écroulent autour,

Quand la nuit hurle et étouffe le jour.

 

Il aurait pu fuir mais il est resté, il a choisi 

Chaque battement de cœur arraché à l’oubli.

Tant qu’un enfant respire encore, 

Il tiendra debout, envers et contre la mort. 

 

Hussam, ton histoire a franchi les frontières, 

De toi, nous sommes si reconnaissants et fiers, 

Dans chaque manifestation, dans chaque prière, 

Nos voix demandent la libération du Docteur en enfer.

(p. 425)

 

Le porteur de voix

Des éditeurs aux associations,

Jusqu’à la simple transmission,

Je n’ai essuyé que des refus,

Mon projet semblait déjà perdu.

 

Et pourtant, au fil de mes prières,

J’ai demandé à Allah cette faveur :

Pouvoir transmettre à un frère

Mon livre, mes mots, un peu de chaleur.

 

Je pensais que tout était fichu,

Franchement, je n’y croyais plus.

Puis j’ai reçu une réponse de Gaza :

Un écrivain… je n’en revenais pas.

 

J’avais prié Allah pour obtenir un contact,

C’est un écrivain, un porteur de voix,

Qui m’a répondu quand ici, on ne m’écoute pas.

Il est des signes pour les gens qui croient.

 

D’une prison à ciel ouvert,

J’ai reçu les mots d’un homme de lettres,

Qui lutte contre la nuit et les interdits,

Qui a choisi de rester, car cette terre est son pays.

 

Ya Rabbi, fais que je sois à la hauteur,

Donne-moi la clarté pour ouvrir les cœurs,

Donne-moi les mots pour porter leurs malheurs,

Sans jamais trahir leurs voix ni leurs douleurs.

 

Des chrétiens de Taybeh aux croyants d’Al-Aqsa,

De tous les Palestiniens de Cisjordanie,

De Jérusalem jusqu’à Gaza,

Avec dignité, j’essaierai de porter leur voix.

 

(p. 429)

 

 

©Rime Wadi

 

***

 

Poèmes inédits

Il

Il est Gazaoui… Non, ne dites pas ça.

Dites qu’il est Palestinien de Gaza,

et vous serez sur la bonne voix.*

 

N’oubliez jamais :

Gaza fait partie de la Palestine.

La Palestine, sa mère,

sa patrie.

 

Il a parlé, raconté, décrit,

dans la langue de Molière,

le quotidien de sa vie,

le quotidien de sa terre.

 

Puis l’agression, pire que la Nakba, arriva.

Était-ce là le destin des Palestiniens

ou un test pour l’humanité ?

Comme nous, il n’en sait sans doute rien.

 

Alors, il s’est armé de tous ses mots

pour décrire tous ces maux.

Il a témoigné, décrit, documenté,

puis l’horreur, de plein fouet, l’a touché.

 

L’âme blessée, mais toujours vivant,

il continue malgré tout d’aller de l’avant,

autant que possible, pour ses enfants,

sa famille… et cette femme qu’il chérit tant.**

 

Hier sa mère,

aujourd’hui sa compagne,

demain son amie.

Aujourd’hui et pour toujours, il l’aime…

plus qu’hier et moins que demain.

 

Comme tous les hommes

et toutes les femmes,

de 7 à 77 ans :

amour commun…

amour palestinien.

 

Il…

Il parle toujours, mais moins.

 

C’est bien la pire peine

que de ne savoir pourquoi :

sans amour et toujours plus de haine,

la Palestine saigne…

Et le monde ne réagit pas.

 

* « Voix » est employé volontairement à la place de « voie », en écho à celle de l’homme qui parle, raconte et témoigne pour la Palestine.

 

** Dans la poésie palestinienne, la Palestine est souvent représentée sous les traits d’une femme : mère, compagne, amie et bien-aimée.

 

 

La mariée sur les décombres

Instant gravé, le contraste est frappant :

la blancheur immaculée
sur les ruines de Gaza désolée.

 

Instant suspendu. Une mariée.
Une apparition.
Une présence blanche
dans un décor de l’après-monde.

 

Belle, silencieuse,
elle ne regarde pas la caméra.
On ne voit pas son visage.
Elle avance.
Elle se marie.

 

Comme une marche funèbre
déguisée en mariage.
Le blanc éclatant
de sa robe de mariée — elle y a pensé —
sera peut-être le même que son linceul.

 

Et l’instant d’après, qui sait ?
Sera-t-elle maîtresse de sa vie
ou spectre en devenir ?

 

Malgré tout, elle s’est mariée.
Et autour d’elle,
le temps semble s’être arrêté.

 

Profite de la vie, du temps présent.
Carpe diem — tout un dilemme.
Carpe diem, quoi qu’il en coûte.

 

Alors elle fait ce geste fou,
presque insensé, presque sublime :
elle célèbre la vie
avec la mort à ses côtés.

