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ANNONCES DE PARUTION – REVUES ET RECUEILS

 

AVRIL-MAI-JUIN 2021

 

Vivre en Poésie, la revue du Club des Poètes, n° 35

Après vingt ans de silence, la revue Vivre en Poésie, créée par  Jean-Pierre Rosnay en 1986, reprend la parole. Son numéro 35 contient 110 pages de poésie, avec au sommaire : de nombreux poètes contemporains, des articles à propos des grandes voix de la poésie de tous les temps et de tous les pays (Robert Desnos, Marina Tsvetaeva, Emily Dickinson, etc.) Des notices à propos de l'actualité poétique, et des illustrations de jeunes artistes amis. La couverture est illustrée par Sacha Reznik (30 premiers exemplaires numérotés avec couverture sérigraphiée, à 25 € ; les suivants, 11 €). Possibilité de venir la chercher ou de la recevoir par la poste : contacter Blaise Rosnay au Club des poètes.

 

Je dis désirS. Une anthologie, éditions PVST (Pourquoi viens-tu si tard ?), partenaires de Jeudi des Mots

« Pour le Printemps des poètes, Jeudi des Mots avait organisé sur sa page facebook une récolte de poèmes sur le thème des désirs – tous les désirs, expressions de la force première, cette dynamique d’où, dans le grand bouillonnement des origines, naquit l’univers – immense explosion de lardent désir d’être, de se voir, de sentir sa propre présence, puis d’autres, à l’infini, dans le développement des échanges thermiques et des transformations de l’énergie doù naquit la vie. Parmi la centaine de propositions reçues, nous en avons retenu 43, que le photographe Jaume Saïs accompagne de ses photos. » Marilyne Bertoncini (fondatrice et animatrice de l’association poétique Jeudi des Mots, avec Patrick Joquel et Franck Berthoux).

Parmi les contributeurs : Marilyne Bertoncini, Huguette Bertrand, Yve Bressande, André Chenet, Gili Haimovich, Carole Mesrobian, Dominique Ottavi, Angèle Paoli, Adeline Raquin, Marc Ross, Jean-Michel Sananès, Dana Shishmanian.

 

Concerto pour marées et silence, revue

Le numéro 14 (mai 2021) vient de paraître, avec des écrits de Daniel ABEL, Claude ALBARÈDE, Roja ALEPH, Max ALHAU, Maria do Sameiro BARROSO, Eva-Maria BERG, Jean-Louis BERNARD, Patrice BLANC, Jacques BONNEFON, Claudine BRAL, Xavier BUFFET, Georges CATHALO, Édith CHAFER, Éric CHASSEFIÈRE, Gérard CLÉRY, Jean-Claude-Albert COIFFARD, Danièle CORRE, Chantal DANJOU, Marie DENIEUIL-HOVANESSIAN, Michel DIAZ, Yériché DJERGAIAN, Michèle DUCLOS, Pierre ESPERBÉ, Bernard FOURNIER, Françoise GEIER, Francis GONNET, Bernard GRASSET, Jennifer GROUSSELAS, Rebecca GRUEL, Nicole HARDOUIN, Denis HEUDRÉ, Catherine JARRETT, Michel LAMART, Martine LE SAULE, Claude LUEZIOR, Hervé MARTIN, Jean-Paul MESTAS, Béatrice PAILLER, Michel PASSELERGUE, Jacqueline PERSINI, Richard ROOS-WEIL, Sylvie Léa SCOTT, Alice SPINDOLA, Mita VOSTOK, des notes de lectures sur Jean-Louis BERNARD, Claudine BERTRAND, Guy CHATY, Chantal DANJOU, Lucienne DESCHAMPS, Alain DUAULT, Sonia ELVIREANU, Pierre ESPERBÉ, Bernard GRASSET, Jean-Noël GUÉNO, Marie GUERRINI, Nicole HARDOUIN, Claude LUEZIOR, Jeanne MAILLET, Jean-Paul MESTAS, Jacques RANCOURT, Lucien WASSELIN, Colette WITTORSKI.

 

La revue Poésie/première, n° 79 (mai 2021)

Dans cette édition de mai ayant pour thème « L’Inspiration », la revue dirigée par Martine Morillon-Carreau nous offre une riche moisson de textes sur la poésie, le poétique, et l’inspiration – ou la respiration – ou enfin l’enfantement qui engendre le poème (comme nous le fait comprendre l’éditorial de Martine, très inspiré lui-même, en embrassant du coup la totalité du numéro). Nous retenons tout particulièrement le très « juste » portrait de Philippe Jaccottet et de ce qu’il convient de désigner comme « poéthique », par Gérard Mottet, et, concernant le même Jaccottet, le décryptage du « parler bas » comme « moyen de sonder l’invisible, le fugace », par Bernard Fournier. Mais comment ne pas citer, comme un résumé de cette vieille problématique, le mot de Gérard Mottet à la fin de son essai Aux sources du poème : « Le poète en cette affaire est-il autre chose que l’assistant d’un poème en train de naître ? » (p. 17).

Par ailleurs, nous lisons avec délices l’entretien avec Anne Mounic, poète, nouvelliste, essayiste, revuiste, peintre, les lectures d’Alain Duault (sur Colette Thomas et André Velter entre autres) et sur Alain Duault (par Martine Morillon-Carreau), l’entretien de Jacqueline Persini avec Patrick Joquel, les poètes réunis dans la section Poésie plurielle (dont Laurent Grison, traduit en allemand par Eva-Maria Berg), les notes de lecture (dont celle d’Anne de Commines sur le grand poète-philosophe roumain Lucian Blaga, Éloge du sommeil, traduit par Jean Poncet, Jacques André éditeur, décembre 2020).

 

La revue Nouveaux Délits numéro 69

Avec une lecture de l’éditorial de présentation du sommaire de Cathy Garcia Canalès et d’un poème d’Anne Barbusse. Pour commander le n° et pour s’abonner : ASSOCIATION NOUVEAUX DÉLITS, Letou – 46330 St CIRQ-LAPOPIE (annonce faite par Christian Saint-Paul, le directeur de Radio Occitania).

 

Eva-Maria BERG & Philippe BARNOUD, Edinburgh, poèmes et photos, éditions Unicité (juin 2021, 68 p., 14 €)

Il est une autre Edinburgh, silencieuse et pourtant bruissant dans l’invisible des chants des révoltés et des marins. C’est l’empreinte envahissante de l’Histoire, toute en reflets de fenêtres et suintements de murailles, ses coupe-gorges attendus et le fourmillement des spectres qu’on aime voir gigoter dans des cimetières fantasques. Là comme dans toute ville, les canons demeurent pointés sur le peuple des rues en contrebas. C’est à ce voyage qu’Eva-Maria Berg et Philippe Barnoud nous convient…

 

Nicolas Waquet, Dans l’ombre inscrit, éditions Unicité, préface de Gérard Bocholier (juin 2021, 112 p., 15 €)

Les Cinq Veillées et les Cinq Nuits de Nicolas Waquet nous conduisent comme des aveugles dans sa forêt d’absence et de torsion. Le poème en majesté et les elfes de la nuit s’adonnent ici à un sabbat silencieux. (…) Avec Nicolas Waquet on ne sait jamais si c’est le miracle ou la lame du couteau qui scintille dans la nuit. - Francis Coffinet.

 

Isabelle Poncet-Rimaud, Dialogues avec le jour, éditions Unicité (juin 2021, 13 €)

L'impensable s'est produit. Le temps, brusquement, s'est arrêté. Le monde a cessé de tourner. Le silence s'est installé. L'homme a cherché l'équilibre, passant de la vie à la mort, de la peur à l’espérance, de la plongée en lui-même à la colère du prisonnier.