Pas malgré elle.
Mais avec elle.

 

 

 

Le Keffieh

(À chanter sur l’air du Petit Ane gris d’Hugues Aufray)*

 

Écoutez mon histoire, difficile à narrer,

Plutôt invraisemblable, je vais vous la conter.

Elle se passe au Levant, au milieu des fermiers,

Dans le Moyen-Orient, pays des oliviers. (bis)

 

D’origine égyptienne, carré de coton blanc,

Ici palestinien, la coiffe des paysans.

La classe paysanne me convient aisément,

Je les protège du sable, du soleil et du vent. (bis)

 

Ils vénèrent leur terre qui les a vus enfants.

Hospitaliers, honnêtes, ce sont de bons croyants,

Travaillant ardemment, toujours avec respect,

Cette terre bien-aimée à l’ombre des oliviers. (bis)

 

Et puis soudain arrive l’impossible scénario :

On a volé la terre des paysans loyaux.

N’écoutant que leur cœur, ils menèrent le combat,

Mais l’ennemi fut cruel, on parla de Nakba. (bis)

 

Depuis, rien n’a changé, l’humanité perd pied,

Toujours plus de victimes sur fond d’atrocités.

Signe de ralliement pour un peuple opprimé,

Mes pointes sèchent les larmes de tous les déportés. (bis)

 

* Évidemment, chacun est libre de la chanter sur un autre air ou, mieux encore, de lui composer sa propre musique. En France, la mélodie dont je parle est connue et facile à retenir pour un enfant.

J’ai un vœu pour ce texte : qu’il soit appris dans les écoles, comme une façon d’aborder le sujet avec les plus jeunes…

 

 

Quand les mots épuisés deviennent un cri

 

 

Comment l’idée de cette image (que j'ai réalisée avec IA) et de ce texte m’est-elle venue ?

Je lisais un témoignage en anglais lorsque je suis tombée sur les mots « kite » et « threat » - cerf-volant et menace. Instantanément, j’ai pensé à « trick or treat », la célèbre formule d’Halloween : « Des bonbons ou un sort ? »

Puis, dans ma tête, ont résonné les claquements de doigts du générique de La Famille Addams, mêlés à l’atmosphère de L’Étrange Noël de Monsieur Jack.

C’est ainsi qu’est né :

Kite or Threat ? Cerf-volant ou menace ?

Quand j’étais jeune, en étudiant Anne Frank, mes professeurs nous montraient les dessins satiriques qui dénonçaient les bourreaux de l’époque. Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour, à mon tour, je ressentirais le besoin d’employer ce langage.

Ce dessin n’est pas né de l’envie de faire rire. Il est né du dégoût, de l’impuissance et de l’épuisement des mots. Quand on a expliqué, dénoncé, supplié et que rien ne semble arrêter l’horreur, que reste-t-il à l’auteur ? Le grotesque pour montrer l’inhumain.

La satire comme un dernier appel à l’aide.

 

 

©Rime Wadi

31 août 2026

 

 

*** 

 

Ziad Medoukh :

 

Gaza la belle résiste sous les bombes

(poème extrait de Palestine, entre douleur et espoir)

 

Ton regard serein est résilience,

La bonté de ton âme est fierté,

Tes beaux yeux sont une volonté de fer,

Ton sourire timide est résistance,

Ton optimisme est victoire,

Ta souffrance est mobilisation,

Tu illumines le monde avec ta belle âme,

Ta patience est une force exemplaire.

 

Ton saint visage est l’espoir,

Ton courage face à la barbarie est un miracle

Tes simples rêves sont réponses à leur haine

Ton deuil perpétuel fierté, 

Ta détermination face à cette détresse est la vie,

Toi, la voix des honnêtes.

 

Tu es une sublime Joconde même au cœur des décombres,

Tu es confiante malgré cette horreur absolue.

Tes terribles épreuves - pensées chaleureuses,

Ta douleur - révolution,

Ton immense chagrin - colère légitime,

Ta beauté enfantine - dépasse notre malheur,

La bonté de ton âme - liberté.

 

Dans tes yeux grands, je vois la Palestine.

Tu vas bâtir encore ta maison,

Ton quartier dévasté et ta ville natale.

L’avenir t’appartient, Gaza,

À toi et à toutes les jeunes générations.

 

© Ziad Medoukh

(p. 328)

 

 

 

(*)

 

Pour compléter la présentation de Palestine, entre douleur et espoir par l’autrice, nous donnons ici à nos lecteurs quelques détails « techniques » leur permettant de prendre connaissance du contenu du livre, et de se le procurer :

Consulter le Sommaire : cliquer ICI

Commander : publié et diffusé par Amazon (Independently published) en 2 versions :

- petit format, en noir et blanc, tirage sorti le 26 février 2026 (209 p., 8,52 €) : commander ICI ;

- deuxième édition, en grand format (A4), avec illustrations en couleurs, sortie le 7 août 2026 (432 p., 27,90 €) : commander ICI.