Ces textes courts ne sont pas le fruit d'un journal du confinement mais plutôt d'un corps à corps avec le jour dans le sens double du terme.

Dialogues au fil du temps, tentative d'extraire de la gangue des nuits traversées l'espoir d'un jour qui, retrouvant sens et couleur, permette de continuer la marche coûte que coûte. Tentative aussi d'une main tendue vers l'autre, cet inconnu, qui devient maillon révélé et essentiel de la chaîne humaine, tellement humaine.

 

Hélène Revay, La grande vitesse, éditions Unicité (juin 2021, 56 p., 13 €)

Après Poèmes sous-vide et J'emprunte la route qui rend fou l'horizon, ce nouveau recueil d'Hélène Révay est une marche de plus franchie vers l'absolu où la place de l'Autre est interrogée avec vigueur. Peut-on rester seule sur le chemin de la vérité ? Quelle est-elle d'ailleurs cette vérité ? Le silence, qui n'est pas le vide mais un vœu, semble nécessaire à l'âme du poète lucide. Toutefois, nul ne saurait s'en contenter. Le lecteur est invité à résonner avec le poème, comme miroir ou comme écho.

 

Eric Desordre, Le feu au gorille, éditions Unicité (mai 2021, 82 p., 13 €)

« À travers Le feu au gorille, Éric Desordre révèle nos tensions existentielles et ontologiques. Il les incorpore et apprivoise nos combats tels d’ultimes intérieurs. "Un bout de chemin ensemble / Sur cette terre / Écrire, peindre, aimer / Avant de se noyer / Dans la lumière." Il incarne et accomplit de surprenantes explorations, là où règnent nos lois profondes. Ces arrangements avec l’âme sont doués de respirations, de chair ; avec leurs ardeurs, leurs avidités, leurs fatigues et leurs grâces, Éric Desordre alarme nos repos... » - Extrait de la préface d’Anne de Commines.

 

Eric Dubois, Somme du réel implosif, éditions Unicité (mai 2021, 92 p., 13 €)

« On parle toujours de quelque chose sans parfois en dire davantage. Les mots forment la réalité. La charpente du temps soutient le poids des pensées.

Navigue toujours à vue et n'épargne pas les récifs.

Chaque corps obéit au magnétisme des temps.

Le bruit du monde est pour mes oreilles une chanson familière.

La pierre du langage fonde le désir.

Le mot est peut-être une caméra.

L'œil exercé sait avant tout. »

 

Jean-Pierre Lesieur, La ballade du vieux poète, éditions Gros textes / Comme en poésie (mai 2021, 70 p., 10 €). Sur l’auteur, voir sur le site Gros textes.

Il eut fallu tout un livre pour raconter sa vie

qui n’en valait pas la peine

Comme toute vie elle fut d’une banalité de fleur

mise dans un vase pour bien l’interner

Comme toute vie elle était repeinte seulement

pour les grandes occasions.

Il eut fallu tout un livre et il ne savait jamais

par quel bout commencer.

 

Pierre Schroven, Ici, éditions l'Arbre à paroles (Maison de la Poésie d’Amay, Belgique ; mai 2021, 64 p., 10 €)

Le poète nous décrit un endroit où le temps n'avance pas et où l'espace est infini, un lieu où "chaque jour reste à voir" et où "rien n'est / tout advient". Ici, il atteint "un pays d'ailleurs où l'on devient plus que soi".

Ici est son onzième recueil publié aux éditions de l’Arbre à paroles. Parmi les plus récentes publications : Dans ce qui nous danse (2011), Autour d’un corps vivant (2014), Haute voltige d’une présence sans nom (2017).

 

Frédérique Martin, L’imprécatrice, éditions l'Arbre à paroles (mai 2021, 62 p., 10 €)

Dans ce recueil, Frédérique Martin s’oppose à tout ce qui réduit ou menace notre existence. Rompant avec « le bruit de l’époque », elle nous invite à sortir du faux moi et du vivant et accomplir, jour après jour, ce qu’on peut devenir.

 

Luc Vidal, Le maquis thaumaturge, traduit par Eva-Maria Berg, avec les illustrations de JC Kiarkk & Josette Digonnet (Galerie de l’Or du Temps, mai 2021, 25 €)

« La haute sensibilité de la poète Eva-Maria Berg au mythe d’Orphée et d’Eurydice s’est gravée dans son art de traduire ces poèmes. J’ai admiré sa patience à vouloir transposer les textes que je lui ai soumis et offerts... » Extrait de l'avant-lire de Luc Vidal.

 

Laurent Grison, Voltaïques, avec des œuvres plastiques de Chantal Giraud Cauchy. Éditions du Petit Véhicule (Galerie de l’Or du Temps, mai 2021, 25 €).

Laurent GRISON est écrivain, historien de l’art et critique. Ses textes, traduits en plusieurs langues, sont publiés en France et à l'étranger. Il consacre une grande partie de sa vie à la poésie et à l'art. Croisant les formes de création, il travaille régulièrement avec des artistes (peintres, photographes, musiciens, comédiens, danseurs, performeurs...). Passionné par la musique, il pratique aussi les arts plastiques. (extrait de son site).

 

Laurent Grison, Espérance, recueil poétique, avec des œuvres de l'artiste Chantal Giraud Cauchy et du photographe Ferrante FerrantiEditions Ségust, collection Zaïn, 2021 (15 €).

 

Laurent Grison, Cyme, livre d'artiste réalisé avec Ursula Caruel, éditions: les livres pauvres, collection "Ut pictura" de Daniel Leuwers, 2021.

Pour en savoir plus visiter le site de l’auteur (section actualités).

 

Eva-Maria Berg : Im Kreis / Dans le cercle, peintures et collage d’Eva Largo ; Rimbaud, poème en allemand et français, traduit à l´aide de Max Alhau, dessins: Eva Gallizzi, collection: Daniel Leuwers, éditions: les livres pauvres, Tours (avril 2021). Voir sur le site de l’auteure, section actualités.

 

Paul Mathieu, Le labyrinthe du seul. Illustrations de Pierre-Alain Gillet. Éditions Traversées (avril 2021, 79 p. 25 €)

Présentation sur le site Service du Livre Luxembourgeois : « Un labyrinthe pour traverser la nuit : la perspective de s'en sortir n'est pas des plus assurées. Un dédale et quelques textes pour le baliser. Beaucoup de ceux-ci ont été écrits lors de séjours à Berlin ou dans la région de Hambourg. Entre aiguillages qui forcent l'obscurité et stigmates abandonnés aux marges de l'improbable, ces lignes charrient des images sombres ancrées dans un passé douloureux. Reflet d'un temps où l'on marchait sur la tête et d'une époque dans laquelle l'être humain semblait s'être perdu - s'est-il vraiment retrouvé depuis? -, le trajet entend rappeler que, lorsque surgissent des monstres, personne n'admet les avoir conviés, lorsque survient l'innommable, personne n'est jamais coupable. En fin de compte, les impasses et les murs qui jalonnent le parcours ne cèdent que devant une fleur, une rose blanche qui, en des moments de ténèbres, seule, a tenu tête à l'infamie. Un espoir malgré tout! »

Lire la notice de présentation de l’auteur sur le site belge : Objectif-plumes. Lire deux belles chroniques à ce recueil: Philippe Leuckx sur AREAW.BE, et Claude Luezior sur Traversées.

 

Pascale Goëta, Seule, aux confins. Journal poétique en temps de confinement, anthologie de poèmes choisis par, éditions Levant, Montpellier (16 €).

Cette période est-elle celle de la solitude ? La lecture de poèmes, plus dense encore que toute lecture littéraire n’abolit-elle pas ipso-facto le sentiment douloureux d’une solitude vécue comme une déréliction ? Cette sensation de solitude qui nous égare dans les affres de l’esseulement n’est-elle pas démultipliée dans l’étouffement de la multitude ? Sidoine Apollinaire déjà pouvait la définir : « J’appelle solitude maximale une foule, si grande qu’elle soit, d’hommes étrangers à l’art littéraire ». C’est pour braver cette solitude maximale que les éditions Levant et Pascale Goëta nous proposent cette anthologie, pour, selon les mots mêmes de l’éditeur, le poète Michel Eckhard-Elial : « Ré-enchanter le monde par la poésie et la pensée ».

Ce recueil réunit 55 poèmes de 42 poètes, illustrés par les photographies de 6 artistes. Chaque poème enregistré est accessible sur la chaine YouTube de Pascale Goëta.

 

Françoise Coulmin (poèmes), Flora Divina-Touzeil (photos), À Flore et à Cris, éditions Gros textes (avril 2021, 60 p., 12 €).

Eh bien voilà un livre qui tombe à pic en ces temps de confinement où la vie au grand air est devenue l’apanage des pierres, des fleurs, des arbres et des oiseaux. Et quand je dis livre, je ne rends qu’à moitié justice à ce « À FLORE ET À CRIS » de Françoise Coulmin et Flora Divina-Touzeil, auquel on pourra s’accouder comme à l’appui d’une fenêtre ouverte sur un arboretum. Il y a dans cet ouvrage à lire et à voir, à méditer et à s’émerveiller, à s’attrister et à sourire. (Extrait de la préface de Christophe Jubien).

 

Denis Emorine, Vers l’Est ou l’ornière du temps/ verso l’Est o Nel solco del tiempo. Giuliano Ladolfi Editore (avril 2021, 128 p., 12€)

Qui est cet écrivain torturé pour qui l’amour est inséparable de la mort et la mort le prix à payer pour aimer et être aimé ? Qui est celui qui fait de la puissance de ses mots, la pelle creusant son impuissance à être heureux ? (Isabelle Poncet-Rimaud).

Voir la note de lecture de Dominique Zinenberg à la rubrique LECTURES - CHRONIQUES.

 

Mars Ross, Hêtre ou ne pas être ? : photos et poèmes, éditions Pourquoi viens-tu si tard ? (68 p.)

Les arbres vivent en communauté et s'aident à grandir. Nous voudrions leur ressembler mais ils sont plus résistants, plus inventifs que nous. Ils communiquent entre eux sans dévoiler tous leurs secrets. (…) Reprenons la conversation sans s'éloigner de l'arbre car notre destin est lié au sien.

 

Jean-François Cocteau, Les mots ne sont, L’Harmattan (avril 2021, 64 p., 10 €)

Le dépouillement des mots, la transparence des impressions et des sentiments révèlent une fois de plus chez l'auteur, le sens même de l'écriture dans son universalité. Poèmes épurés, presque minimalistes, Jean-François Cocteau nous emmène dans son monde, celui des absences et des silences. Il ne nomme pas, il susurre. Lire entre les mots, se laisser guider par son souffle devient un art d'entendre sa voix intérieure. Ce nouveau recueil nous renvoie aussi à la lumière et à l'humilité présentes dès son premier ouvrage, Présence Verticale.

 

Daniel Faivre, Tessitures des arbres, L’Harmattan (avril 2021, 128 p., 14,50 €)

Les vies humaines glissent sur l'écorce des arbres, la voix des hommes se brise contre leur chair ligneuse. De toute sa hauteur et dans toute sa dureté, l'arbre offre à l'homme le spectacle froid de la permanence. Et lui, fugitif, le regarde, le prie, avant de l'insulter et de disparaître dans son ombre. Poèmes de l'éphémère face à l'intemporel, de la vie qui fuit entre les doigts de chair mais reste prisonnière des racines, qui la retiennent dans leur poigne de bois comme la tourbe du monde.

Voir sur sa page d’auteur, chez le même éditeur, ses ouvrages d’histoire des religions.

 

Gilles Guigues, À couvert de frais ombrages, L’Harmattan (avril 2021, 112 p., 13 €)

Dans une forme de libre poésie, ce recueil de textes vise à rendre justice aux choses qui s'évanouissent dans de fugaces sensations afin d'en éterniser la présence concrète. Il cherche à nouer un rapport à l'expérience singulière, à en traduire une forme de vérité par la résonance sensible qui se propage au travers de l'émotion ressentie face au génie du lieu : nature sauvage, paysage champêtre, eaux dormantes, futaies, criques et autres grèves sableuses. Il en va de même quand il s'agit de parcourir la ville en quête de son cœur battant où se joue l'humaine condition ; lorsque, vestiges remontés des temps anciens, figures mythologiques et œuvres d'art s'inscrivent au présent comme des survivances par lesquelles se révèle l'âme du monde.

Voir sur sa page d’auteur, chez le même éditeur, ses ouvrages d’histoire de la philosophie et des arts.

 

Denis Emorine, Mots déserts, éditions Unicité (avril 2021, 86 p., 13 €).

« Le poète vit et a vécu. Toute l’histoire s’accumule en lui. Une histoire de drames, de douleurs, de tragédies, et aussi d’amours, de regards, de pensées positives, via la "jeune femme brune aux yeux bleus", mère exemplaire qui connaît les ravins du temps.

"Le petit garçon" – le poète – narre d’une voix douce et forte les cordes de ce qui a été et de ce qui est, et même de ce qui sera, dans "le grand pays glacé" et en d’autres pays de souffrance. Dans cette "suite russe", l’émotion poétique n’est pas un dit, ni de l’air tonifiant. C’est le vécu vrai, l’existence en angoisse, le sens des jours qui vont, malgré tout.

J’inventerai une langue / à la syntaxe irisée, annonce Denis. Il tient sa parole, en produisant une langue entre dialogue et réflexion, brève et profonde, qui lance des flashs de mémoire comme un peintre des ombres et de la lumière à la Caravaggio. » (Extrait de la préface de Giovanni Dotoli)

 

Jacqueline Persini et Gérard Mottet, Si seulement l’envol, éditions Unicité (avril 2021, 116 p., 13 €)

Jacqueline Persini et Gérard Mottet renouent ici en beauté avec la joute poétique, traditionnelle et vivifiante. Leur conversation en poèmes, tissée au fil des longues semaines de confinement, est dépassement d’une sidération individuelle et collective et plus encore d’un vertige existentiel. Elle vient nous rappeler qu’un bon poème est toujours un poème à l’écoute. (Extrait de la préface d’Étienne ORSINI)

 

FÉVRIER-MARS 2021

(voir aussi Rattrapages 2020)

 

Poésie/première, numéro 78 (mars 2021, 112 p., 16 €)

Le thème de ce dernier numéro est un essentiel : Le rêve – la poésie. Le sommaire inclut entre autres : un bel éditorial par Martine MORILLON-CARREAU, un dossier EMILIO PRADOS par Jacques ANCET, des articles de Gérard MOTTET, Danièle Corre (Hommage à Jean-Pierre Thuillat), Alain DUAULT, un poème inédit d’Abdellatif LAÂBI, une nouvelle inédite de Martine MORILLON-CARREAU, des poèmes d’Alain DUAULT, Domi BERGOUGNOUX, Jacques BONNEFON, Pierre GODO, Fabien MARQUET,  Béatrice PAILLER, Martine ROUHART, Sandrine TENNERONI, Fanie VINCENT, des chroniques de Gérard MOTTET (sur François MOCAËR), Bernard FOURNIER (sur Béatrice MARCHAL), des notes de lecture (sur Michel Bénard, Claudine Bohi, Eva-Maria Berg, Jamila Cornali, …).