 

Au précédent numéro de Francopolis, à la rubrique Annonces / Recueils & ouvrages, nous avons signalé la première parution du livre (petit format). La présente description et les extraits ci-dessus se basent sur l’édition étendue (grand format).

 

***

Sur Rime Wadi, l’autrice de ce livre monumental, nous n’apprendrons pas plus que ce dont elle témoigne, sur elle-même et ses motivations, dans son Préambule (p. 4) :

Mon histoire porte des origines silencieuses, des blessures anciennes et une quête de vérité.

Mais qui je suis importe peu.

Ce qui compte, c’est le message que je veux transmettre.

Je suis une femme de mots.

J’ai choisi le nom de Rime Wadi parce qu’un wadi, en arabe, est une vallée, un ravin où l’eau suit son chemin.

Comme lui, mon écriture cherche à se frayer un passage dans la pierre du silence afin de faire entendre les voix oubliées.

J’écris pour que la mémoire des peuples ne soit pas ensevelie et pour que la douleur ne disparaisse pas avec l’actualité qui passe.

 

Son livre est exceptionnel, par sa documentation, ses références toujours précises, tant historiques que par rapport aux événements immédiats, son souffle dramatique, tendu mais sans aucune effusion rhétorique, la passion et la justesse du ton, jamais hors propos, jamais haineux, mais authentique et fort, comme seule la vérité l'est – sans contourner aucune question et aucune facette du sujet, au contraire, allant au-devant de chaque mot controversé, tel par ex. le génocide, en en donnant objectivement la définition, telle qu’établie par la Convention des Nations Unies de 1948, et en s’interrogeant sur la réalité des faits: jamais se laisser aller au gré des propagandes, d'un côté ou de l'autre, vérifier, challenger, conclure pour soi-même, en son âme et conscience, et partager ses conclusions, sans ostentation, mais avec courage et détermination.

Comme elle le dit elle-même, au tout début de son Chapitre I : Comprendre la Palestine (p. 14) :

Je ne prétends pas être neutre face à l’injustice, mais je m’efforce de rester juste dans la manière de la raconter.

Absolument admirable de probité comme démarche, et donnant au lecteur l'entière confiance d'entendre une voix juste. Et une voix de Poète, de surcroît.

Ce livre devrait être dans les mains de toutes et de tous, et notamment des jeunes qui apprennent ce qu’est le monde d’hier et d’aujourd’hui.

 

(**)

 

Rime Wadi évoque à la toute première page une circonstance décisive pour l’aboutissement et la parution de son livre : la rencontre avec le professeur et écrivain palestinien Ziad Medoukh, dont la biobibliographie, le témoignage et deux de ses poèmes figurent dans un chapitre dédié (VOIX PALESTIENNES). Elle nous dit toute l’importance qu’a pris pour elle cette rencontre, qui lui a apporté le témoignage d’une voix de l’intérieur de Gaza :

Un jour, cette quête m’a menée vers une question simple : que lisent, qu’écrivent les Palestiniens eux-mêmes, en français ? C’est ainsi que je suis arrivée jusqu’à M. Ziad Medoukh. (…)

…je lui ai demandé s’il accepterait de témoigner, d’apporter sa parole à ce livre. Je suis de nature méfiante. Mon esprit s’est mis en mode protection. Je me suis raconté que ce n’était sans doute pas vraiment lui qui écrivait, mais quelqu’un qui gérait son compte. Cette idée me rassurait. J’écrivais comme on écrit à une silhouette, à une présence lointaine, presque à un ami imaginaire.

Puis sont arrivés son témoignage et ses poèmes. Il n’y avait plus de doute possible. Je me suis retrouvée dans mes petits souliers.

J’ai compris que je ne parlais pas à une abstraction, ni à un relais anonyme, mais bien à M. Ziad Medoukh, écrivain palestinien.

Aujourd’hui, si vous tenez ce livre entre vos mains, c’est qu’il m’a accordé sa confiance, son accompagnement et son autorisation pour la publication de son témoignage et de ses poèmes dans cet ouvrage.

 

Ziad Medoukh… Une voix forte, pacifique, lucide, humaniste, pleine d’énergie et d’espoir, que nous connaissons fort bien à Francopolis, notamment à cette même rubrique (poèmes, témoignages et photos de ses activités avec les enfants francophones à Gaza, aux numéros d’été 2026, printemps 2026, hiver 2025, été 2025), ainsi que dans le cadre de notre dossier Libre parole à la Palestine. Poésie & Témoignages, à la rubrique Gueule de mots du numéro d’été 2025.

 

(D.S.)

 

 

Rime Wadi

Francopolis, Automne 2026

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Créé le 1er mars 2002