Pour commander / s’abonner : http://www.poesiepremiere.fr/se-procurer-la-revue/

 

Gabrielle Althen, La fête invisible, éditions Gallimard / Blanche (mars 2021, 128 p., 14,50 €).

Il y a dans cette centaine de poèmes en vers et en prose autour de la beauté, de son aura, de son approche, de son mystère, quelque chose qui s'apparente à un feu d'artifice. Le ciel poétique en est comme bouleversé. Y concourent des brassées d'images étonnantes, portées par des rythmes inattendus, et soutenues par une grande maîtrise de la langue et le naturel de son expression. C'est un véritable art poétique qui se déploie ici et nous rappelle que la poésie est bien la manière de rendre accessible, évident, ce qui reste inexprimable.

 

Louise Glück, L’Iris sauvage (traduction Marie Olivier), Nuit de foi et de vertu (traduction Romain Benini), éditions Gallimard / NRF, Du monde entier (mars 2021, 160 p., 17 €).

Depuis la parution de son premier recueil en 1968, Louise Glück n'a eu de cesse de réinventer son art, tout en créant une voix immédiatement reconnaissable, par son mélange de retenue et d'affirmation, son lyrisme visant l'universalité.

Louise Glück compte depuis longtemps parmi les voix majeures de la poésie contemporaine outre-Atlantique. Son œuvre, née de l'expérience et de la voix d'une femme, traverse le féminin tout en lui résistant car la biographie, quand elle affleure dans ses poèmes, ne subsiste que comme trace : l'événement, déjà passé au tamis du langage, laisse place à sa profondeur, à son interprétation, à l'interrogation.

 

Joël Vernet, La nuit n’éteint jamais nos songes, Gallimard / Lettres vives (mars 2021, 72 p., 15 €)

L'Auteur retourne sur son passé pour y chercher la source même de son écriture. (…) Même la nuit la plus sombre ne parviendra pas à éteindre cette lampe que l'Auteur promène depuis ses premiers livres, et qui est la poésie même. Écrits comme un peintre ferait des petits tableaux, ces fragments surgissent comme des instantanés, donnant toute sa place à l'inattendu.

 

Michel Cosem, Un sillon pour l’infini, préface de Gilles Lades, éditions L’Harmattan (Témoignages poétiques, mars 2021, 112 p., 13 €)

Chacun de ces poèmes est un petit univers où brille notre imaginaire lors d'une rencontre, d'une pensée, d'une présence humaine ou végétale, minérale ou historique… C'est le rôle que Michel Cosem assigne à la poésie pour qu'elle donne grâce à la magie de l'écriture couleurs à toutes choses et d'en partager la beauté.

 

Laurence Bovet, À hauteur du trouble, éditions Unicité (mars 2021, 82 p., 13 €)

Avec ce nouveau recueil, Laurence Bouvet tente de saisir et de décliner les arcanes du désir. L'écriture du poème invite au seuil d’une présence charnelle, entre pudeur et audace, entre dévoilement et retenue, dans une tension, un souffle où le corps de la femme ici tout en suavité, en profondeur de l’instant, éclaire jusqu'aux racines de ce dérèglement des sens qu'est le désir. Il faut laisser ces poèmes agir en nous comme une sève lente ou comme une déflagration progressive de ce que nous croyons être quand le désir nous gagne. Dans ces poèmes, l’auteure nous donne à vivre que si tout est langage alors tout est désir.

 

Angèle Paoli, Lauzes, Al Manar éditions (mars 2021, 120 p., 20 €)

Recueil de nouvelles et textes brefs, entre rêve et poésie. « À la fin de chacune des dix-sept petites proses, une lauze, pierre et poème à la fois, déposée comme un point d’appui, un signe qui ouvre le chemin. La pierre, le poème, la petite prose : beauté de ce glissement simple et insolite. (…) Sous les lauzes, les rêves, pourrions-nous dire. Car la résonance de la prose d’Angèle Paoli est celle-là même des rêves. Plus que de lieux réels, il est question en ces pages de paysage mental modelé par la force vibrante de l’imagination. (…) Les lauzes, sous la plume d’Angèle Paoli, deviennent rêveries du temps. Des sortes d’illuminations bousculent la linéarité temporelle, des présences anachroniques se font jour. Tel ce personnage d’Aïta, digne compagne néolithique d’Ötzi qui voit surgir autour d’elle bikinis et scooters d’aujourd’hui. Le voile des apparences se déchire pour laisser place à quelque chose d’insolite. Dans le déroulé du récit, la dissonance est omniprésente. Derrière le visible s’invente l’invisible. Un espace de mystères et de songes se libère pour tous les personnages. » (Extraits de la préface de Marie-Hélène Prouteau). Accompagnement plastique : Guy Paul Chauder.

 

Christophe Bregaint, Passé le point de rupture, éditions Douro (mars 2021, 18 €).

« Cette poésie lyrique déroule le fil effiloché de la passion, le fil cassé de la rupture, cueille les précieuses lumières d’un drame intime, le passage du soleil à la nuit. L’amour fut, les jours le défirent, et cela Christophe Bregaint le narre sans rage ni charge, avec subtilité et sensibilité. (…) Riches en images d’une majesté parlante, les strophes nous saisissent, les phrases nous frappent. Phrases en bribes, cassées elles aussi, lancinantes, jetées sur le papier d’une manière aiguisée à le déchirer. Une écriture forte exprimant au plus près le merveilleux anéanti, l’amour vaincu à mort. Un moment de lecture poignant, d’une beauté cruelle. » (Extrait de la présentation par CÉLINE DEBAYLE).

 

Eric Costan, Le val sans retour, éditions Douro (mars 2021, 16 €)

« C’est une évasion à moi, un ailleurs. La poésie d’Éric Costan oscille parfois entre littérature et philosophie, entre méditation et crucifixion, entre ce qui se sait et ce qui refuse de tomber sous le sens, et pire, sous le bon sens » (Jean-François SAMLONG – Écrivain)

 

Flavia Cosma, Temps de moisson, éditons du Cygne (mars 2021).

Avec leur force poétique-émotionnelle, les poèmes de Flavia Cosma se déplacent entre des états douloureux et des états de plénitudes, entre dévorer et réconcilier, entre les multiples états d’ombres de la vie et la lumière infinie de la mort, dont l’expression ultime demeure l’amour éternel. Avec ce volume Flavia Cosma démontre que la métaphysique et le plan mondain, l’homme et le temps, l’amour et la mort demeurent des préoccupations constantes de sa pensée et de son écriture, donnant maintenant au ses lecteurs une autre métamorphose lyrique de son expérience de vie, liée à un « temps de récolte » métaphorique. - Ophélia Uta Burcea

 

Françoise Coulmin (poèmes) - Flora Divina-Touzeil (photos), À flore et à cris, préface de Christophe Jubien, éditions Gros Textes (mars 2021, 60 p., 12 €).

Un livre « auquel on pourra s’accouder comme à l’appui d’une fenêtre ouverte sur un arboretum. Il y a dans cet ouvrage à lire et à voir, à méditer et à s’émerveiller, à s’attrister et à sourire. » (Extrait de la préface de Christophe Jubien)

Palette étourdissante
aux senteurs d’abîme
en mal de certitudes.

 

Marie-Josée Christien, Éclats d'obscur et de lumière, avec des collages de Ghislaine Lejard, Les Éditions Sauvages (mars 2021)

Dans la veine de Petites notes d’amertume paru en 2014 aux mêmes éditions, Marie-Josée Christien poursuit sa réflexion sous forme de fragments lapidaires et d’aphorismes. Collages en couleur de Ghislaine Lejard.

 

Marie-Josée Christien, Sentinelle, avec des collages de l'auteur, Les Éditions Sauvages (mars 2021)

Nouvelle édition augmentée de l’ouvrage de poésie paru en 2001 (Citadel Road Editions), illustrée par des collages de l’auteur.

 

Jean-Marie Guinebert, La vie neuve, Les cahiers d’Illador (mars 2021, 78 p., 15€)

Jean -Marie Guinebert reconquiert son univers poétique et décrète une vie nouvelle plus que jamais par des séquences brèves, ascétiques, dégraissées de tout vocable superflu. Il cherche à retrouver l’ossature du langage tout en renouant avec son style oratoire comme une imprécation.

Voir la note de lecture de Dominique Zinenberg à la rubrique LECTURES - CHRONIQUES (numéro de mai-juin).

 

Jean Pichet, Le vent reste incompris, Les cahiers d’Illador (mars 2021, 80 p., 12€)

Une promenade au grand air dans une nature crépusculaire et jusqu’aux « angles saillants du réel ». Jean Pichet regarde, constate. Il passe dans la rue, dans les bois, les prés, le jour et la nuit. (…) Nul doute : dans ces vers, le but du vent est le but même de la poésie.

Voir la note de lecture de Dominique Zinenberg à la rubrique LECTURES - CHRONIQUES (numéro de mai-juin).

 

Chantal Robillard, Dentelles des reflets de Venise, poèmes et photos, éditions Astérion (mars 2021, 12 €)

Voir dans ce numéro même la note de lecture de Dominique Zinenberg.

 

Francis Ponge, La Fabrique du pré. Nouvelle édition établie par Andrea Guiducci, Gallimard (février 2021, 144 p., 20 €)

« Je me suis allongé aux côtés des êtres et des choses la plume à la main, et mon écritoire (une page blanche) sur les genoux. J’ai écrit, cela a été publié, j’ai vécu. J’ai écrit. Ils ont vécu, j’ai vécu. »

Voir la note de lecture de Dominique Zinenberg à la rubrique LECTURES - CHRONIQUES (numéro de mai-juin).

 

Isabelle Minière, Mon tour du monde, éditions Rhubarbe (février 2021, 106 p., 10 €)

Avec la cruelle naïveté des comptines, Isabelle Minière dit les tempêtes intimes qui agitent nos existences, mais aussi la douceur des mains, la persistance des voix disparues, arcs-en-ciel fragiles au cœur de l'orage ; et même, d'improbables trouées de soleils rieurs, qui donnent à ce Tour du monde un charme étrange. Celui de la poésie. (photographie de couverture : Bertrand Runtz).

Voir dans ce numéro même la note de lecture de Dominique Zinenberg.

 

Philippe Jaccottet, La Clarté Notre-Dame, éditions Gallimard / Blanche (février-mars 2021, 48 p., 10 €)

À travers ces notes, Philippe Jaccottet peint avec sa propre palette des réflexions d’une grande délicatesse qui touchent à la fugacité de la vie, les lueurs d’espoir ou d’effroi qui la traversent. Promeneur attentif, il saisit la lumière à travers l’ombre, le tintement d’une cloche à travers le silence, faisant la part belle aux paysages et aux sons. L’auteur ne se départit jamais d'une grande douceur pour évoquer ses pensées, tantôt paisibles, tantôt douloureuses, comme un murmure.

Voir dans le numéro de mars-avril la note de lecture de Dana Shishmanian.

 

Philippe Jaccottet, Le dernier livre de Madrigaux, éditions Gallimard / Blanche (février-mars 2021, 46 p., 9 €)

Dans ce recueil d’une trentaine de poèmes, Philippe Jaccottet livre une version moderne des grands textes qui l’ont inspiré. Nous traversons le royaume des ombres sur les traces d’Orphée, d’Ulysse, célébrons les travaux et les saisons, prenons part à des fêtes chargées de mystère. On perçoit en filigrane des références aux traductions de l’auteur (Homère, Ungaretti, Dante) qui viennent flouter le cadre temporel pour donner toute sa nuance de madrigal au recueil, comme un écho à Claudio Monteverdi.

Les Madrigaux apparaissent dans l’œuvre du poète comme le point d’orgue de son art s: sa virtuosité dans l’usage du vers libre, son extrême musicalité, le fil continu du jeu de l’ombre et de la lumière.

Voir dans le numéro de mai-juin la note de lecture de Dana Shishmanian.

 

André Velter, Séduire l'univers ; précédé de À contre-peur, éditions Gallimard / Blanche (mars 2021, 224 p., 25 €).

Le temps de la poésie n'est pas celui des horloges ni de la mesure commune. Aussi l'intitulé de ce livre, en forme d'injonction sidérale, m'a-t-il été offert par un copain taoïste qui trinquait joyeusement un soir de pleine lune à une encablure de l'An mille... Séduire l'univers ! Mais sur le chemin des étoiles et des exoplanètes une pandémie incurablement terrestre est venue assujettir nos destinées, imposant une réplique immédiate, un grand sursaut, une salve de poèmes jetés d'emblée À contre-peur. (A.V.)

 

La collection « Plaquettes » & la revue À l’index : Jean-Claude Tardif – dont nous signalons une présentation par Georges Cathalo, faisant notamment état des collections créées autour de la revue À l’index – nous annonce les dernières parutions :

Hervé Delabarre, En Instance d’Être (février 2021, 38 p., 12 € port compris).

Sur l’auteur : voir dans Les hommes sans épaules.

Roberto San Geroteo, Le Havre de Grâce suivi de Un caillou dans la bouche, avec huit photo-images de Léo Verle (février 2021, 46 p., 12 € port compris).

Sur l’auteur : voir dans Le capital des mots.

Jean-Claude Martin, Au temps du Corona, accompagné de sept dessins de Pierre Rosin (janvier 2021, 43 p., 12 € port compris).

Jean-Claude Bourdet, La peintre le sait-elle, (janvier 2021, 43 p., 12 € port compris).

Commander en écrivant à l’Association «LE LIVRE A DIRE» depuis le site ou à Jean-Claude Tardif.

 

Le désir. Aux couleurs du poème, éditions Bruno Doucey (février 2021, 216 p., 20 €)

Cette anthologie rassemble 88 poètes français et étrangers, contemporains pour la plupart, parmi lesquels : Aram al-Masri, Margaret Atwood, Édith Azam, Jeanne Benameur, Nawel Ben Kraïem, Louis‑Philippe Dalembert, Alain Damasio, Ananda Devi, Nassuf Djailani, Hélène Dorion, Alexis Gloaguen, Imasango, Charles Juliet, Lenore Kandel, Yvon Le Men, Jean Métellus, Sapho, Fabio Scotto, Luis Sepúlveda, Jean-Pierre Siméon, Murielle Szac, Frédéric Jacques Temple, Carmen Yáñez 

 

Yvon Le Men, La baie vitrée, éditions Bruno Doucey (février 2021, 160 p., A16 €)

Le poète est enfermé à son domicile, seul mais relié aux autres, à l’écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d’oiseau qui l’apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l’écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l’absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

 

Irène Duboeuf, Un rivage qui embrase le jour, éditions du Cygne (février 2021, 56 p., 10 €)

Entre néant et infini, ces poèmes de l’instant interrogent le pouvoir des mots mais également celui du silence dans un recueil d’ombre et de lumière, où l’écriture est une quête et le poète, un guetteur de feu. «Le poète préfère parfois le silence / de peur que les mots ne brûlent le papier. »

 

Sophie Brassart, Ardentes patiences, éditions du Cygne (février 2021, ̄58 p., 10 €)

Face aux visages multiples de la beauté et de la violence, nous ne pouvons qu’être patients et conquérir l’attente. Car nous avons à faire face c’est-à-dire à nous tourner – non pas vers la mort, mais vers l’entrouvert du monde, nimbé de mystère : là où rien ne se cache ni ne se dévoile, où s’abolit la distance entre le présent et le passé. Comme l’amour agit sur la lumière, faisant vibrer ce qui est regardé, nous avons à porter notre attention brûlante aux sources des sens ; à suivre, dans le foisonnement étincelant de chaque métamorphose, le mouvement de nos présences, leurs suites musicales où chacun se déploie, féminin masculin, infini pluriel. Intensément.

 

Livre-disque : Adeline Doré chante Luc Vidal :Orphée du Fleuve” Chansons poétiques (musiques Yann Lelong), éditions Le petit véhicule (février 2021).

 

Parme Ceriset, Le souffle de l'âme sauvage : Libre comme louve, éditions du Lys bleu (février 2021, 12,30 €).

Rédactrice à La Cause littéraire, son recueil N’oublie jamais la saveur de l’aube y a fait l’objet d’une chronique en 2019. En 2020, sa poésie est mise en lumière au cours de la Quinzaine de la poésie féminine organisée par la plateforme littéraire Plimay et sélectionnée pour l’anthologie internationale Voix de Femmes. « Vous connaissez mon attachement à la liberté, à la Nature, à l’âme sauvage qui palpite en nos veines. C’est un peu tout cela que j’ai voulu retranscrire dans ce petit livre. »

 

Le désir en nous comme un défi au monde, éditions Le Castor Astral (janvier 2021, 424 p., 15 €).

Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

 

DÉCEMBRE 2020 - JANVIER-FÉVRIER 2021

 

Prix

Colette Nys-Mazure nous fait pat du communiqué lui annonçant l’attribution du Prix Yves Cosson de Poésie (6 février 2021) :

« Au nom du jury du Prix poésie de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, j’ai la grande joie de vous annoncer que nous vous décernons, à l’unanimité, le Prix Yves Cosson de poésie 2021. 

Depuis 2003, date de création du Prix Yves Cosson de Poésie, voici quelques noms de lauréats. Ils se nomment Roland Halbert, Norbert Lelubre, Gilles Baudry, Serge Wellens, Jean-François Dubois, Gérard Legouic, Yves Leclair, Yvon Le Men (dernier lauréat du prix Goncourt de Poésie), Christian Bulting, Pierre Tanguy, Georges Drano, Jean-Pierre Boulic, Jean-Claude-Albert Coiffard et Arlette Chaumorcel, Bruno Doucey, Cécile Guivarch, Luce Guilbaud, Jean Lavoué et Paol Keineg.

Nous saluons une oeuvre poétique confirmée, attentive au vivant, qui a contribué au rayonnement de la francophonie, tout en honorant ses liens avec nos régions.

Le Prix sera remis le 20 mai prochain au Conseil départemental à Nantes. »

*

L’association LES AMIS DE LOUIS GUILLAUME annonce qu’au cours de sa réunion du 1er février 2021, le jury a décerné le Prix du Poème en Prose Louis Guillaume à : Frédéric TISON pour La Table d’attente (Éditions Librairie-Galerie Racine, 2019), et par 5 voix contre 4 à Fabienne SWIATLY pour Elles sont au service (Éditions Bruno Doucey).

 

***

Recueils

Dominique Zinenberg, Sans nom le ciel (éditions Unicité, février 2021, 102 p., 13 €)

Un livre de poèmes accompagnés de peintures acryliques et collages de Pierre Zinenberg, dédié aux « frères migrants », avec une belle citation en guise de présentation : « Frères migrants, qui le monde vivez, qui le vivez, qui le vivez bien avant nous, frère de nulle part, ô frères déchus, déshabillés, retenus et détenus partout, les poètes déclarent en votre nom que le vouloir humain contre les forces brutes se nourrira des infimes impulsions. Que l’effort est en chacun dans l’ordinaire du quotidien. Que le combat de chacun est le combat de tous. Que le bonheur de tous clignote dans l’effort et la grâce de chacun, jusqu’à nous dessiner un monde où ce qui verse et se déverse par-dessus les frontières se transforme là même, de part et d’autre des murs et de toutes les barrières, en cent fois cent fois cent millions de lucioles ! - une seule pour maintenir l’espoir à portée de tous, les autres pour garantir l’ampleur de cette beauté contre les forces contraires. » (Patrick Chamoiseau, Frères migrants, Seuil 2017).

 

Anne-Emmanuelle Fournier, La part d’errance (éditions Unicité, février 2021, 78 p., 13 €)

Dès les premiers mots, dès les premiers vers, Anne-Emmanuelle Fournier frappe au cœur et place le lecteur comme tout homme face à sa condition d'être pour la mort. La lucidité et la grâce sont ses encres mêlées. Un frisson parcourt notre épine dorsale tendue entre ciel et terre et l'on sait alors que l'auteure ne se déplace pas dans le champ de l'écriture pour ne rien dire, encore moins pour séduire. Nul ne peut se dérober à la finitude. Mais pour le poète éclairé, comme ici l'auteure, le lien et le lieu existent par-delà la mort, plus loin que soi et l'autre, homme ou animal, en résonance avec l'univers. L'écriture en conscience s'apparente à une quête d'absolu, de vérité voire de chemin initiatique. 

 

Étienne Orsini, Débusquer les soleils (Le Nouvel Athanor, février 2021, 95 p., 16 €)

Combien de larmes / Se fracassent / Avant de toucher terre / Ou le cœur d'un autre…

Étienne Orsini, depuis la parution de son premier recueil de poèmes à l'âge de 36 ans, poursuit un cheminement poétique oscillant entre flânerie et exploration. Photographe quand il écrit, poète quand il photographie, il a mis en résonance poésie et images dans plusieurs de ses livres. Depuis 2014, il est en charge de la programmation de L'Espace Andrée Chedid à Issy-les-Moulineaux. Il a créé dans ce cadre en 2017 un Salon du livre de haïku et anime régulièrement des ateliers d'écriture.

 

Mattia Scarpulla, Sophie-Anne Landry, …, Épidermes (éditions Tête première, février 2021, 290 p., 17,99 €)

Quatorze textes, quatorze écrivain.e.s qui explorent, par leur voix poétique ou narrée, différentes formes de manipulations du corps. Que les mutations soient contraintes, quotidiennes ou accidentelles, localisées ou absolues, tendres ou violentes, elles n'épargnent personne. Du réalisme à l'onirique, de l'intime au fictif, Épidermes met en scène des existences traversées de rencontres, de luttes et de transformations. Une constante demeure : le besoin criant de se sentir vivant.e.

 

Jean-Claude Xuereb, Avant que s’efface l’ineffable, éditions Rougerie (janvier 2021)

Étreindre, comme on serre dans ses bras l’être aimé, le corps entier de l’amour dans les mots du poème, en saisir, à travers les battements de deux cœurs accordés, la chair inépuisable, telle est la quête jamais satisfaite, poursuivie bien qu’inatteignable, mais toujours chevillée à l’âme, du poème total.

Sur le seuil, les marches ont usé le brillant écarlate de leur couleur sous les pas impatients de celui qui se voulait chaque fois porteur du souffle capable de transfigurer les parois incendiées de l’enfer en séjour de parhélie pour le couple apparié du désir et du verbe, à travers le hasard d’une rencontre.

 

Gilles Baudry, Il a neigé tant de silence, éditions Rougerie (janvier 2021)

Sans autre signe, sans nul autre prologue
que la nuit, sertir l’espoir
du monde dans l’amande du poème.
Mais en cet enclos si précaire,
qui saurait lire en filigrane l’éternel ?
Quelle lumière filtre et graine
dans l’inflexion d’une voix si ténue ?
Langes ou linceul, naissance ou deuil,
commet traduire ce que les mots recèlent ?
Il a neigé tant de silence
sur la page, que ce qui fut jadis écrit
porte le sceau des sans-visage.

 

Christophe Forgeot, Pleine ruine (éditions Unicité, janvier 2021, 134 p., 14 €)

… Ces ruines, il faut les lire comme notre conditionnement dans la diversité. Il y a toutes sortes de ruines comme autant de personnes en proie à la nature de leur psychisme.

Mais, ici, c’est le style qui importe. L’auteur s’éloigne de tout lyrisme pour revenir par la poésie à ce qui reste d’essentiel. On pourrait y déceler l’essence d’une poésie matérialiste au sens philosophique du terme. En ce sens, ce recueil sort des sentiers battus et nous invite à nous interroger sur ce que nous pensons être ou croyons être. Ces ruines résonnent en nous par la force des mots à froid et nous confèrent finalement la liberté de les interpréter.

 

Sabine Péglion, Dans le vent de l’archipel (éditions l’Ail des ours, janvier 2021, 64 p., 6 €)

« Une belle présentation pour des poèmes tout en rythme et délicatesse et cette attention à l'autre et au monde qui ne se dément jamais chez l'auteure.

"Ce ne sont plus les voiles blanches/ que l'on guette/ce sont les radeaux d'infortune/ de ceux que l'on rejette", et encore : "Convertir le silence/ les écueils/les défaites/ en un espace lumineux// Hisser la grande voile/et s'en aller avec eux".

J'aimerais citer bien des poèmes, mais le mieux encore est que vous alliez à la rencontre de ce livre, comme l'auteure et son éditeur vont à nous, avec une belle simplicité, merci à eux. »

(extrait du commentaire de Dominique Sierra sur Facebook, 30 janvier 2020).

 

Pascal Boulanger, L’intime dense (éditions du Cygne, janvier 2021, 50 p., 10 €)

Les poèmes de ce recueil, qui sont aussi une lecture et un hommage à Hölderlin, offrent une trouée au sein de la nuit du monde, ils révèlent le surgissement épiphanique d’un hors-temps où la beauté et l’amour des choses ne sont jamais plus présents que lorsqu’ils semblent s’éloigner. Et s’ils demeurent dans la rétention du secret, c’est pour mieux abriter la préexistence et l’évidence d’un jaillissement.

 

Thor STEFANSSON, Panorama de la poésie islandaise. 36 auteurs contemporains. Traduction : Thor STEFANSSON et Nicole Barrière (éditions du Cygne, collection Poésie du monde, janvier 2021, 162 p., 16 €)

Sur cette île de contrastes, d’eau, de glace, de lave et de feu, les éléments s’entrechoquent, occupent l’espace, les poètes d’Islande nous éclairent sur la nature véhémente mais aussi sur leurs vies qui s’y ancrent, migrent et reviennent.

Chants de la nature, questions existentielles, cette nouvelle anthologie des poètes islandais contemporains est une traversée et un voyage qui nous éprouvent, et nous instruisent des origines de la poésie mythique, épique ou sacrée dans un langage très contemporain.

 

Anny Pelouze, L’éclat du temps (éditions Unicité, décembre 2020, 114 p., 15 €)

« (…) Les dessins d’Anny Pelouze accompagnent ses poèmes. En nuances de noirs et de gris, ils semblent appeler à une légèreté du temps qui passe. Si certains paraissent complexes dans la forme, ce n’est qu’une façade car ils vont droit au cœur tant par leur simplicité parfois que par leur complexité justement qui nous laissent libres de les interpréter par ce qui vit en nous. »

En surface : alternance

plus au profond : une division mal vécue

blessure fine d’où sourd un chagrin qui

s’assoupit et se réveille

et au centre, lorsque j’y parviens,

une confiance paisible et forte

en la suite du chemin

 

 

***

Revues

 

Poésie/première, numéro 77.

CONNIVENCES - Dossier : Édouard Dujardin. Gaspard Hons, Marina Tsvetaïeva, Perrine le Querrec, Albane Gellé, Vénus Khoury-Ghata, Lionel Ray, Juliette Mouquet, Jean Follain.

 

Découvrir : Les poètes, sur Radiooccitania.

Éditorial de Christian Saint-Paul (27 janvier 2021) :

« Les pouvoirs du poème opèrent, sollicités sans relâche en cette obscure période.

Sans eux, je pourrais être enseveli dans le vide sans fond de l’absence de celle et de ceux qui ont arrêté leur course, ruinés par la maladie ou/et le virus chinois.

(…) Le poème se lit et s’écoute. Dans l’écoute du poème, la voix est primordiale.

Jean-Pierre Siméon le souligne dans La conquête dans l’obscur de Charles Juliet et de Jean-Pierre Siméon (éd. Jean-Michel Place, 2003) : "La voix est un témoin véridique de l’être du dedans, une manière de quintessence de la substance interne. La voix trahit - traduit - plus que le sentiment, elle renseigne sur le grain de l’âme, si l’on veut bien nommer ainsi, par commodité, la texture de l’être intérieur." En prêtant ma voix au poème d’autrui, j’en oriente le sens, ne pouvant refouler ma propre sensibilité. »

 

Découvrir : La Revue des Archers. sous le signe de l'effervescence ...

« …Ce numéro est riche en effractions de toute sorte, en textes qui, à même la sidération vécue en 2020, étirent de vrais regards sur notre monde contemporain et ses péripéties. Ainsi en est-il des remarquables Voyages autour de nos chambres d'Olivier Boura, des Cut up Poem d'Emmanuelle Sarrouy plein de rythmes, des Drôles de types d'Yves Artufel, de la subtile et taquine Signora Metafisica d'André Ughetto, des variations d'été sur notes de saxo de Martine Gärtner, de la poignante chronique à l'hôpital, Si près, le vide, d'Isaline Dutru, des poèmes "face tendue vers le ciel" de Nicolas Jaen, des verlainiennes haltes "pour si peu" de Marc-Paul Poncet et encore...Au total, 35 écrivains, 2 photographes, 1 peintre qui donnent de leur encre contre la "dégringolade programmée", pointée par Nicole Esterolle dans ses éditos de la Gazette.

Car oui, ce numéro de la revue des Archers, paru dans un temps si particulier, promis aux livres d'Histoire (s'il en naît encore demain) fera date. Il raconte des scènes de confinement, des pas de côté, des cris, et des défis, et toujours et encore des élans du cœur, des drôleries, de la vie, quoi...

Des voix qui tirent leur révérence, comme celle de Bruno Rombi, à celles qui surgissent, comme avec Marjolaine Heeg, on retrouve la revue des Archers, solidement arrimée au théâtre Toursky à Marseille, et qui garde ses façons de vivre, de protester, d'émouvoir, de surprendre: sans hiérarchie d'auteurs, mêlant les coups de gueule, la gourmandise de mots à découvert, la générosité qui n'oublie pas ceux qui ne peuvent plus parler, la pudeur du cœur "en temps de détresse" et l'exigence multiforme de l'acte littéraire. » (Anne Lofoten)

 

***

Ils nous ont quittés…

 

En son numéro du 20 janvier, la revue Décharge rend hommage, sous la plume de Claude Vercey, à Jean-Pierre Thuillat, poète, médiéviste, créateur et animateur, depuis 38 ans, de la revue Friches. Cahiers de Poésie Verte, disparu le 16 janvier. 

C’est Claude Vercey également, que nous remercions, qui nous fait connaître, dans sa lettre d’information, l’hommage rendu à Jean-Pierre Thuillat par Jean-Pierre Siméon : « Thuillat était discret, probe, obstiné, de ceux qui par conviction foncière, désintéressés, maintiennent la poésie vivante et à hauteur d’homme. J’éprouve pour ma part admiration et gratitude pour ces mainteneurs du feu poétique qui ne cherchent pas le salut des trompettes et suivent leur chemin, intègre. "Un homme juste et juste un homme", comme disait Claudel. »

Nous saluons aussi l’hommage vibrant, avec une analyse de l’œuvre et un choix de textes inédits, signé par Alain Freixe dans le numéro de janvier-février de la revue en ligne Recours au poème.

*

La fondatrice du site Atelier Bernard NoëlNicole Burle-Martellotto, nous a appris le décès à 46 ans du poète Cédric Demangeot, créateur des éditions Fissile et de la revue Moriturus, par ailleurs dramaturge et traducteur de l’espagnol (annonce faite le 29 janvier par Victor De Sepausy sur le site des actualités du livre).

«Pour écrire, il faut être capable de mourir de son vivant. Par un mouvement irréfléchi d’arrachement vital à la vie. Comme le geste irrécupérable et désespéré d’un qui préfère ne pas crever asphyxié par le monde — ou tomber connement sous ses balles», écrivait-il dans la préface des Sonnets de la mort de Bernard Noël, 2012. 

Un portrait exceptionnel lui dédie l’écrivain Christophe Claro sur son blog : « Poésie sans concession, qui prend en charge la scission du moi, son déséquilibre, son incessante tauromachie avec le langage, poésie affranchie des tâtonnements formels, suffisamment fluide pour investir la prose, la maxime décalée, le vers brisé. Poésie en dialogue frontal avec la mort, en résonance profonde avec les "suppôts et suppliciations" d'Artaud, poésie des heurts et ruptures sonores, capable aussi bien du limpide, de l'écorché que du ramdam des organes… » (Cédric Demangeot : la plus forte impression, 29 janvier).

Enfin, hommage lui est rendu, avec un choix de textes, par Carole Mesrobian dans le numéro de janvier-février de Recours au poème, d’où nous citons :

« Écrire est donc, pour finir, ou pour ne pas en finir, une expérience de la dislocation. Dislocation du corps le plus intime – au cœur de ce qui fait du monde une guerre.

Écrire est une famine – une faillite intérieure et politique – une peur quotidienne de la peste partout – et l’impossible-à-vivre des derniers hommes rampant debout d’une terre occupée, démembrée par ses massacreurs.

Écrire est une palestine. »

Cédric DemangeotLe poudroiement des conclusions, L’Atelier contemporain, 2020.

*

Le poète André Chenet nous a appris sur Facebook le décès d’un grand inconnu de la poésie contemporaine, Pascal Brun, à qui André avait consacré en janvier 2007 un portrait et un choix de poème sur Danger Poésie : Traîne-Soleil. Nous citons :

« Pascal BRUN, né en 1955 à Lille, vit dans la bonne ville de La Rochelle. Ne possède plus aucune biographie significative puisqu’il s’est retiré depuis belle lurette du jeu social. Seuls des poèmes rescapés d’un vertigineux et lucide sacrifice subsistent, sauvés par de vieux et fidèles amis. Écrit-il toujours ? quelques bribes nous parviennent par voies postales ou par SMS ! assez rarement. Il a tiré sa révérence pour laisser place au ruissellement perpétuel du monde. »

Voici également deux extraits des textes publiés sur ce blog (dans l’attente d’un futur recueil qui le ferait connaître, grâce à l’admiration et l’amitié fidèle d’André Chenet) :

demain je ne serai plus

sur cette feuille

mais ailleurs perdu retrouvé

trouvant cherchant trouvant encore

dans la solitude du grain de sable

dans le moindre geste esquissé

dans la dent des amours

dans le crâne des oiseaux

dans la laisse du chien

ailleurs perdu retrouvé et perdu encore.

j’ai appris à briser mes liens, mes chaînes. Ceux-là même que j’avais fixés autour de mon esprit. La lumière n’est pas près de s’éteindre. Un feu nouveau couve, sans jeux de miroirs, sans jeux de mots. La lumière reprend sa source – en silence.

 

 

RATTRAPAGES 2020

 

Danièle Corre, Le fil et la trame suivi de Par quels secrets passages, éditions Aspect, octobre 2020 (110 pages, 17 €)

Voir la chronique de Murielle Compère-Demarcy dans La cause littéraire (10 décembre 2020).

 

Rio di Maria, Éblouissements d’exil. Poèmes & dessins, éditions L’Arbre à paroles, octobre 2020, 17 €

Rio Di Maria travailla avec constance et joie, les derniers mois de sa vie, à cette nouvelle édition revue et augmentée de ce livre qui comptait tant pour lui avec de textes inédits et des dessins de sa création. Éblouissements d’exil était en effet le livre qu’il chérissait le plus, comme une saveur de la Sicile natale qu’il avait dû quitter, lui devenu voyageur au Nord de l’Europe. Notre grand regret sera de ne pas avoir pu sortir ce livre de son vivant. Qu’il circule à présent, grâce à ses lectrices et ses lecteurs. Rio nous a quittés le 23 mars 2020.

 

Guy Allix, Vassal du poème, éditions Sauvages, octobre 2020 (124 p., 12 €)

Voir la présentation du livre sur le site de l’auteur où on peut également le commander : "Cet essai regroupe des articles théoriques de Guy Allix sur la poésie. Certains ont été publiés en revues (dont Les Cahiers du Sens), d’autres sont récents et inédits. Ils forment un ensemble cohérent à préserver de l’oubli, comme une trace nécessaire pour interroger la poétique, sur des thèmes chers à l’auteur (l’humilité, l’incertitude, l’émotion, le bonheur, l’errance, le lieu, internet, la poésie pour enfants, Jean Follain, Guillevic…) qui esquissent une sorte d’éthique de la poésie que nous nommerons ici poéthique." (communiqué des Éditions Sauvages).

 

Michel-Xavier Fressart, Émerveiller les jours, avec des collages de Ghislaine Lejard, édition L’enfance des arbres, septembre 2020, 63 p., 15 €.

Bien souvent
 
ils passent inattendus
dans le fracas du temps
 
au grand large des rêves
 
ces instants
d'absolu

 

Bernard Fournier, Vigiles des villages, Cahiers de poésie verte (septembre 2020, 12 €). Prix Troubadours/Trobadors 2020.

Voir dans le numéro de mars-avril 2021 la note de lecture de Dominique Zinenberg.

 

Oser encore. Hommage à Andrée Chedid pour le centenaire de sa naissance, édition érès (collection Po&psy princeps, juin 2020, 72 p., 12 €)

Ce livre, écho à une œuvre témoignant sur six décennies d’une forme de bravoure singulière et si actuelle, montre, s’il en était besoin, que le courage d’Andrée Chedid continue d’irriguer les terres de la poésie d’aujourd’hui. (extrait du préambule).

Contributeurs : Salah Al Hamdani – Jacques Ancet – Adeline Baldacchino – Linda Maria Baros – Alain Batis – Jeanine BaudeZéno Bianu – Claudine Bohi – Maïa Brami – Jean-Marc Chanel – Guy Chaty – Sylvestre Clancier – Marc Delouze – Bruno Doucey – Danièle Faugeras – Albane Gellé – Cécile A. Holdban – Vénus Khoury-Gatha – Abdellatif Laâbi – Isabelle Lagny – Monique Leroux Serres – Étienne Orsini  – Bojenna Orszulak – Lydia Padellec – Jacqueline Persini – Judy Pfau – Jean-Pierre Siméon – Frédéric Tison – Matthias Vincenot – Yekta.

 

 

 

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